Que vient faire Emmanuel Macron à Strasbourg ce vendredi ?

Le président de la République est attendu aujourd’hui en fin de matinée en Alsace afin de signer le quinzième contrat triennal "Strasbourg capitale européenne". Un contrat essentiel pour maintenir et développer le statut européen de la ville.

Emmanuel Macron devrait arriver en fin de matinée, ce vendredi 26 avril, dans la capitale alsacienne. Objectif de cette visite : la signature en grande pompe du contrat triennal "Strasbourg capitale alsacienne". Le chef de l’Etat est attendu à l’école européenne vers 11h. Après la signature du contrat prévue aux alentours de 13h, il devrait rencontrer la présidente du Parlement européen Roberta Metsola. Une façon de réaffirmer l’importance de Strasbourg pour l’Europe.

Presque 300 millions d’euros

C’est le quinzième contrat triennal à être signé. Mais c’est l’un des plus importants sur le plan financier : 296 millions d’euros pour la période 2024-2026. Le premier date de 1980. Les signataires: l’Etat français, bien sûr, qui y participe à hauteur de 32%, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg (26,9%), la Collectivité européenne d’Alsace (7,6%) et la Région Grand Est (12%). Des financements croisés qui ont pour but de soutenir le statut européen de Strasbourg.

"Il s’agit d’aider Strasbourg à se positionner en tant que capitale européenne, explique Cédric Pellen, maître de conférence en sciences politiques à l’Université de Strasbourg. Ce contrat a vocation à stabiliser le Parlement européen, le Conseil de l’Europe mais aussi la Cour européenne des droits de l’Homme dans la capitale alsacienne. Il s’agit aussi de renforcer le poids du parlement européen par rapport à Bruxelles. A partir du moment où les eurodéputés ont été élus au suffrage universel direct, en 1979, Bruxelles a pris de l’importance. C’est là-bas que sont basés la commission européenne et le conseil de l’Union européenne. Il faut donc maintenir l'ancrage européen de Strasbourg dans une ville où les eurodéputés ne sont pas là toute l'année."

Pendant les années quatre vingt-dix, le débat a fait rage autour de la place de Strasbourg. Certains ont demandé le rapatriement de toutes les institutions européennes à Bruxelles. Il a fallu défendre la capitale alsacienne. Le contrat triennal fait partie des armes utilisées pour maintenir Strasbourg à cette place, et même développer son rôle. Le contrat concernant les années 2006-2008 avait d’ailleurs battu tous les records, puisqu’il totalisait 362 millions d’argent public.

Réaffirmer son soutien à Strasbourg

Le contrat triennal signé aujourd’hui par Emmanuel Macron n’en demeure pas moins l’un des plus lourds sur le plan financier. Il inclut le financement de l’immeuble Osmose (65 millions d’euros), un bâtiment construit à côté du Parlement, loué par ce dernier. Cet engagement est porté par deux axes majeurs : l’accessibilité de la ville ainsi que son rayonnement. En clair : l’Etat ne ménage pas ses efforts pour réaffirmer son soutien à Strasbourg.

Côté accessibilité donc : le financement de plusieurs études concernant la nouvelle liaison ferroviaire de l’Euroairport, la baisse de certaines taxes aéroportuaires à l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, le projet d’une liaison directe entre la gare de Strasbourg et les institutions européennes.

Côté attractivité, le champ est vaste. Trois fonds de soutien sont renouvelés : le premier concerne les actions culturelles, le second la démocratie et le troisième la recherche et l’innovation. Parmi les projets retenus : des financements pour la rénovation de l’Opéra du Rhin, le palais des fêtes et des études concernant le Palais Rohan.

"Ce contrat permet aussi aux collectivités locales de financer certains projets qui ne sont pas directement liés à l’Europe en tant que telle, mais qui participent au rayonnement de la ville, ce qui est fondamental, insiste Cédric Pellen. C’est une façon d’agir plus large, plus symbolique. Cette ville ne vit pas que quatre jours par mois à travers les sessions plénières du Parlement européen. Et c’est en développant tout ça que l’on pérennise aussi l’ancrage européen de Strasbourg. Certes, le travail préparatoire des eurodéputés se fait à Bruxelles. Mais les lois sont votées ici. Le Parlement européen a un rôle majeur."

Une place qui doit être défendue et rappelée. D’autant que les institutions européennes représentent un poids économique conséquent pour Strasbourg. Les sessions du Parlement européen, ce sont plus de cent mille nuitées d’hôtel par an et 3 500 personnes supplémentaires dans la capitale alsacienne à chaque fois pendant quatre jours. Une aubaine pour le commerce local.

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