Ardennes : de plus en plus de cadavres d’animaux sur les tapis de tri des déchets, "des erreurs de tri intolérables"

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Écrit par Eric Normand

Dans les Ardennes, le syndicat de traitement des déchets met en lumière les erreurs de tri avec lesquelles les agents du centre de Valodea doivent composer hélas régulièrement. En début de semaine, c'est une tête de chevreuil qui a défilé sur le tapis de tri. 

Les Ardennes sont une terre de chasse. Mais ce n'est pas une raison ! Régulièrement, les agents du tri à Charleville-Mézières font d'horribles face-à-face. Mardi 9 février, c'est une tête de chevreuil qui est apparue sous leurs yeux.  

Ce n'est malheureusement pas une exception. Les personnes travaillant chez Valodea sur les chaînes de tri alimentées par le contenu des poubelles à couvercles jaunes voient défiler des cadavres d’animaux, de la chasse et même de la basse-cour. Depuis le début du mois de juillet, cela est arrivé une vingtaine de fois. 19 fois précisément depuis le 2 janvier 2021. 

"Mais on ne s'habitue pas, la coupe est pleine" explique Jérome Castello, le directeur des services. Il faut avoir le coeur bien accroché. "Et l'odeur est immonde, c'est intolérable de voir sur nos tapis les cadavres d'animaux."  Le directeur du site et son président Francis Signoret, le maire de Grandpré, sont le moins que l'on puisse dire "en rogne".

 

C'est de l'irrespect total pour tous nos employés. J'utilise toujours cette image : imaginez que l'on renverse sur votre bureau de travail ce genre d'immondices. 

Jérome Castello, directeur Valodea

 

Entre les bouteilles en plastique, les boîtes de conserve, les pots de yaourt ou les briques de jus de fruits, les têtes de chevreuil n'ont rien à faire là. "On ne connaît pas la provenance des déchets, mais c'est tellement choquant qu'on a décidé de sensibiliser la population, via une campagne de communication." Valodea n'hésite plus à rendre public les photos de cadavres. "Il faut un électrochoc". 

Cela peut être des morceaux de sangliers avariés en période de chasse, mais aussi des volailles ou des petits animaux domestiques. "On voit de tout. La liste est malheureusement trop longue : des lapins, du gibier, des piegeons mais aussi des pierres, des bûches, des lits, des poussettes. Tout cela n'a rien à faire là !" 

 

Des conséquences économiques

Au-delà du choc que cela représente, les conséquences sont nombreuses pour l'entreprise. "Il faut arrêter la chaine de tri. Du coup, cela a un coût, c'est du temps de perdu et même des heures supplémentaires à payer." 

 

Un trop grand nombre de déchets indésirables envahissent quotidiennement le tapis du centre de tri, allant parfois jusqu’à mettre en danger la santé des agents.

Jérome Castello, directeur Valodea

 

Valodea exploite les déchets des 280.000 habitants des Ardennes. Les 18 personnes en cabines trient 17.000 tonnes de déchets par an, soit en moyenne 1.500 par mois. 

 

Que faut-il faire ?

Evidemment, on ne laisse pas un cadavre à l'air libre. Les dépouilles doivent être placées dans un sac fermé hermétiquement. Et il faut suivre la filière sanitaire et l'emmener au centre d'équarissage. 

Les cadavres d’animaux ne doivent en aucun cas défiler sur la chaîne de tri. Une erreur qui relève de l’incivilité car un animal ne se recycle pas !