Déconfinement : reprise des gros travaux pour la maison, les magasins de bricolage font le plein dans les Ardennes

Avec la réouverture progressive des magasins de matériaux et de bricolage, les chantiers redémarrent dans les maisons, c'est la ruée dans les rayons spécialisés / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Avec la réouverture progressive des magasins de matériaux et de bricolage, les chantiers redémarrent dans les maisons, c'est la ruée dans les rayons spécialisés / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

Les grandes enseignes de bricolage et de matériaux pour la maison accueillent de nouveau du public depuis le déconfinement du 11 mai dernier. Les gros travaux en attente depuis deux mois reprennent dans les habitations.  

Par Daniel Samulczyk

La nouvelle était tombée tel un couperet le 16 mars dernier pour les grandes enseignes de bricolage. Comme elles, en France, des milliers de magasins fermaient leurs portes au public le temps d'un confinement inédit. Après quelques aménagements pratiques, en pleine crise sanitaire, des achats limités en drive redevenaient possibles huits jours plus tard, mais pour la vente de matériaux de première nécessité uniquement.
Pour autant, les bricoleurs étaient dans l'attente, les gros travaux de la maison stoppés net, les rayons des magasins désertés par les clients. 

Attention travaux !

Les bricoleurs du dimanche vont certainement garder en mémoire la date du 11 mai, désormais, comme le jour de la réouverture de leurs magasins préférés.
 

Certes, c'est la file d'attente devant la porte du temple de la rénovation, mais les fidèles sont revenus, plus nombreux que jamais.


 
Les achats en magasins de bricolage sont à nouveau possibles, les bonnes idées de transformations vont enfin pouvoir se concrétiser / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Les achats en magasins de bricolage sont à nouveau possibles, les bonnes idées de transformations vont enfin pouvoir se concrétiser / © Daniel Samulczyk / France Télévisions



Ce samedi matin, Manuel Eloy, directeur de l'enseigne Leroy Merlin à Charleville-Mézières, est plutôt satisfait. Comme les 143 autres établissements de la marque dans le pays, les clients se pressent devant les rayons de matériaux, les caddys se remplissent, et son chiffre d'affaire sort enfin du coma.
Dans le grand hall d'entrée, le directeur donne ses dernières consignes. Plus d'une centaine de collaborateurs travaillent avec lui sur le site ardennais.
" On a subi un choc comme tout le monde ! "me rappelle-t-il en prenant un air grave.
" Ce qui a été frappant, dès qu’on a rouvert les premières activités comme le drive, (le retrait deux heures),c'est que les clients ont été tout de suite au rendez-vous.
Il y avait un vrai besoin, une vraie attente de nos clients. Ils avaient des dépannages d’urgence pour certains dans leur maison. Les gens avaient un peu plus de temps que d’habitude, car ils étaient en confinement à la maison, en télétravail ou en inactivité tout simplement." 



 
Les affaires reprennent pour les grandes enseignes de bricolage dans les Ardennes, Manuel Eloy, directeur de magasin s'en réjouit / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Les affaires reprennent pour les grandes enseignes de bricolage dans les Ardennes, Manuel Eloy, directeur de magasin s'en réjouit / © Daniel Samulczyk / France Télévisions


Quand on lui demande les secteurs les plus sollicités par les bricoleurs amateurs en ce moment, le directeur reprend : 

On a des univers comme la peinture par exemple, qui ont été extrêmement demandés, extrêmement sollicités. Les clients, je pense, travaillent beaucoup à la maison, et du coup, en profitent pour améliorer leur habitat. La peinture a marché très très fort, mais pas que ; il y a aussi un secteur comme la plomberie, qui a été très sollicité. les gens avaient besoin d’entretenir leur maison, de réparer pas mal de choses chez eux.
Manuel Eloy, directeur de l'enseigne Leroy Merlin à Charleville-Mézières

 

Cet été, je bricole !

La restriction des 100 km autour de son domicile, dans un premier temps, en attendant des horizons plus lointains, va peut-être changer certains projets pour les vacances d'été. La rénovation de la chambre du petit et l'agrandissement du garage pourrait devenir l'activité du mois de juillet. Une redécouverte de son sous-sol, avec sortie dans le jardin en prime.

 
Entre les tutoriels de bricolage disponibles sur internet et quelques bons conseils, les français s'improvisent décorateurs à moindre frais / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Entre les tutoriels de bricolage disponibles sur internet et quelques bons conseils, les français s'improvisent décorateurs à moindre frais / © Daniel Samulczyk / France Télévisions


Manuel Eloy conforte cette idée :
" On est sur un marché énorme qui est celui de l’habitat, c'est une valeur refuge en temps de crise. Il y a un phénomène aussi qu’on commence à constater, c’est que les gens sont encore beaucoup chez eux, ils ont du temps pour bricoler à la maison. Cela a un impact sur notre activité." 

