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Le 110e RI de la Brigade franco-allemande fait ses adieux à Donaueschingen

Le ministère de la Défense l’avait annoncé le 31 octobre 2013 : le 110ème régiment d'infanterie de Donaueschigen, un régiment français stationné en Allemagne dans le cadre de la Brigade franco-allemande (BFA), a été officiellement dissous.

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800 soldats et leurs familles vont quitter la ville, suite à une décision du ministère de la Défense français, prise dans le cadre d’un plan d’économies budgétaires. Le 110e RI a déjà été dissous trois fois, mais il a été de toutes les batailles, en Amérique où il a participé à la Guerre d’indépendance, sur les champs d’honneur des guerres napoléoniennes, et pendant la Première Guerre mondiale. Sa devise "Qui s’y frotte, s’y pique".

Le 110e RI de la Brigade franco-allemande fait ses adieux


A Donaueschingen, l’uniforme français fait partie du quotidien. Les quelques 20 000 habitants de cette ville de Forêt-Noire vivent avec le 110ème régiment d’infanterie de l’armée française depuis près de 50 ans, mais fin juin, c’est une page qui se tourne. Une décision du Ministère de la Défense français, prise dans le cadre d’un plan d’économies budgétaires, qui affecte beaucoup Donaueschingen, une ville très attachée à sa garnison franco-allemande.

 / ©  Dans la rue, les passants sont unanimes :  " C'est triste, c'était formidable, en plus, ils partent tous ! ", se désole ce vieux monsieur croisé devant la mairie. “ Je le répète, c'est dommage - mais il faut faire des économies ! ”. Plus loin, une vieille dame raconte qu’elle habite à côté de la caserne : “ Alors vous savez, moi, les Français, je les vois tous les jours, j'ai des contacts avec eux. On se croise dans la rue, on se salue, on échange quelques mots... C’est vraiment dommage, qu’ils partent ". “ Moi, j’ai grandi avec les Français dans cette ville, j’ai travaillé pour eux ”, raconte une jeune femme. “ Et ma mère, qui travaille toujours pour l’armée française, va être au chômage après leur départ ”.
Pour la ville de Donaueschingen, le départ du régiment français représente un défi : 10 % de la population va partir avec l’armée, et 15 hectares de terrains militaires devront être reconvertis.  " Nous voyons nos amis français partir avec tristesse, c'est évident ", explique le Maire de la ville, Erik Pauly. " Mais ce départ nous offre aussi des opportunités de développement. Le premier choc est passé, et maintenant, nous sommes plein d'espoir et voulons construire quelque chose de nouveau. Mais cela prendra du temps ".
Le 110 ième régiment d’infanterie est installé au cœur de la ville, dans une garnison qu’il partage avec le 292 ième bataillon de chasseurs allemand. Depuis la création de la brigade franco allemande en 1989, Français et Allemands travaillent ensemble ici. Ils s’entraînent à se servir des armes de l’autre, ils font du sport ensemble, ils ont appris à se connaître et à communiquer. Désormais, cette coopération n’existera plus au quotidien, dans une même garnison. " Mais elle continuera à l’échelle des Etats - Majors " , explique le Colonel Olivier Waché, Chef de corps du 110ième R.I. " Et nous continuerons à travailler ensemble lors des opérations extérieures, comme nous le faisons actuellement au Mali. Les hommes du 110. vont rejoindre d’autres régiments, et pourront partager cette expérience binationale avec leurs camarades ".

 / © Ils ont beaucoup appris les uns des autres, les Français appréciant  l’organisation des Allemands, les Allemands louant la flexibilité des Français - et tous regrettent la fin de cette cohabitation des cultures.
" Le 110. R.I. est dissous, mais ceci ne signifie pas la fin de la brigade Franco Allemande, je l'espère en tout cas ", confie le Commandant David Thomas, chef de corps du 292. Jägerbataillon de l’armée allemande.
“ Mais ce qui faisait son essence, sa caractéristique essentielle, cela disparaît ! ".
800 soldats et leurs familles vont quitter Donaueschingen, un déménagement organisé en quelques mois. Pour eux, il s’agira aussi de quitter des amis : " ici, on n’a pas la famille, alors on est obligé de se faire des amis. Du coup, c’est dur de les quitter et de partir ". L’ Adjudant-Chef Thierry Vendeville représente les sous-officiers du régiment. Depuis 9 ans à Donaueschingen, il se prépare maintenant à deux événements importants : la dissolution du 110 et son départ de la ville. " On fréquente le cercle franco allemand, on est invités à des fêtes, on vit vraiment dans la ville. C’est plus dur qu’une mutation classique, oui ".
Du 22 au 24 juin, le Colonel Waché, l’Adjudent-Chef Vendeville et leurs camarades feront leurs adieux à Donaueschingen – et leur régiment, riche d’une histoire vieille de 300 ans, disparaîtra.

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