En Forêt-Noire, un parc recueille des ours et des loups victimes de maltraitances et leur offre une nouvelle vie

Loups, lynx et ours retrouvent une vie libre / © France 3 Alsace
Loups, lynx et ours retrouvent une vie libre / © France 3 Alsace

Cela fait dix ans qu'un parc alternatif, près de Freudenstadt en Forêt-Noire, sauve des animaux maltraités. Les « petits » protégés de l’équipe de soigneurs sont des ours, des loups et depuis peu, des lynx. Un lieu où le public peut venir les observer, sans les déranger.

 

Par Catherine Munsch

Promenés, une chaîne autour du cou, comme "ours à selfies" sur une plage en Albanie, exhibé par un restaurateur pour divertir ses clients, oubliés dans une cage de zoo abandonné, enfermés dans des espaces minuscules et inadaptés pour des animaux sauvages, les ours du parc en Forêt-Noire ont tous été sauvés de situations et de conditions de vie terribles. Le parc où ils vivent désormais est devenu leur havre de paix. Une équipe de professionnels et de bénévoles leur permet d'y vivre une vie qu'ils n'ont jamais connue, dans la nature, au plus près de leurs besoins d'animaux sauvages. 

 
Le parc à ours va bientôt être agrandi pour atteindre douze hectares / © Thierry Sitter / France Télévisions
Le parc à ours va bientôt être agrandi pour atteindre douze hectares / © Thierry Sitter / France Télévisions

​​​​​​Ce parc alternatif des loups et ours de Forêt-Noire se trouve à une heure et quart de voiture de Strasbourg. A Bad Rippoldsau-Schapbach, difficile à prononcer, c'est vrai, mais ce qui compte, c’est son programme de sauvetage. Une équipe de huit permanents, soigneurs, pédagogues, aidés de stagiaires et d'une vingtaine de bénévoles, personnel administratif et de restauration, œuvrent toute l'année en faveur de ces animaux sauvages, victimes de mauvais traitements. Car certains parmi eux ont vécu l'enfer ou presque. 


Und unsere Mitarbeiter setzen sich aus Personen in der Leitung, Tierpflege, Pädagogik, Kasse, Bistro, Technik und Ehrenamtlern zusammen. Insgesamt sind wir ca. 30 Personen, davon 8 Vollzeit und der Rest in Teilzeit, geringfügig beschäftigt oder ehrenamtlich tätig.
 

Arian et Agonis, ex-ours à selfies

Avec leur bouille toute mignonne d'oursons de quelques mois, Arian et Agonis ont été des "ours à selfies" sur une plage albanaise. Orphelins d'une mère tuée par des chasseurs, ils étaient promenés en laisse sur une plage nommée Saranda. Les touristes les trouvaient tellement adorables qu'ils n'hésitaient pas à payer, pour pouvoir se prendre en photo avec eux. Pas de petits revenus pour des exploitants sans scrupules...
 
Promenés en laisse comme ours à selfies / © Fondation Stiftung für Bären, Allemagne
Promenés en laisse comme ours à selfies / © Fondation Stiftung für Bären, Allemagne
 
Un petit ourson exhibé sur une plage pour faire des photos avec des touristes / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Un petit ourson exhibé sur une plage pour faire des photos avec des touristes / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
 
Un des ourson était enchaîné à côté d'un restaurant pour divertir les clients / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Un des ourson était enchaîné à côté d'un restaurant pour divertir les clients / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Associations locales et police aident à la capture des animaux maltraités / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Associations locales et police aident à la capture des animaux maltraités / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Avec l’aide d’associations locales et de la police, les employés du parc les recueillent et les rapatrient en Forêt-Noire pour leur offrir une vie décente… jusqu’à la fin de leurs jours. En général, ils arrivent traumatisés et découvrent pour la première fois un environnement proche de leur habitat naturel. 
 

