Comment cette ville, un temps délaissée par les commerces, séduit à nouveau et attire de plus en plus d'habitants ?

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Sujet Rund um en alsacien sous-titré ©France Télévisions

Dans un passé récent, on surnommait Guebwiller "la belle endormie", depuis le déclin des industries textiles dans la commune. Depuis, la ville - et la municipalité - redouble d'efforts pour regagner en attractivité, attirer les commerces et faire venir les promeneurs au centre-ville.

"L'envie d'une ville" : sur la toile, le clip promotionnel de la commune, sorti en avril, donne le ton. Au rythme d'une musique "lounge", l'on y voit une famille déambuler dans les rues, profitant des parcs et des terrasses de Guebwiller, admirant les monuments historiques (Eglise St léger, Centre culturel des Dominicains...). Et ce, à grands renforts de sourires complices et d'images aériennes.

Bref, l'image d'une ville dynamique, agréable, accueillante pour les familles, en voiture comme à vélo. S'il s'agit justement d'attirer ce type de visiteurs et d'habitants, "le but n'est pas de miser sur la quantité, mais sur la qualité de vie", insiste Francis Kleitz, le maire de Guebwiller.

Il en veut pour preuve, les terrasses de cafés, qui fleurissent au centre-ville. La zone de rencontre entre piétons, cyclistes et automobilistes, limitée à 20km/h au seuil de la zone piétonne. Ou encore, les commerces, qui réinvestissent des locaux vacants depuis quelques années, à grands renforts d'aides de l'état et de la commune. "Il y a une quinzaine d'années, on appelait Guebwiller la belle endormie. Elle vieillissait, il ne s'y passait plus grand-chose. Nous avons essayé de tout faire pour lui redonner de la vie", poursuit Francis Kleitz. 

Un esprit de village

D'une trentaine en 2014, Guebwiller est passée à une dizaine de locaux commerciaux vides au centre-ville. Dans la longue rue de la République, une centaine de commerces accueille aujourd'hui les clients. Et l'on n'y voit presque pas de franchises. "Les grands groupes ne s'intéressent pas à la ville", nous explique Jean-Marie Kilzer, le président des Vitrines de Guebwiller. "Alors ici, vous trouverez des choses que vous ne verrez pas ailleurs. Et puis, il y a un esprit de village, on peut prendre le temps de discuter avec la clientèle", affirme le caviste derrière son comptoir.

Guebwiller, un peu plus de 11.000 habitants, proche de Colmar et de Mulhouse, a souffert du déclin des industries textiles, dans la deuxième moitié du siècle dernier. Le manque d'emplois, combiné à "certaines politiques de mise en place de logements sociaux, ont fait changer la population", selon Jean-Paul Hestin, agent immobilier chez Sodim Espace Gestion. "Depuis une quinzaine d'années, des personnes sont venues de Mulhouse s'installer ici. Alors, il n'y a plus uniquement des Guebwillerois d'origine". Néanmoins, le marché immobilier est resté plutôt stable, avec un prix au mètre carré situé entre 1800 et 2400 euros. "Mais le parc d'appartements et de maisons nécessite souvent des rénovations", conclut-il. Des programmes de rénovation thermique ont justement été lancés dans le cadre de l'Action Coeur de Ville.

De nouveaux logements, mais peu de transports en commun

S'ajoute à cela, selon le professionnel de l'immobilier, le manque de terrains disponibles à la construction. Les deux actuels gros chantiers de la ville se situent derrière le cinéma Le Florival, et sur la friche de l'ancienne usine textile Schlumberger, à 500 mètres du centre. Un chantier de 3 hectares, pour lequel la commune a pu bénéficier d'une subvention de 1,8 million d'euros issue du fonds friches de l'état. A la place des anciens sheds, démolis peu à peu, devraient bientôt s'ériger une centaine de logements. De quoi faire venir, là encore, des familles avec enfants. "Nous avons de la place dans les écoles", affirme le maire.

Reste une question majeure, celle des transports en commun. Peu d'autobus, et aucun train, à Guebwiller. L'ancienne gare a d'ailleurs été transformée en restaurant - épicerie italienne. Pour pallier quelque peu ce problème, le centre culturel des Dominicains de Haute-Alsace se donne aujourd'hui pour mission d'attirer un panel de visiteurs le plus large possible aux alentours, avec une programmation la plus éclectique possible, allant de la musique classique au rock métal, en passant par le cabaret. Il s'agit d'être un moteur pour la commune. "L'idée, c'est qu'un euro généré par les Dominicains en génère trois dans la ville. Car nous percevons aussi des fonds publics", explique Pierre Aubry, délégué général des Dominicains. Une chose est sûre : l'ancienne cité ouvrière est en mouvement.