Coronavirus : avec la fermeture des frontières, les buralistes sont dévalisés

La queue devant le bureau de tabac de Seebach dans le Bas-Rhin, une image récurrente / © Pascal Schellhorn
La queue devant le bureau de tabac de Seebach dans le Bas-Rhin, une image récurrente / © Pascal Schellhorn

Il fallait s'y attendre. Les buralistes ont été dévalisés. Avec le confinement et la fermeture des frontières, plus moyen d'acheter ses cigarettes en Allemagne et les professionnels alsaciens peinent à faire face à la demande.

Par Anne-Laure Marie

"C'est la galère! Avant j'achetais mes cigarettes en Suisse vu que j'y travaille mais là avec la fermeture des frontières, il faut souvent faire plusieurs bureaux de tabac avant d'en trouver", raconte Nicolas, frontalier et habitant du Sundgau. Avec l'augmentation régulière du prix du paquet, les Alsaciens et notamment les frontaliers avaient pris l'habitude de se ravitailler hors des frontières alsaciennes. Confinement oblige, les fumeurs sont contraints de retourner chez le buraliste du coin. Qui peine à faire face à la demande.
 

Six heures d'attente pour récupérer la marchandise

"Mardi dernier (le 14 avril, NDLR), je n'avais plus un seul paquet de cigarettes, plus la moindre boîte de tabac à rouler, explique Pascal Schellhorn, le gérant du tabac presse Coeur gourmand de Seebach. J'ai dû aller pour la deuxième fois en deux semaines au centre de dépannage réservé aux buralistes à la Vigie de Geispolsheim. Je suis arrivé à 8 heures, il y avait déjà 50 personnes devant moi, j'ai dû attendre six heures et donc en attendant j'ai fermé boutique vu que je n'avais plus rien à vendre". Le Coeur gourmand est désormais réapprovisionné et devrait pouvoir tenir d'ici la prochaine livraison la semaine prochaine, une bonne nouvelle pour les fumeurs du secteur et pour le chiffre d'affaires de Pascal Schellhorn.
 

Une situation disparate

"Il existe deux centres de dépannages en Alsace, à Geispolsheim donc pour le Bas-Rhin et dans la région de Mulhouse pour le Haut-Rhin. J'ai des retours qui me disent que certains buralistes font le pied de grue toute la nuit pour être certains d'être achalandés. Parce qu'en réalité c'est toute la chaîne de distribution qui est compliquée. Davantage de clients avec la fermeture des frontières, mais aussi plus de difficultés à être livré, les transports sont touchés", ajoute Thierry Lefebvre, président de la chambre syndicale des buralistes du Haut-Rhin. Sans compter que la situation des buralistes est disparate en fonction de la situation géographique. Moi, qui suis au centre-ville de Colmar, je subis une baisse de mon chiffre d'affaires de 60 à 70%, le centre est déserté, mes deux salariés sont au chômage partiel et je me demande si je ne vais pas devoir fermer boutique", soupire résigné Thierry Lefebvre.

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