Collèges menacés dans les Ardennes : les parents d'élèves contre-attaquent

Enfants, élus et parents d'élèves ont manifesté leur mécontentement ce vendredi 18 octobre. / © Jean-Michel Skoczypiec
Enfants, élus et parents d'élèves ont manifesté leur mécontentement ce vendredi 18 octobre. / © Jean-Michel Skoczypiec

A Signy-le-Petit, Liart, Vireux-Wallerand et Sedan, les familles des élèves ont organisé une "journée écoles mortes" ce vendredi 18 octobre. Elles protestent contre la fermeture de leurs collèges envisagée par le conseil départemental des Ardennes.

Par Isabelle Griffon

Seuls quelques élèves étaient présents ce vendredi 18 octobre au sein du collège de Signy-le-Petit. Les parents d'élèves avaient organisé une journée "école morte" dans la commune pour dénoncer la fermeture du collège multi-sites de Liart et Signy évoquée par le conseil départemental des Ardennes.

Elus et parents d'élèves ont défilé dans cette commune de 1300 habitants pour manifester leur mécontentement et leur incompréhension. "Il n'y a pas eu de concertation, regrette le maire Jean-Michel Skoczypiec. Nous l'avons appris début octobre, c'était un choc. Mais on va se bagarrer." Une pétition en ligne a été lancée. "On est très inquiets par rapport à l'avenir de nos enfants. Comment cela va se passer par rapport au transport scolaire ?, s'interroge Mélanie Stévenin, parent d'élèves de deux enfants scolarisés au collège de Signy. On ne veut pas que nos enfants passent une heure dans le bus tous les matins et tous les soirs."

Que va devenir la commune si le collège ferme ? Cela risque de faire partir des familles et d'en dissuader d'autres de s'installer ici.
- Jean-Michel Skoczypiec, maire de Signy-le-Petit

Les élus espèrent que leurs arguments seront entendus lors d'une réunion prévue le 24 octobre au conseil départemental. En Thiérache, le collège de Rocroi pourrait également fermer. Une chaîne humaine était organisée ce vendredi avant le cross du collège et des écoles en signe de protestation.
 

"Hypothèses de travail"

Pour compenser ces deux fermetures, une ouverture serait envisagée sur un autre site. Certains évoquent Auvillers-les-Forge ou Maubert-Fontaine. "Mais il faut rester prudent, souligne Yann Dugard, le vice-président du conseil départemental des Ardennes en charge du "plan collèges". Pour l'instant, ce ne sont que des hypothèses. On va travailler avec les élus, l'inspection académique et la région pour finaliser ce plan."

Dans les Ardennes, 35 collèges, répartis sur 37 sites, existent aujourd'hui. Outre Rocroi et Liart-Signy, huit autres établissements sont menacés (voir encadré). Trois collèges devraient aussi être construits. La décision finale sera prise à la mi-décembre. Pour justifier ces fermetures, le conseil départemental évoque une baisse conséquente des effectifs.

En 30 ans, on a divisé le nombre d'élèves par deux. Il y a des établissements à moitié vide ou à moitié plein.
- Yann Dugard, vice-président du conseil départemental des Ardennes en charge du "plan collège"


Le conseil départemental assure oeuvrer pour "la réussite des élèves ardennais". "Nous ne faisons pas ça pour réaliser des économies financières mais pour que tout soit mis en oeuvre pour que les collégiens étudient dans les meilleures conditions, affirme Yann Dugard, vice-président du conseil départemental des Ardennes. Actuellement il n'y a pas d'équité entre les établissements, il est difficile par exemple de maintenir certaines options car il y a des collèges où le nombre d'élèves est en baisse constante."
 

"On veut sauver notre collège"

Ces annonces ont provoqué la colère sur les territoires concernés. Dans la vallée de la Meuse, les parents d'élèves ont refusé de mettre leurs enfants dans les écoles et le collège de Vireux-Wallerand ce vendredi. Une journée morte particulièrement suivie selon Delphine Parent, représentante des parents d'élèves. "On s'est relayé toute la journée devant l'établissement pour protester, explique-t-elle, déterminée. On prévoit aussi de manifester devant le conseil départemental lors d'une prochaine réunion avec les élus. Ce projet est inacceptable pour nos enfants." La pétition mise en ligne cette semaine a déjà recensé plus de 1.200 signatures.
 
A Sedan, la mobilisation fut aussi importante ce vendredi au collège Elizabeth de Nassau, menacé de fermeture, avec seulement une poignée de collégiens présents sur environ 290 élèves. Le projet prévoit de réorienter ces élèves vers les établissements du Lac et de Turenne.

En fermant un établissement, il vont provoquer une fuite vers le privé. A Sedan, la mixité n'existera plus dans les collèges.
- Olivier Cadilhon, parent d'élève et professeur au collège Nassau de Sedan

"Nous avons un effectif global satisfaisant, toutes les classes sociales sont représentées dans ce collège sedanais, il a une telle mixité sociale qu'il serait dramatique de le fermer au vue de la situation démographique et géographique de celui-ci", peut-on lire dans la pétition rédigée par les parents d'élèves.

La mise en oeuvre de ce "plan collège" devrait s'étaler sur dix ans. Certains établissements pourraient fermer dès la rentrée 2021. Les premières ouvertures auraient lieu à partir des rentrées 2023 ou 2024.
 

 

Dix fermetures et trois créations

Pour le moment, le "plan collège" envisage la fermeture de dix établissements :
- en Thiérache : le collège multi-site de Liart-Signy et le collège Andrée-Viénot de Rocroi
- dans la Vallée de la Meuse : le collège Charles-Bruneau de Vireux-Wallerand, le collège Les Deux Vallées de Monthermé et le collège Jules-Ferry de Bogny-sur-Meuse
- dans le Rethélois : le collège de Château-Porcien
- à Sedan, le collège Nassau
- à Charleville-Mézières : les collèges Léo-Lagrange, Salengro et Lafontaine.

Trois nouveaux établissements seraient construits :
- en Thiérache ardennaise
- dans le secteur de Bogny-sur-Meuse
- à Charleville-Mézières, dans le quartier de la Ronde Couture.
 

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