Je pense aussi qu’il va y avoir un effet favorable du fait qu’il y aura peut-être moins d’habitants qui partiront en vacances dans les prochaines semaines. Cet été, ils profiteront d'améliorer leurs jardins et leurs maisons, d’être mieux chez eux, de s’y sentir mieux.
 Ces éléments-là nous laissent penser qu’on pourra peut-être rattraper une partie de ce qu’on a perdu, sachant qu’en étant lucide, ça sera très difficile.
Manuel Eloy, directeur d'une enseigne de bricolage dans les Ardennes

 

Le chant de la perceuse

Au rayon menuiserie du magasin, Marielle et son fils Sébastien se battent avec une porte de deux mètres qui ne rentre pas sur le plateau du chariot.
Ils ont fait plus de 40 km depuis le Vouzinois, (la région de Vouziers) dans les Ardennes, pour refaire le plein de matériels et d'accessoires.
Ils attendaient avec impatience la fin du confinement pour reprendre leurs gros travaux.
" Il n'y a pas beaucoup de magasins pour le matériel dans ma région ! " me rappelle Marielle, la maman bricoleuse de la famille.
" On avait prévu de faire les travaux, mais on n'avait pas tout l'équipement. On a abattu une cloison, mais pour les plaques de plâtre et pour les rails de fixation, on est obligé de se déplacer au magasin pour se fournir, car jusqu'à maintenant, ils ne servaient que les entreprises en priorité" .

 
Les femmes deviennent de véritables expertes en bricolage désormais. Pour elles, les outils sont pensés plus légers et plus maniables / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Les femmes deviennent de véritables expertes en bricolage désormais. Pour elles, les outils sont pensés plus légers et plus maniables / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
 

Là, on va changer les portes de la chambre. C’est une maison que l’on a depuis longtemps. On a élargi le salon et là, on va refaire le carrelage, les portes.
Aujourd’hui, on a acheté des gaines électriques et un peu de tapisserie, car il y a également des trous. On va faire tout ça en famille avec mon mari.
Marielle, bricoleuse à La Croix-aux-Bois dans les Ardennes



 
Pour Noham, 37 ans, venu tout droit de la pointe de Givet, au nord du département, le "faire soi-même", c'est aussi une question d'argent.

Il s'explique en choisissant ses planches sur un portique : " Quand on appelle un entrepreneur, la facture grimpe à une vitesse, donc, on essaie de faire le maximum soi-même. Après, ce n’est pas tout le temps évident, car il faut connaître et être du métier. On se renseigne, on demande à des collègues, on regarde aussi sur un internet, les tutoriels, c'est utile. Financièrement, on s’y retrouve tout de suite." 
" C’est une maison, un pavillon des années 70, on l’a rénové complètement, on a tout rasé à l’intérieur, et on a recommencé tout de A à Z.
On a enlevé tout ce qui est espace vert. Après, je vais creuser pour pouvoir installer une terrasse. On a encore pas mal de travaux de maçonnerie, mais ça va se faire sur plusieurs années." 


 
Pour Noham, réaliser soi-même ses travaux, c'est souvent un choix économique au regard des prestations et des tarifs des entrepreneurs professionnels / © Daniel Samulczyk / France Télévisions
Pour Noham, réaliser soi-même ses travaux, c'est souvent un choix économique au regard des prestations et des tarifs des entrepreneurs professionnels / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

 

C’était frustrant pendant le confinement, on était coincé chez nous, on ne pouvait pas trop sortir.
On voulait bricoler un peu, avancer les travaux de la maison, mais les magasins étaient fermés, on était un peu bloqué avec ça.
J’avais un peu de matériel d’avance, mais pas assez. J’avais juste fait un peu de travaux de peinture.
Là, je suis venu chercher des baguettes de finition, encore de la peinture, pour terminer chez moi.
Noham, bricoleur amateur dans le nord des Ardennes

 




"Je bricole, tu bricoles, elle bricole..."

Le bricolage reste le premier marché du secteur de l’habitat.  Il a affiché une croissance de 0,4% et un chiffre d’affaires de 26 milliards d’euros en 2018 (source Observatoire de la franchise). En 2019, on constate déjà une progression de 3,4%  avec 28 milliards d'euros en France.
L'achat dans l'immobilier ancien et la rénovation boustent continuellement les demandes, le "fait maison" devient tendance.











 

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