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Fourniret et le gang des Postiches. Tout comprendre au procès qui aura lieu du 13 au 16 novembre

Michel Fourniret, Jean-Pierre Hellegouarch et Monique Olivier, croqués par Thierry Doudoux en 2008 / © France 3 Champagne-Ardenne
Michel Fourniret, Jean-Pierre Hellegouarch et Monique Olivier, croqués par Thierry Doudoux en 2008 / © France 3 Champagne-Ardenne

Michel Fourniret est de retour devant un tribunal. Il comparaîtra aux assises de Versailles du 13 au 16 novembre, pour le recel du magot du gang des Postiches et le meurtre de Farida Hammiche, la femme d’un de ses anciens compagnons de cellule.
 

Par Raphaël Doumergue

Mardi 13 novembre, Michel Fourniret passera à nouveau devant le tribunal. Cette fois, ce ne sera pas devant les assises des Ardennes, mais devant celles de Versailles pour une affaire à part dans le cursus du tueur en série. Il sera question du magot du "gang des postiches", bande de voyous qui a sévi à Paris dans les années 1980. On refait le point pour tout comprendre du procès, qui durera du 13 au 16 novembre prochains.


La première incarcération de Michel Fourniret

Le 25 mars 1984, Michel Fourniret est emprisonné, en attente de jugement, à Fleury-Mérogis, pour onze agressions et viols sur mineurs dans la région parisienne. C’est la première incarcération pour celui qui n’est pas encore connu comme "l’Ogre des Ardennes".

Pendant quelques semaines, son compagnon de cellule est un militant d’extrême-gauche breton, proche du mouvement Action Directe. Il s’appelle Jean-Pierre Hellegouarch. Les deux hommes vont tisser des liens, s’entraider et sympathiser.
 

Discret, le prisonnier Fourniret se retranche dans les livres et dans une relation épistolaire. Au printemps 1987, via une petite annonce dans le magazine Le Pélerin, il fait la connaissance, d’abord par courrier puis au parloir de Monique Olivier.

Le 26 juin, il est jugé et condamné pour "attentats à la pudeur avec violences" à sept ans de prison, dont deux avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve. Le 22 octobre de la même année, après trois ans et demi de détention, il est libéré grâce aux remises de peine et pour bonne conduite. Le couple Michel Fourniret / Monique Olivier prend forme. Les deux nouveaux amants s’installent ensemble dans l’Yonne à Saint-Cyr-les-Colons.
 

Le démantèlement du "gang des postiches"

De 1981 à 1986, le gang dit "des Postiches" sévit dans Paris. Il s’agit d’une équipe de voyous particulièrement efficace qui braque dans les banques les coffre-forts des particuliers moins soumis à surveillance. Le 14 janvier 1986, le dernier de leur vingt-sept hold-up, au Crédit Lyonnais, rue du docteur Blanche tourne au drame. Un des braqueurs et un inspecteur de police s’entretuent. Le Postiche Marguery est arrêté. Les autres voyous, dont André Bellaïche s’enfuient.

C’est en Italie que rebondit l’affaire à l’été 1986. André Bellaïche est arrêté par les carabinieri et incarcéré à Rome dans la prison de Rebbibia. Il s’en évadera au mois de novembre par hélicoptère, emmenant avec lui un autre détenu Gian Luigi Esposito.
 

Les quatre hommes, les deux organisateurs et les deux évadés, se réfugient à Yerres dans l’Essonne dans une planque du "gang des Postiches". Le 11 décembre, ils déplacent une partie du butin de leurs anciens braquages à l’arrière d’une tombe dans un petit cimetière de la région parisienne. Ils seront arrêtés par les forces de l’ordre le surlendemain.

En 1988, Gian Luigi Esposito est transféré à Fleury-Mérogis dans la cellule de Jean-Pierre Hellegouarch
 

Les confidences carcérales et le meurtre de Farida Hammiche

En cellule, l’Italien qui sait qu’il va être extradé et condamné n’hésite pas à trahir ses compagnons d’évasion et balancer où se trouve le magot. Jean-Pierre Hellegouarch se souvient alors de son ancien ami Michel Fourniret, qu’il juge inoffensif, et par l’intermédiaire de sa femme, Farida Hammiche, lui demande de déménager le trésor.

A la mi-mars de l’année 1988, Michel Fourniret, Monique Olivier et Farida Hammiche se rendent au cimetière de Fontenay-en-Parisis. Derrière la tombe de Louis Gloriand, ils creusent sous une jardinière et tombent sur les lingots et les pièces d’or enfermées dans des Tupperware. Tous trois ramènent le magot et le cachent dans l’appartement de Farida Hammiche à Vitry-sur-Seine.
 

"Dédommagé" de 50 000 francs, Michel Fourniret change d’avis et veut désormais s’emparer de la totalité du butin. Il recontacte Farida Hammiche un mois plus tard et sous prétexte de déplacer des armes, le couple emmène l’épouse de Jean-Pierre Hellegouarche en forêt de Rambouillet. Michel Fourniret, selon ses aveux, poignardera Farida Hammiche à coup de baïonnette avant de finir par l’étrangler.

Le couple Fourniret/Olivier retournera alors à Vitry-sur-Seine et s’emparera d’une partie conséquente du magot, laissant derrière eux un reliquat destiné à brouiller les pistes. Ils se lanceront ensuite dans une série de mystifications envers Jean-Pierre Hellegouarche et la famille de Farida Hammiche leur dissimulant leurs méfaits.

Grâce à ce trésor, et par sa transformation en billets en passant très régulièrement chez des numismates en Belgique, les époux Fourniret achèteront notamment le château de Sautou dans les Ardennes pour plus d’un million de francs. C’est dans le jardin de ce château que seront retrouvés les corps de Jeanne-Marie Desramault et Elisabeth Brichet, deux des victimes de Michel Fourniret.
 

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