Michel Fourniret, l’ogre des Ardennes

© Christophe d’Amiens d’Hébécourt
© Christophe d’Amiens d’Hébécourt

"Crimes à l’Est" revient sur l’affaire Michel Fourniret. Surnommé "L'ogre des Ardennes", ce tueur en série a séquestré, violé et assassiné huit jeunes filles, entre les années 1980 et les années 2000.

Par LG avec DC

Ciney, en Belgique, le 26 juin 2003. Sur le chemin de l'école, une adolescente de treize ans est enlevée par un homme en camionnette blanche. Après quelques kilomètres, la fillette, à l'arrière, parvient à détacher ses liens, s'approche de la porte, et s'enfuit.

En pleine campagne, la voilà secourue par une automobiliste qui la conduit immédiatement au commissariat. Sur la route, miracle : elles recroisent la camionnette blanche ! Elles notent sa plaque : BMP 967...


Les époux diaboliques

Le propriétaire du véhicule est identifié : Michel Fourniret. Ce Français, originaire de Sedan, est un père de famille de 61 ans vivant en Belgique avec son épouse et son fils. Il est aussitôt arrêté.

Informée, la police française fait le lien avec la disparition de deux jeunes filles ardennaises, dont les corps ont été retrouvés en Belgique. Confrontés au mutisme de Michel Fourniret, les enquêteurs se tournent vers sa femme : Monique Olivier.

Après 10 mois de dénégation, elle finit par imputer huit meurtres à son mari. Michel Fourniret n’a plus le choix et avoue : entre 1987 et 2001, il a kidnappé, violé et assassiné plusieurs adolescentes. Deux victimes ont même été enterrées dans son ancienne propriété : le château de Sautou, à Donchery, dans les Ardennes. Et sa principale complice était… son épouse. Lorsque le couple partait "à la chasse aux fillettes", Monique Olivier se chargeait "d’appâter" les victimes par sa présence féminine et rassurante.


Le pacte de sang

À l'origine de cette complicité criminelle, un pacte noué alors que Michel Fourniret était en prison. Au milieu des années 1980, l'homme est en détention pour agressions sexuelles. Il passe une petite annonce dans un magazine catholique : "Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier solitude." Une femme, divorcée, répond. Il s’agit de Monique Olivier. Il concluent ensemble un marché sordide : il tuera ses ex-maris si elle lui livre de jeunes filles vierges à sa sortie. Dans l'une de ses lettres, Monique Olivier écrit :

C'est avec plaisir, que j'exécuterai tes ordres. 

Des mots qui pèseront lourd lors du procès.


Le procès

En mars 2008, le procès de "l'ogre des Ardennes" et de sa complice s'ouvre devant la Cour d'assises de Charleville-Mézières. Quatre-cents journalistes du monde entier sont présents, mais Michel Fourniret se tait et brandit une pancarte : "Sans huis clos, bouche cousue." Cheveux blancs, visage émacié, Monique Olivier, elle, prétend avoir eu peur et agi sous l'autorité de son mari.
Après deux mois de débats, le verdict tombe : Michel Fourniret est condamné à la perpétuité incompressible, la plus lourde peine du code pénal. Son épouse, à la perpétuité assortie de 28 ans de sûreté. Le couple diabolique divorcera deux ans plus tard.

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