Coronavirus - Aube : pour rassurer ses élèves, elle s'habille en infirmière et dépiste un nounours

Émilie Niess est une enseignante de l'école maternelle de Sainte-Maure (Aube), récemment fermée à cause du coronavirus. Le dimanche 6 septembre, elle a réalisé une vidéo où on la voit grimée en infirmière. Elle y dépiste le Covid-19 sur un nounours. Le but : rassurer les élèves en attente de test.
Émilie Niess, une enseignante de maternelle déguisée en infirmière pour pratiquer un test de dépistage du coronavirus sur un nounours.
Émilie Niess, une enseignante de maternelle déguisée en infirmière pour pratiquer un test de dépistage du coronavirus sur un nounours. © Capture d'écran, Youtube
À peine quelques jours après la rentrée, l'école maternelle de Sainte-Maure (Aube) ferme déjà pour cause de coronavirus (Covid-19). Tout le monde doit se faire dépister. Les parents d'élèves et leurs enfants ne cachent pas leur inquiétude à l'approche des tests qui ont lieu les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2020. 

C'est là qu'intervient Émilie Niess (à prononcer "nièce"). C'est la maîtresse des tout-petits et de la moyenne section à l'école de Sainte-Maure. Elle fait partie de la dizaine d'adultes confinée après le signalement des deux cas d'infection. Elle-même maman de deux filles de 5 et 8 ans, elle constate leur angoisse à l'approche du test... et décide d'y répondre en vidéo (consultable ci-dessous).
 
Elle y joue tour-à-tour le rôle d'un nounours symbolisant un enfant ("J'ai peuuuur..."), et d'une infirmière dont elle a enfilé la tenue ("J'suis une dame gentille..."). Cette enseignante répond ainsi à la préoccupation des parents et enfants de manière simple et détournée. 

"Pour assurer la continuité pédagogique, j'envoie le travail par mail. Mais j'ai vite vu que la préoccupation numéro un, c'était le test. Pour les rassurer, j'ai regardé en ligne s'il y avait des vidéos accessibles aux enfants. Et il n'y en avait aucune, seulement des angoissantes. Donc j'ai appelé au drive du cabinet d'infirmières de Saint-Maure, où ont lieu les tests, pour me renseigner. Et j'ai fait cette vidéo."
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Il y avait seulement des vidéos angoissantes.

Émilie Niess, enseignante de maternelle


Ironie de cette petite histoire : la maîtresse a dû revoir sa copie. Dans la première version de sa vidéo, le nounours avait la tête trop penchée, et le temps donné était trop court. L'infirmière qui a vérifié a donc suggéré les corrections pour une seconde meilleure version. Qui a eu son petit succès. "J'ai eu des retours positifs des parents. Et j'ai croisé des enfants lors de mon propre test : ils avaient amené leur nin-nin [peluche; ndlr] comme dans la vidéo, ça les a aidés. J'aurais bien aimé prendre le mien..." Mais oui, ce n'est pas réservé qu'aux enfants.

"J'ai vraiment fait avec les moyens du bord : un coton-tige, le nin-nin de ma fille... On l'appelle Gros Nin-nin... car il est gros. *rire* Pendant le confinement, j'avais déjà fait des vidéos, plus scolaires. Au début, c'est difficile, mais on s'y fait." Le début d'une grande carrière ? Pourquoi pas : confinée pendant quatorze jours (une durée qui pourrait être réduite), Émilie Niess a un peu de temps devant elle. "C'était extrêmement rapide, l'école qui ferme après deux jours. Pourtant, on s'était très bien préparé. Je n'ai même pas eu le temps d'être fatiguée..." Son "nin-nin" l'a sans doute aidée à trouver le sommeil.
 
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