Alsace : une marche blanche en mémoire de Sylvia Auchter, poignardée à mort par son mari

Marche blanche à Oberhoffen-sur-Moder ce dimanche 17 novembre / © M. Coulon
Marche blanche à Oberhoffen-sur-Moder ce dimanche 17 novembre / © M. Coulon

Ils étaient près de 300 ce dimanche 17 novembre à Oberhoffen-sur-Moden (67) à marcher en mémoire de Sylvia Auchter morte poignardée par son mari, il y a une semaine jour pour jour. Depuis le début de l'année en France, 130 femmes sont mortes de la main de leur compagnon. Sylvia est la 131e.

Par Cécile Poure

Sylvia Auchter est décédée il y a une semaine jour pour jour sur le perron de sa maison. Cette femme de 40 ans a été poignardée à mort par son compagnon avec lequel elle était en instance de divorce. Une histoire sordide. Une histoire trop banale. Ce féminicide est le 131e cette année en France selon le site Féminicides par compagnon ou ex.
 

Ce dimanche 17 novembre, une marche blanche a été organisée par sa fille, témoin du drame. A Oberhoffen-sur-Moden, ils étaient 300 à rendre un dernier hommage à Sylvia. A demander justice. A dire plus jamais. 
 
© M. Coulon
© M. Coulon

Beaucoup sont venus habillés de rose, à la demande de la fille de Sylvia. Le rose, sa couleur préférée.

Des fleurs roses, sa couleur préférée, ont été déposées devant le domicile de Sylvia Auchter


Le drame Sylvia, le "dysfonctionnement" de trop ?


La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, interrogée vendredi dernier sur le meurtre de Sylvia Auchter, a estimé que le système ne "fonctionnait pas" pour protéger les femmes.

Ainsi, le meurtre de Sylvia, comme tant d'autres, aurait pu être évité. La victime avait déjà porté plainte, le juge avait été saisi, et le compagnon, depuis mis en examen et écroué - était convoqué le 10 décembre par la justice. Sans parler du témoignage de Stella Guitton, sa fille, qui met directement en cause les gendarmes pour leur intervention trop tardive le soir du meurtre (une demi-heure après les faits). L'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a d'ailleurs été saisie.
 

Collectivement notre système ne fonctionne pas pour protéger ces femmes, c'est un drame
-Nicole Belloubet, ministre de la justice-


Nicole Belloubet reconnait donc une "faille" dans les dispositifs de protection. "Les policiers et les gendarmes ne travaillent pas assez rapidement avec la justice" a-t-elle avancé, "et nous ne travaillons pas suffisamment avec les associations. Je ne suis pas en train de dire que nous n'avons rien fait", a-t-elle poursuivi "je ne suis pas en train de dire que les magistrats ont failli, je dis simplement que collectivement notre système ne fonctionne pas pour protéger ces femmes, et que c'est un drame". Un de trop. 

 

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