Réapprendre la liberté et le droit de prendre ses aises

Dans ce parc de dix hectares, chaque animal a son histoire. Certains viennent de zoos, de cirques ou même de chez des particuliers. Les résidents actuels viennent d'Albanie, du Portugal, d'Italie, de France et d'Allemagne. Parfois, à force d'avoir été maltraités par l'homme, il leur faut de longues heures pour oser sortir de leur cage de transport à leur arrivée. Oser occuper un espace plus vaste, à force de vivre dans des enclos trop petits est une autre étape difficile pour certains. Il arrive même qu'ils continuent à tourner en rond pendant longtemps, avant de prendre conscience qu'ils ont plus de place. Un des ours a encore tendance à se mordiller une patte lorsque quelqu'un s'arrête devant lui, car du temps de sa captivité, c'était la seule façon d'attirer la compassion et d'obtenir quelque chose à manger.
Sortir d'une cage de transport peut prendre des heures, voire des jours, tant le traumatisme est grand / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)
Sortir d'une cage de transport peut prendre des heures, voire des jours, tant le traumatisme est grand / © Fondation Stiftung für Bären (Allemagne)

Désormais les animaux peuvent retrouver autant que possible, une vie proche d'une vie sauvage
 

Enfin des humains bienveillants à leur égard

Des soigneurs qui ne leur veulent que du bien...Un rêve pour Arian et Agonis, ces jeunes ours de quatre ans. En cette fin janvier, de la paille fraîche leur est distribuée pour qu'ils puissent se préparer un lit douillet pour la période d'hiver. Pour les ours, il ne s'agit pas d'hibernation, comme pour le hérisson qui dort d'une traite. Les ours passent plusieurs mois au repos, de l'automne jusqu'au printemps. Ils se réveillent de temps en temps, bougent un peu... et se rendorment.
 
Un ours en hivernation se réveille de temps en temps / © Thierry Sitter / France Télévisions
Un ours en hivernation se réveille de temps en temps / © Thierry Sitter / France Télévisions

Dix ours, cinq loups et deux lynx vivent dans ce parc. Pour s’en occuper une petite équipe de soigneurs, pédagogues, techniciens ou vétérinaire, une vingtaine de bénévoles et des stagiaires.
 
Un des deux lynx du parc / © Thierry Sitter / France Télévisions
Un des deux lynx du parc / © Thierry Sitter / France Télévisions

Les loups sont cinq frères, détenus auparavant dans un parc animalier devenu trop petit pour eux. Les propriétaires ont pris conscience qu'ils ne pouvaient pas garder la meute dans un endroit trop étroit.
 
Les loups, cinq frères, forment une petite meute / © Thierry Sitter / France Télévisions
Les loups, cinq frères, forment une petite meute / © Thierry Sitter / France Télévisions
Les soigneurs viennent de donner de la paille aux jeunes ours qui préparent leur hivernation / © Thierry Sitter / France Télévisions
Les soigneurs viennent de donner de la paille aux jeunes ours qui préparent leur hivernation / © Thierry Sitter / France Télévisions
Les soigneurs circulent en voiturette dans le parc de 10 hectares / © Thierry Sitter / France Télévisions
Les soigneurs circulent en voiturette dans le parc de 10 hectares / © Thierry Sitter / France Télévisions


Beaucoup de pédagogie pour informer les visiteurs de tous âges

Toute l’année, le parc propose des cours pour les scolaires, des ateliers de jeux pédagogiques, des visites guidées, avec pour objectif de mieux faire connaître ces animaux, sensibiliser le plus grand nombre de visiteurs à la protection des espèces et encourager les parrainages. Absolument indispensables aussi à la survie du parc des ours et des loups, les 85 000 visiteurs annuels. Prix d’entrée, 8 euros pour les enfants, 9 euros pour les adultes. Ce parc, qui offre une nouvelle vie aux animaux sauvages maltraités, va être prochainement agrandi de deux hectares et fêtera ses dix ans en septembre 2020.
 
Toute l'année, même en hiver, des visites guidées permettent d'en apprendre plus sur ces animaux / © Thierry Sitter / France Télévisions
Toute l'année, même en hiver, des visites guidées permettent d'en apprendre plus sur ces animaux / © Thierry Sitter / France Télévisions

 

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