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Mariage gay : L'UEPAL décide... de ne pas décider

L'église protestante Saint-Thomas à Strasbourg / © France 3 Alsace
L'église protestante Saint-Thomas à Strasbourg / © France 3 Alsace

L'Assemblée de l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine, réunie samedi et dimanche à Wingen-sur-Moder, a décidé à une forte majorité de surseoir à toute décision de bénédiction de couples mariés de même sexe. Un nouveau débat au sein de l'UEPAL aura lieu dans trois ans.

Par avec AFP

L'Union régionale des Églises luthérienne et réformée (UEPAL) d'Alsace et de Lorraine a annoncé dimanche avoir renoncé à s'entendre sur la bénédiction des unions de personnes de même sexe, faute d'avoir dégagé un consensus lors d'une assemblée ce week-end.
Réunie durant deux jours dans le nord de l'Alsace pour discuter du mariage homosexuel, l'assemblée de l'UEPAL a constaté "qu'elle n'a pas dégagé un consensus large pour ou contre une bénédiction de couples mariés de même sexe".
C'est pourquoi elle a décidé "à une forte majorité de surseoir" et de se donner "un délai de 3 ans avant d'envisager de reprendre cette question en assemblée", a précisé l'UEPAL dans un communiqué diffusé sur son site internet (voir ci-dessous).

L'UEPAL a aussi réaffirmé "son attachement fondamental à l'accueil inconditionnel en Église de tout être humain", et demandé aux paroisses de "combattre toutes formes de discrimination, notamment homophobe". A elle seule, la lecture des écritures ne permet pas "de tirer d'emblée une conclusion qui fasse consensus sur la question de la bénédiction pour couples mariés de même sexe", précise le communiqué.

En attendant que la réflexion se poursuive, l'assemblée de l'UEPAL a rappelé qu'une position adoptée en 2004 par la Communion protestante luthéro-réformée (CPLR), qui jugeait en particulier "pas opportun d'envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel", restait par conséquent "en vigueur".

Dans la tradition protestante, le mariage n'est pas un sacrement: les pasteurs ne célèbrent pas formellement de mariages, considérés comme l'affaire des autorités civiles, mais se contentent de célébrer des bénédictions pour des couples mariés civilement.
La légalisation du mariage homosexuel en France avait relancé le débat. En Alsace et en Lorraine, où sont concentrés près d'un tiers des effectifs de la Fédération protestante de France, l'UEPAL avait entamé ces derniers mois une vaste consultation menée par un groupe de travail dédié.

Le communiqué de presse de l'UEPAL diffusé dimanche :

"L’Assemblée de l’Union réunie à Wingen-sur-Moder les 28 et 29 juin 2014 réaffirme son attachement fondamental à l’accueil inconditionnel en Eglise de tout être humain conformément à l’avis de la Communion Protestante Luthéro-Réformée (CPLR) de 2004. Elle demande aux paroisses et autres lieux d’Eglise de l’UEPAL de combattre toutes formes de discrimination, notamment homophobe.

Nous réaffirmons l’autorité de la Bible. Néanmoins, nous constatons que la lecture des Ecritures est toujours source d’interprétation. Elle ne permet pas, à elle seule, de tirer d’emblée une conclusion qui fasse consensus sur la question de la bénédiction pour couples mariés de même sexe.

Nous affirmons que la bénédiction appartient à Dieu et constatons que cette conviction partagée rend difficile une position unanime. Une bénédiction de personnes mariées est toujours une bénédiction d’un projet de vie de couple. Nous accueillons et accompagnons les couples mariés de même sexe, mais l’extension du terme de mariage dans la loi nous pose problème, comme exprimé le 13 octobre 2012 par le Conseil de la Fédération protestante de France.

C’est pourquoi l’Assemblée de l’Union, après avoir reçu et considéré la synthèse des remontées des débats menés dans les différents lieux d’Eglise de l’UEPAL, et après avoir débattu de l’enjeu, constate qu’elle n’a pas dégagé un consensus large pour ou contre une bénédiction de couples mariés de même sexe. Elle décide à une forte majorité de surseoir.

L’Assemblée de l’Union invite les paroisses et lieux d’Eglise qui le souhaitent à poursuivre la réflexion, notamment sur l’autorité de l’Ecriture et le sens de la bénédiction. Elle se donne un délai de 3 ans avant d’envisager de reprendre cette question en Assemblée.

En conséquence, la position adoptée par la Communion Protestante Luthéro-Réformée (CPLR) le 1er février 2004, qui en particulier jugeait qu’« il n’est pas opportun d’envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel », reste en vigueur.

L’Assemblée de l’Union exprime sa reconnaissance pour la qualité des débats qui ont eu lieu dans les paroisses et autres lieux d’Eglise et pour les positions transmises par écrit."
Les institutions ecclésiales ont peur de leur ombre !


La réaction du pasteur Bernard Rodenstein : Les institutions écclésiales ont peur de leur ombre !"


Les Eglises protestantes d’Alsace et de Moselle ont annoncé à cor et à cri qu’elles allaient débattre du sujet brûlant de la bénédiction des couples homosexuels ! On allait voir ce qu’on allait voir. Las pour ces grands communicants : il s’est avéré urgent pour eux de ne rien dire.

Déception ? Même pas. Que pouvait-on en attendre ? Qu’est ce qu’une décision de leur part aurait changé à la face du monde ? (...)

Quant à bénir des alliances, quel intérêt ? Officialiser un type de relation plutôt qu’un autre ou contre un autre ? Au stade où nous en sommes, où sommes nous en capacité de discerner que la relation entre deux êtres peut être patentée ? Sur quels critères ?
Ce que cherchent tous les « couples », homo ou hétéro, ce sont des maîtres de cérémonie pour fixer dans la solennité, l’instant d’un engagement et d’un rêve. Ce genre de professionnels du rituel doit bien se trouver un peu partout et un peu n’importe où. Quant aux édifices appropriés, nous n’en manquons pas davantage.

Il suffit aux Eglises de cesser de revendiquer d’avoir le monopole de cérémonies qui appartiennent à toute l’humanité de manière très diverses sous tous les cieux et de tous les temps.

Bernard Rodenstein

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