Affaire Estelle Mouzin : dans les Ardennes, de nouvelles fouilles cette semaine en présence de Monique Olivier

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Écrit par Marc Schmitt
Entre mars et avril 2021, une partie de la zone proche d'Issancourt-et-Rumel avait été déboisée.
Entre mars et avril 2021, une partie de la zone proche d'Issancourt-et-Rumel avait été déboisée. © Daniel Samulczyk/France Télévisions

Un peu plus d'un mois après la mort du tueur en série, Michel Fourniret, une nouvelle série de fouilles a débuté ce mardi 15 juin 2021 à Issancourt-et-Rumel (Ardennes), pour tenter de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin, disparue en 2003.

Un mois après le décès de Michel Fourniret, lundi 10 mai à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, une nouvelle série de fouilles a commencé, mardi 15 juin 2021, à Issancourt-et-Rumel (Ardennes) pour tenter de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin, disparue le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne. Michel Fourniret avait avoué, le 7 mars 2020, avoir tué Estelle Mouzin, âgée de neuf ans. Une zone déjà travaillée en mars-avril 2021.
 

"Des indications complémentaires"

Mardi 15 juin, dans l'après-midi. Monique Olivier, l'ex-femme du tueur en série, est arrivée peu après 14h, dans une Peugeot 5008 grise, suivie de l’identification criminelle et d'un camion blanc sans inscription. Mais rien de significatif après cette première journée. "Il y a eu des indications complémentaires de Monique Olivier qui ont été vérifiées. Elle apporte des précisions, elle répond aux questions, elle essaye d'aider, de retrouver le scénario mais c'est compliqué 20 ans après. Ces précisions ont leur importance et justifient que la justice vérifie", indique Corinne Herrmann, l'avocate d'Eric Mouzin, le père d'Estelle, présente sur place ce mardi. Aucun engin de chantier n'est présent sur place.

 

Lundi 14 juin, les gendarmes étaient déjà présents pour quadriller la zone, dans le village d'Issancourt-et-Rumel. Gendarmes et militaires ont arpenté la zone avec des bâtons du côté d'un ruisseau et d'une zone non déboisée. Une reconnaissance du terrain, de nuit, a également eu lieu, en présence de Monique Olivier, pour tenter de raviver ses souvenirs en la mettant le plus possible dans les conditions de cette funeste nuit de 2003.
 

 

Cinquième série de fouilles en un an

La mort de l'"Ogre des Ardennes" ne semble donc pas freiner la détermination de la juge Sabine Khéris dans cette affaire. En un an, c'est la cinquième fois que des fouilles sont entreprises. En juin et octobre 2020, elles avaient été menées en présence de Michel Fourniret, 78 ans, et de Monique Olivier sur une multitude de lieux dans les Ardennes, le septuagénaire, muni d'une carte, pointant plusieurs endroits aux enquêteurs, mais sans succès.

En décembre 2020, c'est au château du Sautou, ancienne demeure du couple, que les recherches se concentrent, déjà sans Michel Fourniret. Quelques jours plus tôt, il a été retrouvé au sol après avoir fait un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes et conduit au service de réanimation du centre hospitalier Henri Mondor de Créteil. 


Des révélations fracassantes

La dernière série de fouilles en date, en mars-avril 2021, ne repose d'ailleurs plus que sur les indications de Monique Olivier, Michel Fourniret n'étant plus en mesure de répondre. Et ses révélations sont pour le moins fracassantes, remettant encore un peu plus la lumière sur cette affaire. Elle révèle avoir participé au transport du corps de la fillette dans les Ardennes, aux côtés du tueur en série dans un secteur plus précis, boisé et escarpé, dans les environs du village d'Issancourt-et-Rumel. Mais après près d'un mois de recherches et le déboisement du secteur, rien ne sera trouvé.

C'est dans cette zone que les recherches vont reprendre en ce mois de juin 2021, en présence de Monique Olivier, déjà mise en examen "pour complicité" dans cette affaire.

 

"Elle a tout dit, confirmait son avocat, Richard Delgenes, en avril 2021. Elle était présente dans la maison" quand l'ogre des Ardennes a ramené la fillette dans une maison héritée de la sœur du tueur à Ville-sur-Lumes, un village situé à 4 kilomètres d’Issancourt-et-Rumel. "Elle l'a gardée. Puis Michel Fourniret a fait ce qu'il faisait toujours" (séquestrer, violer et étrangler). 

Dans la nuit, Monique Olivier et Michel Fourniret ont pris la voiture. C'est lui qui conduisait. "Ils ont emmené le corps d'Estelle dans ce bois, qui est actuellement fouillé, rapportait Richard Delgenes. Elle l'a attendu dans la voiture à l'entrée du chemin. Il est parti 15 minutes."

Reste maintenant à savoir si Monique Olivier continuera d'aider les enquêteurs, sachant qu'elle est désormais sûre, depuis la mort de Michel Fourniret, de se retrouver seule dans le box des accusés.

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