Éduquer son chien, une tendance en plein boom et encore plus depuis la crise sanitaire

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Écrit par Judith Jung
Au club canin de Sélestat, l'école du chiot est très prisée.
Au club canin de Sélestat, l'école du chiot est très prisée. © P.T. / France Télévisions

Rund Um. Ces dernières années, la place des chiens dans les familles a changé : ils vivent de plus en plus à l’intérieur des maisons ou des appartements. Conséquence, les propriétaires sont davantage soucieux de leur éducation. Un phénomène qui s’est encore renforcé avec la crise sanitaire.

Clubs canins, comportementalistes… les possibilités pour éduquer son chien sont de plus en plus nombreuses, en Alsace comme partout en France. Et la demande des maîtres est forte. Car les habitudes des familles ont changé. Désormais, les chiens vivent surtout avec elles, à l’intérieur des foyers, là où ils vivaient essentiellement à l’extérieur il y a quelques années.

Au club canin de Sélestat, une section « école du chiot » a été créée il y a 15 ans. Chaque dimanche matin, les différents cours font le plein. Les maîtres viennent découvrir comment communiquer avec leur animal pour le sociabiliser. Ils lui apprennent à leur obéir pour qu’il ne saute et ne court pas partout dans l’appartement ou la maison.

Rachel Fleith, la responsable, leur montre en gestes comment procéder. Elle se sert de la friandise pour obtenir ce qu’elle cherche du chien, en douceur. Sans tirer systématiquement sur la laisse.

Un business dont profitent des professionnels peu scrupuleux

« Ça ne marche pas comme ça, vous ne pouvez pas mettre de la tension dans le cou de votre chien et lui dire, c’est cool, c’est comme ça que tu vivras toute ta vie. J’utilise ma friandise pour garder le chien à mes pieds, mime-t-elle. On ne l’attrape jamais par la peau du cou, c’est une punition. Sa maman le sanctionnait comme ça », explique-t-elle encore.

Mieux prendre en compte le bien-être du chien est devenu plus commun. Par peur de mal faire et pour se rassurer, certains font appel à un comportementaliste qui se déplace chez eux, pour une séance de consultation d’abord, puis pour des séances d’éducation adaptées, à domicile ou dans la rue. La facture peut s’élever à plusieurs centaines d’euros.

Le nombre de comportementalistes a fortement augmenté ces dernières années, certains - peu scrupuleux - surfent sur ce nouveau business pour s'enrichir. C'est ce que dénoncent d'autres professionnels, déterminés à prouver les bienfaits de leurs interventions lorsqu'elles sont effectuées dans les règles.

Beaucoup de nouveaux propriétaires depuis les confinements

Valérie Schaeffer en fait partie. Elle a démarré l’activité il y a quatre ans à temps partiel. Depuis six mois, elle peut en vivre. « Avant les gens m’appelaient au dernier moment quand ils ne savaient vraiment plus quoi faire. Soit je les aidais, soit ils faisaient euthanasier leur chien. Aujourd’hui, ils viennent vers moi dès qu’ils ont leur chien, il y a une volonté de bien faire les choses, tout de suite », affirme-t-elle.

Valérie Schaeffer prend son métier très à cœur. Elle veut permettre aux maîtres de comprendre leur chien, et encore plus ces derniers mois alors que de nombreux nouveaux propriétaires ont émergé depuis la crise sanitaire. Beaucoup de Français ont acheté un chien pendant les confinements pour se divertir ou même pour avoir un alibi et être plus facilement autorisé à sortir se promener.

La comportementaliste connaît le risque : les abandons, leur nombre a explosé. C’est ce qu’elle veut éviter autant que possible. Mais elle intervient parfois justement aussi dans ce cas de figure pour des chiens en très mauvais état, auxquels il faut réapprendre à faire confiance en l’être humain.

 

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