Notre-Dame de Paris : une entreprise des Ardennes fournit les boulons pour la reconstruction

Dans les Ardennes, l'entreprise Thévenin et Compagnie, à Thilay dans le nord du département, est spécialisée dans la boulonnerie. C'est d'ailleurs l'une des plus anciennes boulonneries françaises. Reportage.

L'entreprise ardennaise a été choisie pour fournir les boulons du chantier de la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
L'entreprise ardennaise a été choisie pour fournir les boulons du chantier de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. © Sébastien Valente / FTV

Cinq générations de boulons à Thilay, dans les Ardennes. Depuis la fin du XIXe siècle, l'entreprise Thévenin et Compagnie a fait des boulons sa spécialité à destination des chantiers autour de la charpente, en bois ou en métal, ou encore de la rénovation de bateaux et de monuments historiques. C'est cette dernière spécialité qui fait parler d'elle depuis l'incendie qui a ravagé la cathédrale de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, puisque la boulonnerie a très vite été sollicitée pour fournir les boulons nécessaires au chantier.

Des envois de boulons par taxi

Un chantier qui fait la fierté des employés du chef d'entreprise. Avant l'incendie, l'entreprise de Nicolas Thévenin travaillait déjà sur le chantier de rénovation. "Dix jours après l'incendie, on commençait déjà à livrer les premiers boulons en taxi pour les échafaudages de Notre-Dame, se souvient le PDG. Depuis 2019, on livre tous les mois le chantier de Notre-Dame. On ne s'est jamais arrêté." 

Nicolas Thévenin, à droite, et un de ses employés à la boulonnerie familiale, créée à la fin du XIXe siècle par l'aïeul du PDG / Thilay, mars 2021
Nicolas Thévenin, à droite, et un de ses employés à la boulonnerie familiale, créée à la fin du XIXe siècle par l'aïeul du PDG / Thilay, mars 2021 © SV / FTV

En tout, ce sont 19 salariés qui travaillent chez Thévenin et Compagnie. Ils étaient 80 il y a 40 ans. Alors, pour subsister, un seul principe : la réactivité. Pour l'entreprise, la règle est d'être capable de s'adapter aux demandes du client et de travailler dans l'urgence. Le métier est certes difficile, mais il est également valorisant et répond à un savoir-faire spécifique. "Il faut être polyvalent. Il n'y a pas que le fait de forger, il faut également savoir contrôler, cisailler et connaître le métal, souligne Christophe Laurent. C'est un métier difficile, donc c'est aussi de plus en plus compliqué de recruter des gens, il faut du savoir-faire."

Des pièces chauffées dans le zinc pour plus de durabilité

Un savoir-faire qui nécessite des précautions, car les pièces forgées sont ensuite galvanisées à chaud par induction. L'objectif est d'augmenter la durabilité des produits par un revêtement en zinc. "Le principe de la galvanisation, c'est de plonger les objets métalliques dans un bain de zinc en fusion, entre 450 et 480 degrés, ce qui permet de créer un revêtement anti-corrosion de 10 à 30 ans", explique Nicolas Thévenin.

Pour être réactive et compétitive, l'entreprise Thévenin investit 200 000 euros chaque année. C'est le prix à payer pour continuer de se moderniser et de perdurer la boulonnerie depuis 120 ans et cinq générations.

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