Massif des Vosges : ils recherchent les stations de ski abandonnées pour pouvoir un jour les démonter

Pendant une semaine, jusqu'au 24 juin, l'association Mountain Wildernessles recense les aménagements abandonnés du massif vosgien. À terme, l'objectif est de débarrasser le paysage de ces verrues et de recycler les matériaux récupérés. D'après le dernier comptage remontant à 2009, six sites sont concernés, correspondant tous à d'anciennes stations de ski.

Une semaine pour arpenter le massif vosgien et inventorier toutes les installations obsolètes qui souillent le paysage, c'est la mission de Thierry Jeandel, bénévole de l'association Mountain Wilderness. Jusqu'au lundi 24 juin, cet accompagnateur de montagne va parcourir pas moins de 175 kilomètres à pied pour traquer la moindre trace d'équipements laissés à l'abandon.

En France, il en existe de nombreux, qu'ils soient à vocation touristique, agricole ou même militaire. Six sites ont été répertoriés en Alsace et le nord de la Franche-Comté d'après le dernier comptage datant d'une quinzaine d'années. Répartis du nord au sud du massif, depuis le col du Donon dans le Bas-Rhin jusqu'à Belfahy en Haute-Saône, ce sont tous d'anciennes stations de ski. 

Un travail exhaustif 

Le travail va donc consister en une remise à jour dans un premier temps. Pour ce faire, pendant huit jours, Thierry Jaendel va prendre en photo et géolocaliser chaque vestige à l'aide d'une application de randonnée. Ils seront reportés plus tard de manière précise sur la carte.

Structures abandonnées, cabanons, pylônes, câbles et barbelés, rien ne doit échapper à son travail d'inventaire. Toutes ces traces du passé sont le souvenir d'une époque pour les uns, mais représente un danger potentiel pour les autres. Comme ce téléski au col du Donon, inutilisé depuis plus de 40 ans, aujourd'hui enfoui sous la végétation. La priorité ici n'est pas la pollution visuelle, fait remarquer Thierry Jaendel. "Par contre, il est en train de rouiller, des éléments pourraient tomber. Le câble est à moitié enterré, ce qui est dangereux parce qu'on peut se mettre les pieds dedans". 

Plus loin, sur son chemin, c'est une cabane de moniteurs qui attire son attention. À l’intérieur, tout est resté en l'état, comme si ses occupants étaient partis hier. "Les vieux skis d'époque sont encore là, la boîte de secours aussi. Je pense que c'est ici qu'ils vendaient les tickets ou qu'ils louaient du matériel".

Pendant son périple, Thierry Jaendel ira à la rencontre des acteurs locaux pour discuter du sort des installations obsolètes qu'il aura répertoriés. Il mènera également une action de sensibilisation auprès du public vosgien. Aujourd'hui, c'est un groupe de touristes attablés à la table d'une auberge avec qui il engage la discussion à propos de ces équipements laissés à l'abandon. "On ne les voit pas toujours, mais s'ils ne servent à rien, pourquoi les laisser", fait justement remarquer l'un d'eux. 

Démanteler les installations obsolètes à l'avenir

Après le recensement, l'objectif est de pouvoir un jour démonter ces aménagements datant d'une époque révolue. Son association, Mountain Wilderness, propose ses services, c'est ensuite aux acteurs locaux d'y répondre. Ce fut le cas en 2017 au sommet du Grand Ballon. Un chantier de démantèlement d'installations obsolètes avait permis d'évacuer les restes d'une piste de luge d'été en collaboration avec le Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Toutes les autorisations avaient été obtenues ce qui est loin d'être toujours le cas. "Le plus compliqué est d'identifier le propriétaire des installations. Cela fait l'objet de recherches puis de propositions pour le démantèlement. Nous, on dit : on sait faire, on peut faire."

Dans le massif vosgien, le chemin est encore long avant de voir disparaître du paysage toutes ces verrues. Il n'existe de disposition prévoyant le démontage d'installations obsolètes que dans le cas des remontées mécaniques installées depuis 2016. L'autorisation administrative de leur construction s'accompagne désormais d'une obligation de démontage en fin d'exploitation. Pour les vestiges remontant à une époque antérieure, l'association ne peut que mener des actions pour responsabiliser les propriétaires. 

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