Haut-Rhin : il est prêt à vacciner ses patients en ehpad depuis Noël sans rien voir venir. Une situation insupportable.

Didier Kleimberg, médecin généraliste et régulateur du Samu 68 en a ras-le-bol. L'Ehpad d'Oderen dans lequel il intervient est prêt pour la vaccination depuis le 26 décembre ; pourtant ses patients vont devoir attendre jusqu'au 26 janvier. Pour lui, l'Etat n'a toujours rien compris.

Faut-il un centre de vaccination pour 25 000 ou 50 000 habitants en Haute-Garonne ? Préfet et président du département ne sont pas d'accord
Faut-il un centre de vaccination pour 25 000 ou 50 000 habitants en Haute-Garonne ? Préfet et président du département ne sont pas d'accord © Darek SZUSTER/MaxPPP

"Nous avions enfin une petite lueur d'espoir avec cette vaccination alors qu'une troisième vague très violente arrive !", d'emblée Didier Kleimberg, médecin généraliste et régulateur du Samu 68, ne mâche pas ses mots. Il nage dans la Covid-19 depuis février dernier, a fait partie des lanceurs d'alerte, a vécu la désorganisation du premier confinement et là, il n'en peut plus.

Nous allons vivre le même tsunami qu'en mars car l'Etat est encore une fois désorganisé

Didier Kleimberg, médecin généraliste

Pour lui et ses confrères, l'arrivée du vaccin était un soulagement. Avec les soignants de l'Ehpad d'Oderen (Haut-Rhin) dans lequel il intervient, il avait tout organisé afin que l'établissement soit prêt pour la vaccination. Les visites médicales nécessaires avant injection ont été réalisées, les résidents ont donné leur accord, les consentements des familles ont été recueillis bien avant les fêtes, l'établissement était en mesure de vacciner dès le 26 décembre mais non, rien. "Cette vaccination est une usine à gaz (...) J'ai eu un dossier de 46 pages qui me dit comment je dois vacciner mes patients. Je suis médecin !", Didier Kleimberg ne comprend pas, ne comprend plus les décisions gouvernementales et dénonce la lourdeur administrative.

 

Sur la centaine de résidents nous souhaitions en vacciner 80

Didier Kleimberg, médecin généraliste

 

Selon le médecin, en un jour tous les résidents volontaires auraient pu être vaccinés. Mais non, tous vont devoir attendre. L'association Adèle de Glaubitz qui gère l'Ehpad en question regrette d'être "tributaire d'une date si lointaine alors que tout le monde est prêt depuis longtemps".

Selon le médecin, en un jour, la totalité des résidents volontaires auraient pu être vaccinés. Mais non, tous vont devoir attendre. "On comprend, mais on ne peut rien faire" voici la réponse qu'il a obtenu de l'ARS  "c'est Santé public France qui définit les Ehpad à vacciner dans le Haut-Rhin".  Comme à l'accoutumée "nous faisons face à l'inertie totale à la française" déplore Didier Kleimberg qui voit dans son cabinet les cas augmenter tous les jours. La logique voudrait que la vaccination s'accélère. "On nous a dit que 50.000 vaccins Moderna arrivaient cette semaine [ndlr semaine du 11 janvier 2021], nous n'en demandons que 80".

Une situation insoutenable pour ce médecin d'autant plus que la Covid-19 se diffuse à nouveau dans l’Ehpad vitesse grand V. Alors qu'il avait fermé l'unité Covid au sein de l'établissement, elle a rouvert, car 11 résidents sont malades. "Nous assistons à une flambée" assure-t-il "je voulais hospitaliser l'un de mes patients à Thann, il n'a pas été admis, car c'est complet".

Rappelons que la vaccination a démarré timidement en Alsace le 4 janvier 2021 dans huit Ehpad et unités de soins. Un autre acheminement était prévu à compter du 11 janvier 2021 afin d'alimenter les Ehpad. Un acheminement à flux tendu qui se fait attendre.

 

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