Alsace : comment concilier virus et foi à la veille de Noël ?

La fin de l'année est synonyme pour de nombreux croyants de festivités et de rassemblements dans les lieux de culte. Mais le coronavirus s'est invité et il a fallu repenser les prières collectives. Comment s'organisent les différentes autorités religieuses? Eléments de réponse.

A la cathédrale de Strasbourg, comme dans tous les lieux de culte, on s'organise pour mettre en place des offices distanciés
A la cathédrale de Strasbourg, comme dans tous les lieux de culte, on s'organise pour mettre en place des offices distanciés © Jean-Marc Loos / MaxPPP

Pas d'exception aux règles sanitaires le 24 décembre dans les églises, un rang sur deux et deux sièges entre chaque personne ou chaque famille. La cathédrale de Strasbourg organise trois messes de Noël, dont celle de minuit, le 24 décembre et trois autres le 25 décembre. Des messes supplémentaires donc par rapport aux années précédentes. "Oui, une messe de plus notamment le 24 décembre à 18h30, précise Michel Wackenheim, l'archiprêtre de la Cathédrale. Nous avons une jauge maximale de 260 personnes, donc une fois toutes les feuilles de chant distribuées, nous fermerons l'édifice", ajoute-t-il. Premiers arrivés, premiers bénis donc.

Ensuite, chaque paroisse s'organise dans son coin. Davantage de messes donc, ou bien la possibilité de s'inscrire sur internet en passant par le site lamesse.app. A Strasbourg, les paroisses catholiques Saint-Pierre-le-vieux et Saint-Pierre-le-jeune ont franchi le cap du numérique comme celles de Haguenau. Dans le Haut-Rhin, la communauté de paroisses Saint-Georges au pied du Vieil-Armand propose également cette possibilité.

 

Plus de prière les vendredis à l'institut Al-Andalous

La synagogue de Strasbourg, elle, applique strictement les mesures gouvernementales. L'édifice religieux ferme ses portes tôt pour que les fidèles rentrent chez eux avant le couvre-feu et à l'intérieur, on applique la règle d'une allée sur deux et d'une chaise sur deux. Les vendredis, jour de sabbat, rien ne change.

En revanche, l'institut Al-Andalous de Schiltigheim a annoncé dans un communiqué jeudi 17 décembre avoir décidé de "suspendre jusqu'à nouvel ordre la célébration de la prière du vendredi, du fait de la circulation virulente du virus. Les vendredis 25 décembre et 1er janvier sont des jours fériés importants qui coïncident avec les vacances scolaires, célébrer la prière du vendredi, notamment à ces dates, présenterait un grand risque quant à la propagation du virus". Et le recteur de l'institut, Messaoud Boumaza d'en appeler à la fermeture de toutes les mosquées.

 

La grande mosquée de Strasbourg, elle, avait rouvert ses portes le 5 décembre, dans le respect des mesures sanitaires.

 

Une célébration oecuménique le 24 décembre

Enfin la communauté protestante s'organise et propose une multiplication des célébrations quand c'est possible, de même qu'une retransmission en direct sur les réseaux sociaux. Une feuille de route avec chants, prières et méditations, sur le site internet de l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) est également disponible pour fêter Noël chez soi en famille. La communauté protestante organise avec les catholiques au temple neuf de Strasbourg, le 24 décembre, une célébration oecuménique à 19h30 enregistrée et retransmise notamment sur les chaînes Youtube du diocèse et de l’UEPAL. Seront présents Mgr Ravel, Michel Wackenheim et les pasteurs Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL et Bettina Schaller.

"C'est un temps spirituel que nous offrons à ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas se déplacer, explique Christian Krieger, les personnes âgées qui ont peur de la contamination, les cas contacts qui sont confinés. Sinon, chaque communauté s'organise localement, par exemple dans la vallée de Munster, le taux de contamination est très fort, alors, tous les offices ont été annulés. Ailleurs, on multiplie les offices sur inscription."

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