Soupçons de fraude concernant 20 assistants FN au Parlement européen

Le Parlement européen a annoncé lundi soir avoir saisi l'organisme anti-fraude de l'UE, l'Olaf, d'éventuelles irrégularités financières commises par le Front national et concernant des salaires versés à des assistants parlementaires européens.


"Le Président Martin Schulz a saisi lundi l'Office européen de lutte antifraude d'éventuelles irrégularités financières commises par le parti français Front National", a indiqué le Parlement dans un communiqué. M. Schulz a également écrit à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, pour lui faire part de ses soupçons. Le préjudice représenterait 7,5 millions d'euros pour l'ensemble de la législature, a indiqué une source parlementaire, confirmant les chiffres avancés par le quotidien français Le Monde qui a révélé l'affaire.

Les soupçons de fraude portent sur des salaires versés à 20 assistants de parlementaires européens qui apparaissent sur l'organigramme du Front national et semblent avoir des responsabilités politiques au sein du parti alors qu'ils "doivent nécessairement et directement travailler à l'exercice du mandat parlementaire des députés européens", indique le Parlement.

"L'organigramme de la direction nationale du parti reprend 4 assistants accrédités (à Strasbourg ou à Bruxelles) et 16 assistants locaux (dans les circonscriptions). Parmi les assistants locaux concernés, dix ont conclu un contrat de travail qui indique comme adresse d'exécution l'adresse du siège du Front national à Nanterre", détaille l'institution.

"De plus, la description de leur fonction contractuelle avec le député diffère en tout point de la nature des fonctions détaillées dans l'organigramme du Front national ou sur le site internet du parti. Par ailleurs, toujours selon cet organigramme, certains assistants ne travaillent pas pour le député auquel ils sont liés par un contrat de travail", insiste encore le Parlement.

"Ce n'est pas au Parlement de tirer des conclusions, c'est à l'Olaf de se prononcer en sa qualité d'organisme anti-fraude de l'UE", a réagi lundi soir Jaume Duch, le porte-parole du Parlement européen. L'Olaf doit désormais décider ou non d'ouvrir une enquête, qui prendra plusieurs mois.