Voici pourquoi l'agence matrimoniale des Soeurs Cupidon n'est plus active dans les Ardennes... pour le moment

Le 19 juin, on apprenait que l'agence matrimoniale des Soeurs Cupidon de Charleville-Mézières (Ardennes) fermait ses portes. Mais une nouvelle soirée de rencontres pourrait avoir lieu en fin d'année. Et la gérante, Virginie Ait Madi, préfère parler de pause plutôt que de fermeture définitive.

Et un, et deux, et trois. Trois années durant, l'agence matrimoniale des Soeurs Cupidon s'est attelée à faire se rencontrer des célibataires de toutes les Ardennes (et même un peu au-delà). France 3 Champagne-Ardenne en avait parlé.

Mais la troisième année aura été l'occasion d'un triste anniversaire : c'est là qu'on a appris que l'agence cessait ses activités (c'était le 19 juin). Mais peut-être pas pour de bon. Virginie Ait Madi, sa fondatrice de 39 ans, n'a pas dit son dernier mot.

"C'est plus une pause qu'un arrêt total", précise cette dernière à France 3. Elle divisait ses activités en deux parties : contrats en bonne et due forme pour que des célibataires se rencontrent de manière individuelle, selon leurs critères. "C'était super sympa au début, mais ça s'est avéré compliqué."  Elle organisait également des soirées conviviales qui drainaient pas mal de célibataires, dans un cadre plus collectif. "C'est ce qui fonctionnait le mieux. Moi, je voulais travailler dans l'humain." 

Trop de dossiers, mais pas assez de profils

Virginie Ait Madi voulait tellement faire dans l'humain qu'elle se retrouvait parfois à faire la psychologue, quand des clientes et des clients l'appelaient juste pour lui parler. Non pas que ça lui déplaisait, mais il fallait trouver le temps de gérer tous ces appels. "J'ai l'accroche assez facile avec les gens. Mais je devais connaître mes limites, et savoir ce que je pouvais offrir ou non. Pour que les gens ne soient pas déçus."  (voir son message d'au revoir sur Facebook ci-dessous).

Concernant les dossiers individuels, elle ne pouvait plus gérer autant de dossiers toute seule (même si elle a "matché pas mal de couples"). Paradoxalement, si elle gérait au bas mot 500 dossiers, ce n'était pas un vivier assez grand et il lui aurait fallu deux fois plus de profils. Ce n'était pas tenable. "J'ai commencé à refuser des personnes. Je ne voulais pas prendre leur argent si je n'avais pas de profils compatibles à leur proposer. Je préférais être honnête." 

Si elle peut s'enorgueillir que 90% clients de sa clientèle ait pu rencontrer des gens correspondant à leurs critères, elle précise que seulement 20% d'entre elles ont fini effectivement en couple. Mais il faut relativiser. "Plein d'amitiés se sont créées, il y a eu beaucoup d'affinités. Mais les couples qui durent, c'est hyper compliqué."

Trouver la perle rare : une aventure (souvent belle)

Les profils les plus jeunes, à partir des vingtenaires, étaient gérés avec une relative aisance. Il n'en était pas de même avec les quinquagénaires. "À cet âge-là, les hommes et les femmes ne recherchent pas du tout la même chose." Sans évidemment généraliser ou formuler de critiques, elle a pu observer qu'en général, ces hommes de plus de 50 ans qui avaient eu mariage et enfants, une fois seuls, voulaient "vivre l'aventure et rencontrer des femmes plus jeunes... pas forcément intéressées". Les femmes de plus de 50 ans, elles, seraient plus ouvertes et accepteraient de rencontrer des hommes de leur âge voire plus âgés.

Ils avaient un repas : entrée, plat, dessert. Et les animations, les jeux, les rencontres... On finissait sur une soirée dansante... C'était top.

Virginie Ait Madi, fondatrice de l'agence matrimoniale des Soeurs Cupidon

Elle s'est donc alors "plus axée sur les soirées célibataires. Qui ont cartonné. Je négociais à moindre coût avec les restaurateurs, et les gens payaient 30 euros au maximum. Ils avaient un repas : entrée, plat, dessert. Et les animations, les jeux, les rencontres... On finissait sur une soirée dansante... C'était top. Une fois que les gens avaient consommé leur soirée, ils pouvaient revenir à la suivante s’ils en avaient envie ou non."

Un modèle à repenser

Virginie Ait Madi n'a aucun regret sur son aventure qui a duré trois ans. Une partie des personnes habituées de ses soirées est devenue "une grande bande de potes. J'aurais bien aimé continuer... Mais je sais que je dois changer certaines formules."

Et revoir la répartition de son temps. À son lancement, en 2021, des soucis de santé l'avaient poussé à arrêter de travailler momentanément. Désirant "faire quelque chose qui me plaît", elle s'était lancée dans cette agence matrimoniale. "J'en avais marre de voir du malheur autour de moi. J'ai eu envie de faire quelque chose de sympa, qui donne le sourire. Alors je me suis dit : quoi de plus beau que l'amour ?"

Mais à la reprise d'une activité salariée, la gérante s'est retrouvée prise par le temps. Elle était aussi conseillère municipale. Sans oublier tout ce qu'il faut gérer quand on est maman. Impossible de continuer les Soeurs Cupidon ainsi : elle passait déjà 70 heures de sa semaine à travailler... hors de son agence. "Il a fallu que je choisisse. Je ne voulais pas faire n'importe quoi." 

Ce n'est pas fini

Mais le bout du chemin n'est pas encore là. D'une manière ou d'une autre, elle reprendra son activité. Même si elle ne sait pas quand. En attendant, fin 2023, elle compte organiser une nouvelle soirée destinée aux célibataires. "Il y en a encore qui me contactent pour me demander si les soirées vont être relancées : ils sont un peu tristes qu'il n'y en ait plus."

Parce que la patte de Virginie, si l'on peut dire, ce sont des soirées qui paraissent plus accessibles et conviviales. "Celles que je n'organise pas se passent souvent en discothèque. On peut évidemment y aller si on veut, mais ce n'est plus vraiment notre place [à partir de la trentaine; ndlr]... Personne ne va venir nous y accoster." D'où les présentations au micro, les menus jeux, les slows garantissant une bonne ambiance au sein de ses propres soirées, "qui intéressaient beaucoup de monde"

Parmi ces jeux, un qu'elle a spécialement inventé. "Cela s'appelle : qui est ton crush du soir. Comme le jeu Qui est-ce ? On le fait en version grandeur nature. Par exemple, une femme se présentait. Je lui demandais si elle voulait rencontrer un homme, une femme, ou les deux - parce qu'on est très ouverts - et si elle répondait un homme, toutes les femmes devaient s'asseoir. Au fil des critères, de plus en plus de monde s'asseyait. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus quelques hommes à être debout. Celui qui restait était le crush de la soirée de cette femme. Il allait lui payer un verre et passer une partie de la soirée avec elle. C'était assez sympa."

La date de cette future soirée n'est pas encore connue, mais sa divulgation ne saurait tarder. En attendant, de plus en plus de célibataires semblent se détourner des applications de rencontre et revenir vers ces soirées ou agences matrimoniales.