Esthéticienne en Ehpad pour réparer le corps et l'âme, "j'ai envie d'être une main tendue"

Marine Foisy est actuellement bénévole au sein de l'Ehpad Marquaire de Mutzig. Elle est socio-esthéticienne. Une branche qui allie esthétique et soin. Son objectif: intervenir dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite et auprès des personnes en situation de précarité.

Marine Foisy a d'abord pensé aux notes pour soigner les autres. "J'ai débuté mes études supérieures par une licence de musique. Je voulais me tourner vers la musicothérapie. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours eu envie d'aider les gens."

Les chemins de la vie n'étant pas toujours linéaires, Marine s'est retrouvée assistante juridique, "un peu par hasard". Et puis le hasard, d'un coup, elle n'en a plus voulu.

Elle a renoué avec son aspiration première: l'aide, le partage. "Quand je me suis lancée dans des études de socio-esthéticienne, j'ai eu comme une révélation. Je me sentais à ma place. Je me sentais utile. Je savais que c'était le bon chemin. Depuis mars, tout en poursuivant ma formation, je suis bénévole à l'Ehpad de Mutzig, mon village. J'interviens aussi bien en unité "normale" qu'en unité de vie protégée. Des zones fermées qui rassemblent les pensionnaires atteints de pathologies lourdes. Alzheimer, démence... "

Marine Foisy est en train de fonder son entreprise: Presta'Cygne. Elle se forme entre Paris et l'Alsace pour maîtriser toutes les techniques possibles dans ce domaine. Deux lui paraissent très importantes. Le microblading, qui consiste à reconstituer les sourcils poil par poil. Il est notamment très utile après les chimiothérapies. La seconde: la reconstitution de l'auréole mammaire grâce au tatouage. " Elle concerne toutes les femmes qui ont dû subir l'ablation d'un sein".

Cette jeune femme de 29 ans souhaite intervenir auprès de tous les publics qui en ressentent le besoin : malades, personnes hospitalisées, précaires, résidents en maisons de retraite. "Le beau ça n'est pas superficiel. C'est le regard d'amour que l'on se porte à soi-même. On peut ainsi retrouver la force de se battre. Je voudrais être une alliée pour ceux qui parfois n'ont plus la force de s'en sortir. Le maquillage ou la pose d'un vernis, dans certains cas, c'est bien plus qu'un petit moment que l'on s'accorde. Cela dépasse la superficialité."

À la maison de retraite de Mutzig, Marine Foisy a trouvé sa place sans souci. Et la confiance des résidents. "Ça leur permet de garder un contact humain. Certaines personnes âgées adorent les couleurs flashy et les paillettes. J'ai rencontré là-bas une femme qui souffre d'une forme avancée d'Alzheimer. Quand je la maquille, elle s'ouvre au monde, elle sourit. Elle adore les couleurs vives. Elle retrouve le calme, le sourire. Et elle se promène ensuite, radieuse. C'est très touchant."

Il y a dans le métier de Marine une dimension médico-sociale qui la passionne. La peau d'une personne qui a subi une chimiothérapie n'est plus la même. Il faut en tenir compte. "La douleur physique, on ne la choisit pas. La douleur psychologique, on peut essayer de l'adoucir. Lorsque j'aurai tous mes diplômes, j'aimerais travailler également dans les hôpitaux. Par exemple, un patient peut attendre des heures sur une chaise avant une chimiothérapie. Pourquoi ne pas alors lui faire une petite manucure ? Ce serait un moment de douceur dans ce monde de brutes. Que la personne puisse se dire : j'ai quand même la force de le faire, je me sens mieux, je me sens presque belle. En fait, je voudrais être une main tendue."