Le poinçonnage des bijoux à l'ère du laser

Fair'bell a présenté mardi le poinçon au laser des alliances fabriquées par les 80 salariés de l'entreprise. Cette nouvelle technique succède au traditionnel poinçon métallique.

En France, seules cinq entreprises détiennent ce mode de gravage effectué pour le compte des services de douane par délégation.

Avec le marquage au laser, le poinçonnage des bijoux se modernise chez les joailliers : cinq professionnels ont été autorisés au début du mois de janvier à utiliser ce procédé pour graver eux-mêmes leurs poinçons de garantie, une première mondiale. "Moyen d'identification moderne", le poinçonnage au laser est "une grande première à l'échelle mondiale", a affirmé le président de l'Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie des pierres et des perles (UFBJOP), Daniel Cambour lors du lancement du dispositif.

Le reportage de R. Dinckel - P. Dezempte - L. Guigues. Interviews : Stéphane Arnaud, Inspecteur principal des douanes Strasbourg - Brice Pagnuco, directeur commercial Fair'belle


La technologie au rayon laser, intégrée à même la chaîne de fabrication, permet de poinçonner des pièces plus fragiles ou de forme complexe sans risque de déformation. La douane française a remis aux cinq premières sociétés candidates -- AV10, Cambour, Fair'Belle, Mathon et Oteline -- les autorisations à recourir, sous son contrôle, au marquage au laser pour garantir leurs ouvrages en métaux précieux. Des fichiers sécurisés renfermant la version dématérialisée et cryptée des poinçons de garantie d'Etat et une carte de décryptage leur ont été confiés.

Chaque clé USB et chaque carte de décryptage sont associées à une machine de poinçonnage laser, pour assurer l'inviolabilité du système. Le graveur, dont le montant varie entre 40.000 et 60.000 euros est relié à un ordinateur qui pilote le processus. Pour accéder aux poinçons, il faut d'abord montrer patte blanche en s'identifiant par lecteur biométrique. "Toutes les entreprises de la filière pourront désormais (...) demander la possibilité aux douanes d'apposer elles-mêmes le poinçon au laser", a souligné de son côté Guy Bessodes, délégué général du Comité Francéclat, qui a conçu le dispositif. Celles qui ne souhaitent pas s'engager dans cette nouvelle démarche pourront soit continuer de poinçonner mécaniquement ou faire appel à des organismes agréés pour
faire marquer leurs ouvrages au laser. 

Jusqu'ici, les poinçons métalliques, destinés à protéger les consommateurs contre les risques de tromperie, étaient apposés de manière mécanique, à la main, par les services douaniers, un processus datant du Moyen-âge (13e siècle). Depuis 2004, les professionnels pouvaient être habilités par les douanes à apposer dans leurs propres locaux ces poinçons dont la fabrication relève de la compétence exclusive de la Monnaie de Paris.