Patrimoine : deux nouvelles cloches pour l'église de Schleithal

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Écrit par Muriel Kaiser

Rund um. La coulée de deux cloches a créé l'événement à Schleithal, dans le Bas-Rhin. Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister à la naissance des cloches, faites sur place.

L'église de Schleithal se parera bientôt de deux nouvelles cloches. Actuellement, le clocher en compte quatre. L'une d'entre elles sera remplacée. "Sainte-Marie présente une fissure. Conséquence : le son est altéré, métallique, un peu comme lorsque l'on entrechoque deux casseroles" explique Michaël Fontebasso, président du Conseil de fabrique de Schleithal. La collecte de fonds a rencontré un si grand succès -  au total, 65.000€ ont été récoltés - qu'une deuxième cloche prendra place. Cette fois, il s'agit d'une petite de 180 kg avec la sonorité mi bémol. Elle servira principalement pour les baptêmes.

Ces deux cloches ont été fabriquées lors du week-end des 14 et 15 mai. Un événement qui a fédéré énormément de personnes dans le village - 700 au total. Pour l'occasion, des Alsaciens se sont déplacés de toute la région. "On a vu l'événement et on s'est dit que c'était une excellente idée de sortie. Nous venons de Colmar, passons la nuit à Hunspach et revenons demain pour le démoulage. C'est une superbe ambiance, on est une bonne bande d'amis, on mange des tartes flambées, boit de la bière... c'est parfait", témoigne Jean-Louis Fuchs.

Pour tous, le moment est unique et devient même solennel lorsque l'abbé Johan-Mario Begliuomini prend la parole pour la bénédiction de la coulée. La foule est silencieuse, attentive. Ensuite, l'équipe de l'entreprise Voegele prend le relais et commence à manipuler le métal chauffé à 1200 °C. "Pour réaliser une cloche, il faut d'abord fabriquer un moule, fait en argile. Ensuite, on enterre le moule. Une fois le métal à la bonne température, on fait couler le métal dans le moule", explique André Voegele, ancien dirigeant de l'entreprise. Et pour que cela se fasse sans encombre, l'équipe est extrêmement concentrée. A commencer par la préparation. "Ils nettoient rigoureusement les rigoles afin qu'aucune poussière ni saleté ne se mélange au métal", poursuit-il. Pour un son optimal, le bronze de cloche est constitué à 78% de cuivre et à 22% d'étain.

Lors de la deuxième coulée - il s'agit de la grande cloche de 650 kg - le public est encore plus impressionné. La coulée se fait de nuit, seul le rouge flamboyant du métal vient transcender l'obscurité. Un spectacle magnifique. "Ce n'est pas tous les jours que l'on voit une cloche fabriquée sous nos yeux, dans le village", déclare Nathan, 12 ans. "C'est incroyable. Dans des siècles, les gens pourront encore en parler, voir les photos de la fabrication, c'est merveilleux", ajoute sa maman, Isabelle Weber. 

Le lendemain, dimanche après-midi, le suspense touche à sa fin. Après plusieurs heures de solidification, Saint-Barthélémy et Notre-Dame-de-l'espérance-en-son-cœur-immaculée sortent de terre. Et une fois leur moule ouvert, une réaction se fait entendre : "waouh !". Les deux cloches laissent découvrir des détails qui fascinent le public. Rapidement, le son de la première cloche est testé une première fois. "Ensuite, nous analyserons précisément le son dans notre atelier. A priori, tout va bien", assure Grégory Schneider, technicien campanaire.

Les habitants se réjouissent. "Elles sont vraiment belles. La petite est magnifique, la grande le sera aussi une fois nettoyée. C'est un vrai événement pour notre village. On a hâte de les entendre maintenant, du haut de leur clocher !" dit Damien Obernesser, enthousiaste. Ils n'auront plus à patienter longtemps. Le 3 juillet, les cloches retentiront pour la première fois. Avant des siècles où elles sonneront pour Schleithal.