Meurtre de Schweighouse-sur-Moder : la jeune femme assassinée détenait un “téléphone grave danger”

Le dispositif "téléphone grave danger" / © Anne-Cécile Juillet / MaxPPP
Le dispositif "téléphone grave danger" / © Anne-Cécile Juillet / MaxPPP

Les gendarmes sont arrivés très vite, sept minutes après l'appel lancés par Laëtitia Schmitt ce lundi matin depuis son "téléphone grave danger". Mais cela n'a pas suffi à lui sauver la vie. La jeune femme de 36 ans est morte sous les coups de couteau de son ex compagnon.

Par Anne-Laure Marie

Laëtitia Schmitt se savait menacée. Habitante de Schweighouse-sur-Moder avec ses deux enfants, elle était en instance de divorce. Un divorce houleux, à tel point qu'en décembre 2017, une ordonnance de protection est délivrée à la jeune femme en raison de pressions psychologiques et de chantage au suicide, elle est désormais équipée d'un dispositif téléphone grave danger.
Et puis en mars 2018, son ex-compagnon, Julien Griffon est condamné à un an de prison avec sursis pour des violences commises entre juin et octobre 2017 sur Laëtitia. Il n'a plus le droit de l'approcher. 

Rapidité des secours

Mais ce lundi matin, le 25 juin, Julien Griffon enfreint ses obligations, quitte son domicile de la région d'Obernai, et se rend devant le pavillon de son ex compagne. Il est aux environs de 10 heures. Un voisin entend des cris et alerte les forces de l'ordre, dans le même temps, Laëtitia Schmitt de son côté enclenche son téléphone grave danger à 10h10. Lorsque l'opérateur décroche, la jeune femme ne répond pas, du coup l'opérateur appelle aussi les secours qui arrivent à 10h17 mais il est déjà trop tard, la mère de famille est poignardée par Julien Griffon qui prend la fuite. 

Chasse à l'homme

L'homme est alors pris en chasse, la gendarmerie de Haguenau lance un avis de recherche. Et dans la nuit de mercredi à jeudi, son corps est retrouvé au niveau de la gare d'Ebersheim, il s'est donné la mort en se jetant sous un train. 

Un dispositif efficace

Pas question pour autant de remettre en cause un dispositif qui a fait ses preuves par ailleurs. L'association Viaduq 67, d'aide aux victimes, confirme l'efficacité de ce téléphone, mais reconnaît "que le risque 0 n'existe pas." 543 femmes en France disposent d'un "téléphone grave danger" dont 15 dans le Bas-Rhin.

Le "Téléphone grave danger"

Quand 20% des homicides surviennent dans un contexte conjugual, on se dit au niveau des autorités qu'il faut faire quelque chose. Nous sommes en 2009 et le procureur général Patrick Poirret, alors en poste au tribunal de grande instance de Bobigny, puis procureur à Strasbourg, et en lien avec l'Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis élabore un dispositif pour limiter les risques encourus par les femmes violentées. Le téléphone grave danger naît en 2009 et est déployé à titre expérimental dans 13 départements dont le Bas-Rhin. Devant le succès de ce dispositif, Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, le généralise au niveau national en 2014.

Quel est ce dispositif?

Il s'agit d'un téléphone disposant d'une touche dédiée qui met directement en lien la victime à un service de téléassistance accessible non stop. L'opérateur évalue la situation et envoie les secours en fonction. Si la personne ne répond pas, les secours sont automatiquement envoyés.
 

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