Affaire Fourniret/Mouzin : les fouilles de la dernière chance dans les Ardennes en présence de Monique Olivier

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Écrit par Marc Schmitt

De nouvelles fouilles, prévues pour durer une semaine, débutent ce lundi 30 août à Issancourt-et-Rumel (Ardennes) pour tenter une énième fois de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin.

Trois mois après la mort de Michel Fourniret, à l'âge de 79 ans, une sixième fois en un an et demi, les enquêteurs sont de retour dans les Ardennes pour tenter de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin. La fillette, âgée de neuf ans, avait disparu le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne. L'Ogre des Ardennes avait avoué son meurtre, en mars 2020.

Comme en juin et en mars/avril 2021, c'est dans la commune d'Issancourt-et-Rumel, où 2,5 hectares ont été déboisés, que devraient se concentrer ces recherches qui pourraient bien être les dernières. Un lieu qui se situe à moins de 4 km de Ville-sur-Lumes, dans une ancienne demeure familiale où, selon son ex-épouse Monique Olivier, Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle Mouzin. 

Tous les espoirs reposent désormais sur les indications de l'ex-complice du tueur en série, âgée de 72 ans et qui sera présente sur les lieux cette semaine. Incarcérée à Fleury-Mérogis, elle y purge une condamnation à perpétuité assortie de vingt-huit ans de sûreté pour "complicité" dans quatre meurtres. En mars 2021, lors d'un nouvel interrogatoire mené par la juge d'instruction Sabine Khéris, Monique Olivier a reconnu avoir joué un rôle dans la séquestration de la fillette. Elle a alors donné des informations inédites qui ont orienté les enquêteurs vers un morceau de forêt où elle dit avoir attendu au bout d'un chemin pendant un quart d'heure, dans leur camionnette blanche, que Michel Fourniret enterre le corps de la petite fille. 

Désormais complètement libérée du poids du tueur en série, pourra-t-elle ou voudra-t-elle aller plus loin ?

 

Un couple meurtrier

Monique Olivier a débuté sa relation avec Michel Fourniret par correspondance en 1987, en répondant à une petite annonce de celui qui purgeait alors une peine de prison pour plusieurs agressions sexuelles. Agée de 38 ans, divorcée, mère de deux enfants, à cette époque, elle se sent seule et va trouver du réconfort dans sa relation épistolaire avec l'Ogre des Ardennes. Avant de s'installer avec lui à sa sortie de prison la même année.

Une relation basée sur un pacte criminel. Elle promet de lui obéir et de l'aider à piéger ses victimes, lui de l'aider à tuer son ex-mari. Un pacte qui se retournera contre Fourniret. En 2004, Monique Olivier craque après plus d'une centaine d'interrogatoires et une année d'incarcération. Elle finit par avouer les crimes de l'Ogre des Ardennes.


Dans l'affaire Estelle Mouzin, c'est également elle qui a détruit l'alibi permettant à Michel Fourniret de ne pas être inquiété pendant des années. Celui-ci prétendait en effet être présent au domicile du couple, à Sart-Custine (Belgique), distant de plus de 200 kilomètres de Guermantes, ce 9 janvier 2003. La preuve : un appel qu'il avait tenté de passer à l'un de ses fils à 20h08. Mais en novembre 2019, Monique Olivier avoue que c'est elle qui a passé ce coup de fil, sur ordre de Michel Fourniret, et que celui-ci n'était pas présent au domicile ce soir-là.

Des révélations lâchées année après année à un rythme très lent. Alors faut-il encore s'attendre à un nouveau coup de théâtre dans cette affaire ?