Affaire Estelle Mouzin : Monique Olivier dit avoir été présente au moment d'enterrer le corps

L'ex-épouse de Michel Fourniret aurait révélé avoir participé à transporter le corps de la fillette dans les Ardennes, aux côtés du tueur en série dans un secteur plus précis, boisé et escarpé.

Les fouilles ont repris ce mardi 6 avril près de Rumel, pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin
Les fouilles ont repris ce mardi 6 avril près de Rumel, pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin © Sandra Julien, FTV

Il s'agit de la cinquième période de fouilles. Et même si le corps d'Estelle Mouzin n'a pas été retrouvé lors de cette énième journée de recherches, jamais la vérité n'a semblé aussi proche. Les fouilles pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin avaient repris ce mardi 6 avril dans les Ardennes vers 10h30.

Les recherches se sont concentrées dans un bois près de Rumel. La journée avait commencé avec de nombreux espoirs. L'ex-femme de Michel Fourniret avait ces derniers jours communiqué des informations qu'elle n'avait jusque-là jamais livrées aux enquêteurs. "Elle affirme avoir été présente quand le corps d’Estelle a été enterré et aurait reconnu un rôle dans la séquestration de la fillette", selon l'avocat du père de la victime, Maître Didier Seban. Une piste inédite s'ouvrait donc.

 

Des fouilles avec la juge mais sans Monique Olivier

Un cortège d'une dizaine de véhicules s'est rendu sur le site, précisement au bois de la Roche, ont constaté les journalistes de France 3 Champagne-Ardenne. A bord des nombreuses voitures se trouvaient des gendarmes, des techniciens, des enquêteurs, l’archéologue de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Mais aussi Sabine Khéris, la juge qui a réussi à mettre en place une relation de confiance pour faire parler Monique Olivier. L'ex-épouse de Fourniret, elle, n'était pas présente ce jour. Michel Fourniret, dont l'état de santé est très dégradé non plus. 

C'est donc dans une zone resserrée que les fouilles ont été effectuées sur les hauteurs du village d'Issancourt-Rumel. Une zone boisée, mais aussi escarpée qui complique les recherches. "Elles sont prévues pour quatre jours, selon une source proche de l'enquête, et demain, Monique Olivier devrait être présente." Ce qui donne une résonnance particulière à cette journée. Car "Monique Olivier a donné des précisions sur le lieu où Estelle aurait été enterrée", indique maître Seban. Selon plusieurs médias, Monique Olivier affirme même qu’elle était présente quand le corps de la jeune fille a été enseveli. 

 

De nouvelles pistes 

Désormais, rien ne sera comme avant. Monique Olivier, l’ex-épouse de Michel Fourniret, a reconnu un rôle dans la séquestration d’Estelle Mouzin, selon franceinfo qui rapporte des informations recueillies auprès de Didier Seban, l’un des avocats d’Éric Mouzin, le père de la fillette. "Elle n’était pas en Seine-et-Marne [département où l'enfant a été enlevée] mais était présente au moment où Estelle était dans les Ardennes, vivante", a précisé Maître Seban. "Ce sont des déclarations qu’elle n’avait pas faites jusque-là et que Michel Fourniret n’avait pas faites non plus". 

"C’est la première fois qu'au lieu de dire 'j'ai été au courant', elle dit 'j'étais là' et je crois que c'est un tournant dans l'enquête", a réagi l’avocat qui garde l’espoir de retrouver le corps d’Estelle Mouzin. "Elle a donné des indications. On va chercher. On espère que cette fois-ci, ça sera la bonne et qu'on trouvera le corps d’Estelle", a-t-il poursuivi.

 

Monique Olivier présente sans doute mercredi 

Monique Olivier a fait ces déclarations à la juge d’instruction Sabine Kheris en fin de semaine dernière, en marge des fouilles. Absente mardi 6 avril, elle sera présente lors des recherches de cette fin de semaine. Peut-être pourra-t-elle donner des indications encore plus précises. "Il y a de l'espoir, insiste Me Seban. C'est un combat de 17 ans".

Selon le journal 20 minutes, contrairement à la semaine passée, les enquêteurs doivent bénéficier des renforts des militaires du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban (Tarn-et-Garonne). Spécialisés dans la recherche des charniers lors des opérations extérieures, ils pourraient fournir de précieux renseignements sur les endroits visés.

Michel Fourniret a été mis en examen dans cette affaire en novembre 2019 pour "enlèvement et séquestration suivis de mort". Maître Didier Seban regrette "le temps perdu par la justice". Mais l’avocat a fait savoir qu’il se rendrait sur place cette semaine.

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