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Nouzonville (Ardennes) : Quatre ans de prison requis contre les ex-patrons de Thomé-Génot

© Ali Benbournane - France 3 Champagne-Ardenne
© Ali Benbournane - France 3 Champagne-Ardenne

Ce mardi, le parquet général de la cour d'appel de Reims a requis quatre ans de prison contre les deux ex-patrons américains de Thomé-Génot, ancien sous-traitant automobile à Nouzonville (Ardennes). Ils auraient sciemment précipité l'entreprise à sa perte, provoquant la destruction de 316 emplois.

Par D.C.

En novembre dernier, Catherine Felch et Greg Willis avaient été condamnés à quatre ans de prison par le tribunal correctionnel de Reims. Ce mardi, c'est la même peine qui a été requise par le parquet général de la cour d'appel. Les ex-dirigeants américains de Thomé-Génot, ancien sous-traitant automobile à Nouzonville (Ardennes), sont accusés de malversations ayant conduit, en 2006, à la disparition de ce fleuron industriel et à la destruction de 316 emplois.

"On a deux versions: est-ce qu'on est en face de voyous qui ont abusé les gens et vidé une entreprise qui datait de 1863, une institution dans les Ardennes, leader mondial dans son secteur ? Ou deuxième version : on a un gestionnaire qui a commis des négligences et des imprudences", a résumé l'avocat général Olivier Hussenet après dix heures d'audience.

L'an passé, lors de leur condamnation, Catherine Felch et Greg Willis, anciens patrons sous le coup d'un mandat d'arrêt international - ils ne se sont jamais rendus aux convocations de la justice française -  avaient été reconnus coupables de "détournements d'actifs", "achats en vue de revente au-dessous du cours" et "abus de biens". Cette sanction avait été assortie de 200 000 euros d'amende chacun. Ils avaient décidé de faire appel.

"Cette société était malheureusement condamnée et mes clients sont les boucs-émissaires d'une situation qui les a dépassés" alors que "grâce à eux les salariés ont pu travailler deux ans de plus car dès 2004 la société était morte", a déclaré leur avocat, Me Stéphane Bonifassi, déplorant "une peine disproportionnée".

Alors que les dirigeants s'étaient "sauvés au petit matin pour les Etats-Unis", c'est la collectivité à travers "l'argent du contribuable" qui a dû "panser les plaies" des salariés, a rappelé Me Pierre Blocquaux, avocat du conseil départemental des Ardennes. Cinquante-deux salariés se sont également constitués partie civile.

En 2004, le tribunal de commerce de Charleville-Mézières avait cédé l'entreprise à la société américaine de consulting Catalina, pilotée aussi par le duo Willis-Felch, qui avait promis la sauvegarde des emplois et un plan d'investissement de trois millions d'euros. Dans les faits, leurs décisions (dont celle consistant à céder des actifs de la société pour réinvestir à l'étranger en vue d'une délocalisation) ont achevé d'enterrer Thomé-Génot, auparavant leader mondial des pôles d'alternateurs et fournisseur exclusif de Ford.

L'arrêt sera rendu le 6 septembre.

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