Altkirch : La peur des sorcières dans le Sundgau racontée à travers une exposition au musée sundgauvien

En Alsace, les sorcières et les diables ont fait peur à la population du XVe au XVIIe siècle, notamment dans le Sundgau. Les habitants accumulaient toutes sortes d'objets pour se protéger. Certains d'entre eux, collectionnés par Raymond Heidinger, sont exposés au musée sundgauvien, à Altkirch.

Raymond Heidinger est passionné par toutes les croyances autour des sorcières, même s'il aime rappeler que "les sorcières, ça n'existe pas. C'est une invention pure et simple de l'Eglise". Une façon de trouver un coupable idéal aux catastrophes et épidémies qui survenaient, explique-t-il, et que "le Bon Dieu" n'avait pas su empêcher.

Toujours est-il que sorcières et diables inquiétaient beaucoup les Alsaciens. Du XV au XVIIe siècle, des milliers de femmes ont été torturées et tuées, souvent brûlées vives en Alsace : leur tort, être des "sorcières". Les habitants avaient recours à de nombreux rites et utilisaient des objets en tous genres pour se protéger du Mal. Raymond Heidinger en a rassemblés plusieurs milliers en faisant des marchés aux puces chaque dimanche depuis 25 ans.

Il expose une partie de sa collection au musée sundgauvien, à Altkirch, jusque fin septembre. Elle a déjà attiré de nombreux visiteurs car dans ce coin d'Alsace, la croyance aux sorcières était particulièrement forte. "Pour aller de Mulhouse au Sundgau, il n’y avait qu’un seul chemin possible. Cela explique qu’en 1945, il n’y avait que trois médecins dans tout le Sundgau. Donc quand quelqu’un était malade, ils allaient chez des guérisseuses qui soignaient avec du thé et que l’on prenait aussi pour des sorcières", détaille Raymond Heidinger. 
 

Des cœurs dans les volets pour faire fuir le diable

Il raconte que les cœurs découpés dans les volets de nombreuses maisons alsaciennes servaient à repousser le diable car le cœur représente l'amour et la protection, ou encore que sa grand-mère se signait dès qu'elle croisait un chat noir car c'était selon elle une sorcière transformée en chat qui se rendait au sabbat. Elle lui parlait aussi de l'histoire des enfants possédés d'Illfurth, heureusement libérés par la Vierge Marie : une statue rappelle d'ailleurs cet épisode dans le village, comme d'autres panneaux ou monuments ailleurs dans le Sundgau.

De nombreux objets insolites sont exposés au musée sundgauvien. Certains sont mêmes très rares, comme le Geistlicher Schild (bouclier spirituel en français) renfermant selon la légende toutes les horribles recettes des sorcières ou encore le Malleus Maleficarum, un livre dont s'inspiraient les juges pour torturer les femmes. L'Eglise a ordonné la destruction de l'ouvrage, seuls quelques-uns ont survécu. 

Ce qui attire le plus l'œil des visiteurs, ce sont les chats (et un chien) momifiés. Les habitants les enterraient vivants sous le plancher de leur maison : "Le chat était considéré comme une sorcière, donc il fallait en enterrer un vivant sous le plancher pour que les sorcières l’entendent hurler, comprennent qu’un chat est mort à cet endroit et qu’elles ne s’approchent pas de la maison."

Des visites guidées sont organisées régulièrement le dimanche : Raymond Heidinger aime dévoiler encore et encore toutes ces anecdotes.
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