TÉMOIGNAGE. "Je ne me sens plus citoyenne", Margaux manifeste contre le pass vaccinal et nous explique pourquoi

Publié le Mis à jour le
Écrit par Matti Faye avec Noémie Marot-Saferis
Margaux a choisi d'aller jusqu'à Paris pour manifester ce samedi 8 janvier.
Margaux a choisi d'aller jusqu'à Paris pour manifester ce samedi 8 janvier. © France Télévisions

Ce samedi 8 janvier, Margaux, qui habite dans l'Aube, a décidé de rejoindre Paris pour manifester contre le pass vaccinal voulu par le gouvernement. "Je ne céderai sous aucun prétexte", affirme-t-elle.

Margaux a 25 ans. Nous avons rencontré cette juriste de formation ce samedi 8 janvier 2022 dans l'Aube, avant qu'elle ne prenne la route direction Paris. Elle a rejoint le cortège de la manifestation anti pass vaccinal

"C'est important d'aller à Paris parce qu'il y a en ce moment le vote du pass vaccinal, qui va passer au Sénat", explique la jeune femme. "Je suis mobilisée depuis juillet 2021. Le pass sanitaire, c'était déjà pour moi un gros changement, une grosse étape. Là, avec le pass vaccinal, c'est plus que des dérives", poursuit-elle.

Il faut absolument exprimer son mécontentement. Notre seul pouvoir, c'est d'être dans la rue. Autant être en nombre et en masse à Paris. 

Margaux

Avec d'autres Aubois, elle va rejoindre un rassemblement initié notamment par l'ancien membre du FN Florian Philippot et baptisé "l'union sacrée". Mais elle assure s'y rendre "sans opinion politique, vraiment pour la cause, l'union sacrée."

C'est via internet qu'elle a rencontré ceux qui manifestent à ses côtés. "On est avant tout des citoyens pas contents et on s'est retrouvé grâce à Réinfo Covid. Cela permet de nouer des liens, de penser et de réfléchir ensemble à tout ce qui nous arrive et d'être solidaires", précise Margaux.

Elle affirme ne pas être anti-vaccin. "Je suis vaccinée de tous mes autres vaccins, pas de celui-ci. Mais peu importe, aujourd'hui qu'on soit vacciné ou non, le pass vaccinal concerne tout le monde."

Je peux vous dire que ce n'est pas facile au quotidien quand on est traité de pestiféré. Emmanuel Macron a même dit qu'il souhaitait nous emmerder.

Margaux

"La phrase d'Emmanuel Macron, elle m'a énervée. Et c'était le but de toute façon. Mais ce qui m'a choqué le plus, c'est vraiment sa dernière phrase : 'Un irresponsable n'est plus un citoyen'", ajoute-t-elle. "Aujourd'hui, je ne me sens plus citoyenne dans mon pays, c'est mon président qui me l'a dit. Que je l'ai choisi ou non, c'est mon président."

Elle craint que de nouvelles restrictions voient le jour. "Aujourd'hui, on n'a plus le droit d'aller dans les bars et les restaurants. On s'y fait. Mais après, on va toucher à quoi ? Au travail ?"

"En Indonésie, un non-vacciné n'a pas le droit d'entrer dans un commissariat. Une femme de 19 ans a été violée, parce qu'elle n'était pas vaccinée, elle n'a pas pu rentrer dans le poste de police, indique-t-elle. D'accord, on n'est pas en Indonésie, mais jusqu'où ça va aller ?"

Je ne céderai sous aucun prétexte parce que je ne veux pas de cette injection. Je ne vais pas expliquer forcément le pourquoi du comment, mais c'est personnel et c'est fondé.

Margaux

"Je ne veux pas d'un abonnement vaccinal"

La jeune femme compte rester ferme sur ses positions. "On a pris conscience qu'accepter ça, c'est accepter les dérives, c'est accepter le fait qu'on soit conditionné tous les trois mois à une dose. Je ne veux pas d'un abonnement vaccinal. Je ne me vois pas vivre comme ça", détaille-t-elle.

Je suis juriste, je suis attachée aux libertés. Est-ce qu'on peut revenir à un peu de rationalité et se dire que ce n'est pas ça la liberté ?

Margaux

"Je ne suis pas un danger pour les autres, à la limite je suis un danger pour moi-même, affirme l'opposante au pass vaccinal. Je suis en capacité de faire ma propre balance bénéfice-risque. Je ne mets personne en danger. Si effectivement j'ai des symptômes, si j'ai le Covid, je ne vais pas sortir et contaminer tout le monde."

Elle espère que les différents rassemblements en France amèneront le gouvernement a revoir sa position. "On aimerait ouvrir un débat et que les citoyens soient entendus et pas stigmatisés", dit-elle. "J'espère que le nombre fera la force et qu'ils prendront conscience qu'il y a beaucoup trop de contestataires."

À Paris, le cortège parti sous la pluie depuis la place du Palais royal vers 15h, a rassemblé 18 000 personnes selon la police. D'autres rassemblements étaient organisés ailleurs en France, par exemple à Strasbourg, à Mulhouse ou encore à Reims. Au total, plus de 100 000 manifestants ont été enregistrés par les autorités dans le pays.

Le projet de loi instaurant le pass vaccinal, adopté par les députés jeudi 6 janvier 2022, doit passer devant le Sénat la semaine prochaine. Le gouvernement espérait une mise en œuvre rapide, dès le 15 janvier. Une date désormais peu vraisemblable, en raison de l'avancée plus lente qu'estimée des débats au Parlement.

Dans l'Aube, 87% de la population majeure était totalement vaccinée au 6 janvier, selon les chiffres de Santé publique France.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.