Ardennes : un élagage massif sur une route fait réagir entre Sedan et Givonne

Le bas-côté d'une portion de la route départementale 977 entre Sedan et Givonne, dans les Ardennes, a récemment subi une coupe rase. Des travaux qui font réagir certains. Le conseil départemental affirme de son côté que les arbres, dont certains étaient malades, présentaient un risque pour la circulation routière.

L'image est saisissante. Les bords de la route départementale 977, entre Sedan et Givonne dans les Ardennes, ont subi un élagage plus que poussé. Un secteur a été totalement mis à nu par les agents du conseil départemental, qui sont intervenus dans le secteur une bonne partie du mois d'octobre.

Il y a encore quelques semaines des arbres de plusieurs mètres de haut étaient installés de part et d'autre de la chaussée. En annonçant les travaux sur son site, le conseil départemental avançait des raisons de "visibilité" et de "sécurité des usagers". 

"Un massacre"

Le maire divers gauche de Sedan, Didier Herbillon, dénonce plutôt de son côté "un massacre". Il a réagi en quelques mots sur Twitter lundi 1er novembre. Sollicité par nos soins ce 2 novembre pour détailler son propos, il n'a pas souhaité donner suite dans l'immédiat.

"Nos concitoyens attendent de l’élagage sélectif (plus long et plus cher) mais respectueux de la nature. Le temps du 'tout mettre à blanc', facile, rapide et pas cher est révolu", ajoute toujours sur Twitter le maire divers gauche de Villers-Semeuse, commune limitrophe de Charleville-Mézières.

Les usagers de la route, rencontrés ce mardi, regrettent également ces travaux qui pourraient apparaître comme excessifs. "C'est un massacre. Je ne comprends pas. On a trop taillé", confie Denis, au volant d'un utilitaire.

Jean-Marie est venu avec son appareil photo pour immortaliser le résultat des travaux. "On parle en ce moment de la COP26, de la biodiversité. On s'aperçoit que la nature, tout le monde s'en fiche. La sécurité bien sûr, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour la sécurité qu'on ait agi de cette manière", affirme-t-il.

"Un risque pour la circulation routière"

Le conseil départemental des Ardennes nous a répondu par le biais d'un communiqué. Il y indique que les végétaux coupés étaient des "bois blancs" type frêne, charmille, noisetier ou acacia, des espèces avec "une croissance très rapide avoisinant les deux mètres par an".

Par ailleurs, selon la collectivité, certains frênes "étaient secs sur pieds puisque touchés par une maladie appelée chalarose". Elle précise que ses services étaient fréquemment appelés à intervenir dans ce secteur "pour dégager la chaussée encombrée d’arbres tombés suite à coup de vent" et que l'implantation des arbres en surplomb de la chaussée "présentait un risque pour la circulation routière".

"La décision d’élaguer certains secteurs repose sur l’état sanitaire des arbres, la fréquence de nos interventions pour dégager les arbres tombés après chaque coup de vent, le risque qu’ils présentent pour la circulation routière et leur influence sur la pérennité des chaussée", détaille le conseil départemental.

Il conclut son propos en indiquant que "de multiples rejets vont se développer dès ce printemps", toujours avec une croissance rapide. Le secteur ne devrait donc pas, selon lui, rester à nu bien longtemps.

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