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“Dis, pourquoi il a fait ça ?” Comment expliquer l'attaque de Strasbourg aux enfants

Le groupe scolaire du Hohberg à l'heure de l'entrée en classes. / © Judith Jung. France 3 Alsace
Le groupe scolaire du Hohberg à l'heure de l'entrée en classes. / © Judith Jung. France 3 Alsace

"Pourquoi le monsieur il a fait ça? Il va revenir?" Des questions d'enfants légitimes auxquelles il faut répondre, mais comment ? En ce jeudi de reprise de cours, nous avons posé la questions à des parents, un pédiatre et la directrice de l'école de la cité du Hohberg, le quartier du tireur.

Par Judith Jung

Depuis mardi soir, le sujet est entré dans toutes les familles et les enfants se posent, naturellement, beaucoup de questions. "Pourquoi il a fait ça? Il reviendra?" Des questions qu'il ne faut pas laisser sans réponses mais pour lesquelles il s'agit de trouver les mots justes.

Dis maman, pourquoi il a fait ça ?

En ce jeudi, jour de reprise des cours dans les écoles élémentaires de Strasbourg (mercredi les cours étaient supprimés), nous nous sommes rendus au groupe scolaire du Hohberg, quartier dans lequel habitait Chérif Chekatt, l'auteur de l'attaque. Devant les grilles de l'établissement, nous avons rencontré des mamans qui venaient déposer leurs enfants et naturellement cette journée d'école est particulière. A la question "comment en avez-vous parlé à votre enfant?" Les réponses sont variées. Certaines n'ont pas évoqué l'attaque, d'autres ont voulu en parler pour éviter les histoires que les enfants sont capables de se raconter à l'école. 

"Nous habitons juste à côté du tireur, bien sûr  que mon fils à posé des questions" nous dit cette maman d'un garçon scolarisé en classe de CE1. "Il voulait savoir pourquoi il a fait ça, alors nous lui avons dit qu'il s'agissait d'un méchant qui a fait des très grosses bêtises" pour cette maman de confession musulmane, il était important de dire à son fils que ce n'est pas cela être musulman, "que les musulmans ne tuaient pas les autres".

Ce ne sera pas un jour comme un autre

Pour la directrice de l'école élémentaire du Hohberg, quartier où vivait Chérif Chekatt, ce jeudi est évidemment une journée très particulière: "Nous allons laisser les enfants poser leurs questions et répondre en fonction de leurs interrogations, mais il ne faut pas les assommer avec trop de détails". Le dialogue est vital selon elle, il faut rassurer les plus petits en fonction de leur vécu familial aussi et parler de sécurité et des policiers présents pour protéger les citoyens avec les plus grands. Pour plus de sécurité, les instituteurs et surveillants éloigneront les enfants des grilles de l'école durant les récréations: "Beaucoup de mamans m'ont appelé mercredi car elles avaient peur, certains enfants sont restés à la maison ce jeudi." 

Un cordon de sécurité a été délimité avant l'arrivée des élèves / © J.Jung
Un cordon de sécurité a été délimité avant l'arrivée des élèves / © J.Jung


Il faut dire la vérité sans trop donner de détails

Dans son cabinet Yves Alembik, pédiatre strasbourgeois avait collé une photo après les attentats de Paris du 13 novembre 2015 accompagné d'un petit texte "non à la barbarie, non à l'intolérance, (...) tous ensemble" pour expliquer les faits aux enfants soucieux de savoir ce qui s'était passé. "Cette feuille, je voulais l'enlever il y a quelques jours, finalement je vais la laisser encore un peu."

Affiche de sensibilisation dans le cabinet du pédiatre Yves Alembik / © J.Jung
Affiche de sensibilisation dans le cabinet du pédiatre Yves Alembik / © J.Jung

Chez lui, aussi certaines consultations ont été annulées par crainte des familles de se rendre au centre de Strasbourg. "Il ne faut pas minimiser les faits, il faut dire aux enfants que c'est grave ce qui s'est passé". Pour le pédiatre, il s'agit avant tout de dire la vérité, de dire aux petits que c'est normal d'avoir peur mais que nous sommes là, que les forces de l'ordre sont là.

"Nos enfants sont obligés de grandir, de mûrir trop vite ces dernières années". C'est regrettable mais c'est une réalité et selon Yves Alembik, il ne faut évincer aucune question, montrer que l'adulte est à l'écoute sans pour autant entrer dans les détails. Il faut "éviter de parler de la façon dont les personnes ont été tuées", éviter les mots choquants et privilégier un vocabulaire simple. Dernier point important, ne pas montrer aux enfants les vidéos, photos et éléments d'informations qui circulent sur les radios et télévisions.

Et si vos enfants vous semblent plus irritables, ont des problèmes de sommeil dans les prochains jours et semaines, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste. L'une de nos équipes a fait le point avec Florence Monami, psycho-somathothérapeute spécialiste du comportement des enfants et des adolescents.

 
Numéros utiles d'aide aux victimes et d'information / © Ministère de l'Intérieur
Numéros utiles d'aide aux victimes et d'information / © Ministère de l'Intérieur

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