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Le viol de la Ronde Couture jugé aux assises des Ardennes cette semaine

Le tribunal de grand instance de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, au matin du 15 décembre. / © Valentin Pasquier/France 3 Champagne-Ardenne
Le tribunal de grand instance de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, au matin du 15 décembre. / © Valentin Pasquier/France 3 Champagne-Ardenne

Cette semaine du 25 octobre débute le procès de Grégory Mestre, jugé pour "viol aggravé" aux Assises de Charleville-Mézières. Retour sur l'affaire qui a traumatisé la Ronde Couture en 2015.

Par FM avec Ophélie Masure

25 septembre 2015, Charleville-Mézières. Un jeune garçon de 11 ans et demi sort de son établissement scolaire, le collège Roger Salengro, pour rentrer chez lui à pied. Sur la route, dans le quartier de la Ronde Couture, il rencontre un homme. Les faits se déroulent dans un petit parc, derrière un bosquet. Sous la menace d’un cutter, l’individu lui fait vivre un calvaire sexuel avant de disparaître.
 

Des moyens exceptionnels pour l’enquête


La jeune victime est prise en charge par des riverains puis par les pompiers. Prudent dans un premier temps, le procureur de la République Laurent De Caigny évoque alors une "grave agression sexuelle", mais beaucoup parlent déjà de viol.

Dans un premier temps, les investigations sont confiées aux enquêteurs ardennais. Mais "les jours passent et l’agresseur court toujours", lit-on début octobre dans L’Ardennais. Les bandes vidéo des caméras de surveillance sont épluchées, les réseaux téléphoniques sont scrutés.

Pour accéder à des techniques plus pointues, le SRPJ de Reims est lui aussi saisi. Des moyens exceptionnels pour une affaire qui traumatise tout un quartier : une quarantaine d’hommes est mobilisée. Un appel à témoin est lancé.
 

Déjà une affaire en 2014


Dans le quartier de la Ronde Couture, l’émotion est immense. L’inquiétude s’installe, les parents ne laissent plus leur enfant seul rentrer de l’école, car l’affaire en rappelle une autre. En 2014 déjà, un jeune garçon de 13 ans avait été menacé d’un cutter.

Son agresseur lui réclamait une fellation. Cette fois, la victime avait échappé au supplice en se débattant : le jeune homme en était tout de même sorti grièvement blessé à l’arme blanche. L'agresseur n’avait jamais pu être identifié.
 

L’ennemi public numéro 1 des Ardennes


Alors en 2015, on craint le même enlisement, de ne jamais retrouver l’auteur de l’agression. Deux interpellations, puis trois interpellations ont lieu, mais les pistes finissent à chaque fois dans l’impasse. La presse évoque la recherche de "l’ennemi public numéro 1 des Ardennes".

L’affaire s’accélère le 16 octobre 2015. Trois semaines seulement après l’agression, un homme est interpellé près de Liart dans les Ardennes, à Blanchefosse-et-Bay, au fin fond de la Thiérache à 41 km à l’ouest de Charleville-Mézières.
 

Un agresseur déjà fiché


Confondu par son ADN, Grégory Mestre est arrêté chez ses parents. Il était déjà inscrit au fichier des délinquants sexuels. En 2008, l’homme avait été condamné pour détention d’images pédopornographiques.

L'homme a un parcours chaotique. Cette année-là, le trentenaire est démoli par la mort de sa sœur dans un accident de voiture, puis le suicide de son frère.

Grégory Mestre est aussitôt identifié par la jeune victime et reconnaît les faits. Devant la gravité de l’agression, l’affaire prend une tournure criminelle. L’Ardennais est mis en examen pour "viol aggravé". Cependant, il conteste être impliqué dans l'autre affaire qui date de 2014. Cette semaine du 25 octobre, il sera jugé pour l'affaire du viol de 2015.
 

Grégory Mestre, prédateur sexuel ou impliqué dans une seule affaire ?

Grégory Mestre est suspecté dans trois affaires distinctes :

  • 2015 : le viol de la Ronde Couture pour lequel il est jugé en ce mois d’octobre 2018.
  • 2014 : la tentative d’agression sexuelle et l’agression au cutter d’un garçon de 13 ans. L’instruction est toujours en cours. Grégory Mestre nie son implication. L’avocat des deux familles de victimes, Maître Ahmed Harir, établit le lien entre les affaires. Pour lui, "il existe de nombreuses similitudes quant au modus operandi".
  • 2001 : Grégory Mestre vit dans le quartier de la Ronde Couture à Charleville-Mézières. Il garde de temps en temps les enfants d’une voisine. L’un d’entre eux, âgé de seulement 3 ans, témoignera de l’étrange comportement de son baby-sitter. Il est disculpé en 2006 par une décision de la Chambre spéciale des mineurs de la Cour d’appel de Reims.  

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