Nuit blanche à Charleville-Mézières : une exposition d'art LGBTQIA+... aux toilettes de la place Ducale

La Nuit blanche a lieu à Charleville-Mézières (Ardennes) le samedi 10 octobre. La place Ducale accueille une exposition de 30 oeuvres créées par des artistes LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers, intersexes, asexuel(le)s, et autres).

L'exposition engagée de Mehryl Levisse est abritée derrière la porte des toilettes publiques de la place Ducale.
L'exposition engagée de Mehryl Levisse est abritée derrière la porte des toilettes publiques de la place Ducale. © Sophie Dumay, France Télévisions (France 3 Champagne-Ardenne)
Important événement dédié à l'art contemporain dans les Ardennes, la Nuit blanche a lieu le samedi 10 octobre 2020. Dans la cité d'Arthur Rimbaud (on oublie souvent que c'est un Carolomacérien), la place Ducale va accueillir des oeuvres réalisées par des artistes LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers, intersexes, asexuel(le)s, et autres : cliquez sur le sigle pour les définitions).

Celles-ci sont exposées par le collectif Balak, représenté par son président-fondateur Mehryl Levisse. Le lieu d'exposition peut surprendre : les toilettes publiques de la célèbre place (voir sur la carte ci-dessous)... qui ne pourront donc pas être utilisées le temps de l'évènement, de 19 à 1 heure du matin. L'exposant et artiste a répondu aux questions de France 3 Champagne-Ardenne. 
 
"Les toilettes publiques sont importantes dans l'histoire de la communauté LGBT. C'était - et c'est toujours - un lieu de rencontre pour les garçons qui vivent dans des pays où l'homosexualité est interdite. Dans l'histoire de cette communauté, les toilettes publiques de New York des années 50 à 70, étaient appelées 'tea rooms'. Des salons de thé. Parce qu'on était vraiment dans cette idée de se rencontrer, d'échanger."

Même si c'est provisoire, il s'agit de redonner un lieu d'expression LGBTQIA+ à Charleville-Mézières, qui n'en a actuellement aucun. On se souvient d'ailleurs que c'est dans cette ville que le harcèlement scolaire d'un lycéen homosexuel avait été particulièrement médiatisé. "L''homophobie est partout. C'est toujours important de rappeler que l'homophobie est un délit, et non une opinion. À Paris, c'est évident qu'il a une forte expression LGBT. Mais dans d'autres villes, comme Charleville, la communauté est toute petite et vit cachée." Une communauté qui verra donc qu'elle n'est pas seule, et qui pourra s'assumer plus aisément.
 
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