Coronavirus : un industriel de l'Aube invente un portique de désinfection pour les chariots de supermarché

Une entreprise industrielle familiale de Fontaine-les-Grès (Aube) a cherché à compenser les effets de la crise sanitaire en fabriquant une arche de désinfection pour chariots de supermarché. L'innovation fait l’objet d’une centaine de commandes en dix jours, un beau succès de démarrage.

Il suffit de passer son chariot sous cette arche et il est désinfecté.
Il suffit de passer son chariot sous cette arche et il est désinfecté. © Larbaletier

L’installation fait partie du décor depuis quelques jours seulement, mais elle a déjà ses fans. Au centre commercial Leclerc de Romilly-sur-Seine dans l'Aube, les clients passent désormais leur chariot sous une arche, baptisée "Clean Course", qui pulvérise un produit de désinfection. En parallèle, ils peuvent évidemment se nettoyer les mains avec du gel hydro-alcoolique distribué par le même dispositif.  "C’est très rassurant ! Cela devrait être partout comme ça ! On est sûr d’avoir un caddie propre. Franchement, c’est super",  lâche un consommateur enthousiaste. 

Pour le gérant  de l’hypermarché, Alexandre Merle, il n’y a pas eu d’hésitation malgré la présence sur le marché d’autres matériels de désinfection : « Il existe des arches que l’on dispose sur les parkings pour désinfecter tout un tas de caddies en même temps. Moi je préfère ce système de portique individuel dans l’entrée, c’est plus efficace et visible pour le client". Cette innovation est d’autant plus appréciée par le dirigeant de l’hypermarché qu’elle est un produit de l’industriel aubois Larbaletier, situé à une vingtaine de kilomètres, à Fontaine-les-Grès. Un groupe spécialisé dans l'acier et l'agencement de magasin. 

Développée en trois semaines

Aider ses clients à sécuriser leurs locaux, c’est le leitmotiv du PDG de Larbaletier, Olivier Choiselat, depuis le début de la crise sanitaire. Ces trois dernières semaines, il a mobilisé une dizaine de salariés en moyenne sur les 140 que compte l’entreprise familiale pour fabriquer les fameuses arches. "Nos clients habituels ce sont les grandes surfaces car nous produisons des agencements de magasins, en particulier dans l’alimentation, les bars à salades, etc… Comme nous étions déjà très au fait des techniques de nébulisation de fruits et légumes, nous avons pu élaborer ce produit très vite. Une chaine de production digne de ce nom est en passe d’être  installée pour répondre à la demande". Mis sur le marché la semaine dernière, le portique de Larbaletier a déjà suscité une centaine de commandes.

Des commandes locales bien sûr, mais qui viennent aussi du reste de la France, avec une part importante issue de l’Est et notamment d’Alsace - Olivier Choiselat, Pdg Larbaletier

Sur le plan du chiffre d’affaires, la fabrication de produits sanitaires est une activité « de compensation » pour Larbalétier. A côté du Clean Course, elle propose également des bornes de distribution de gel hydroalcoolique, des parois de protection transparentes ou des ouvre-portes originaux dont un en  forme de revolver. "Même avec une belle quantité on ne peut espérer atteindre notre chiffre d’affaires médian, autour de 20 millions d’euros par an", déplore le chef d'entreprise.

"Nous avons repris progressivement notre activité classique, la fabrication d’agencements de magasins depuis la mi-avril et nous sommes en train de répondre aux commandes d’avant le confinement. Mais avec la crise les commandes suivantes sont annulées ou freinées. Nous escomptons 30 à 40% de baisse de notre volume de chiffre d’affaires d’ici deux mois et surtout un trou noir de trois ou quatre mois. Dans ce contexte, sans être la panacée, ces produits ne sont pas négligeables".  

 

L'usine a mis en place l'assemblage en chaîne de cette arche.
L'usine a mis en place l'assemblage en chaîne de cette arche. © Larbaletier

Quelle pérennité pour l’arche ?

Alors, après un démarrage en trombe, l’arche de désinfection a-t-elle un brillant avenir ? "Peut-être !", ose espérer l’industriel aubois. "Si nos clients estiment que le produit a une utilité  hors Covid. On lutterait ainsi  contre les épidémies de grippe ou de gastro. Mais nous restons prudents. La vitesse d’oubli est très importante. Et on a vu comment cela se passe pour les masques !"

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