Il fait des millions de vues sur Youtube grâce à des vidéos sur le monde de l'agriculture

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Depuis 2019, un jeune étudiant en agronomie, originaire de Saint-Lyé (Aube), réalise des vidéos sur l'agriculture très suivies sur Youtube. Rencontre avec ce vidéaste passionné.

Un tracteur, ça peut paraître un peu banal. Pourtant, le filmer en pleine action peut susciter des passions. Thibault Voilliot (il a Instagram), originaire de Saint-Lyé (Aube, près de Troyes), l'a bien compris.

Depuis 2019, cet étudiant en agronomie de 19 ans fabrique et publie sur la chaîne Youtube AubeAgri Production de nombreuses vidéos centrées sur les véhicules et activités agricoles. Huit millions de vues sont totalisées. France 3 Champagne-Ardenne a rencontré le vidéaste.

Comment expliqueriez-vous ce que vous faites ?

"J'ai commencé à faire des vidéos dans la ferme familiale, juste pour m'amuser. J'avais un drone. Au bout de quelques mois, on m'a proposé de les poster sur Youtube. À partir de là, ça a commencé à bien marcher. Au bout d'un moment, j'ai atteint 1.000 abonnés. J'ai alors pu investir dans plus de matériel : GoPro, stabilisateurs, caméras, tout ça... Pour le secteur où je suis, ça a très bien marché. Aujourd'hui, j'en suis à presque 18.000 abonnés."

Pourquoi rencontrez-vous un tel succès ?

"J'essaye, quand je peux, de filmer des chantiers peu courants, et en général assez gros. J'ai de la chance, car dans l'Aube, il y a beaucoup de chantiers. C'est une plaine qui est pas mal céréalière. On peut donc rencontrer du beau matériel. Par rapport à certaines autres régions plus tournées vers l'élevage : on a moins de chance de voir de tels engins. Il y a aussi l'algorithme de Youtube que je ne maîtrise pas [et qui a diffusé sa vidéo un peu partout, comme avec ce Youtubeur alsacien qui avait fait 71 millions de vues inattendues en jouant du piano n'importe comment." 

De la Champagne à la Picardie

Où tournez-vous ?

"Au début, je ne filmais que dans l'Aube car j'y faisais mes études, j'étais au lycée. Je ne me déplaçais qu'en vélo. Ça m'est arrivé deux-trois fois de partir jusque dans la Marne : ça me faisait pas mal de kilomètres. Au jour où j'ai eu mon permis, j'ai commencé à pouvoir me déplacer plus loin. J'en ai fait pas mal dans la Marne car il y a beaucoup de gros chantiers. Et actuellement, je fais mes études à UniLaSalle Beauvais, dans l'Oise. Donc j'ai pas mal l'occasion de filmer dans ce département, vers Amiens aussi, des coins comme ça."

En quoi ça fait de vous une référence nationale ?

"Pas tellement, c'est plutôt le nord de la France. J'en ai [aussi] fait une en Bretagne, quand je suis parti en vacances. C'est une passion, pas un travail. Donc quand je pars en vacances, c'est un petit voyage sympa pour moi et je profite. Filmer est une passion, pas un travail."

Combien de temps ça vous prend ?

"Ça dépend de la taille du chantier. Ça peut varier de deux heures à cinq-six heures de tournage. Voire plus si le chantier est conséquent et qu'il y a pas mal d'étapes à filmer. Ça m'arrive aussi de faire quatre à cinq heures de route, grand maximum, pour filmer, et il faut parfois se réveiller tôt selon le lever du soleil. Le montage varie aussi. Pour une vidéo de deux à trois minutes, il faut huit à dix heures de montage. Et pour cinq à huit minutes, entre dix et vingt heures selon la qualité de rendu que je veux."

Pour tous publics

Qui regarde vos vidéos ?

"Il y a quelques personnes qui ne connaissent pas, découvrent, et me posent des questions dans les commentaires. Il y a quand même pas mal de gens qui travaillent dans le domaine de l'agriculture : c'est leur passion et ils aiment bien regarder du machinisme. Il y en a aussi d'autres, mais c'est rare, qui ne sont parfois pas trop d'accord avec certains chantiers, de méthanisation par exemple."

Ça vous fait quoi, cette audience ?

"Je ne sais pas trop quoi répondre. Je n'attache pas trop d'importance au nombre de vues car je n'avais vraiment pas fait ça pour ça. Au tout début, j'avais dit à mon papa que je ferais les moissons avec lui si il me laissait acheter un drone. Je n'avais pas commencé pour être sur Youtube. Je fais vraiment ça par passion. Je suis content de voir que ce que je fais est récompensé : ça fait vraiment plaisir et ça motive. Après, si ce n'est pas le cas, ça ne change rien."

Quelle vidéo voudriez-vous mettre en avant ?

"Je n'ai pas de vidéo qui résume l'entièreté de ma chaîne, même si je songe à faire un best-of en fin d'année. À chaque fois, il s'agit d'un chantier bien spécifique. Peut-être celle sur l'ensilage [récolte et mise en silo; ndlr]. J'y explique le chantier et ses nombreuses étapes [18.000 vues, à voir ci-dessous; ndlr]." 

Objectif diversification

Pourquoi avez-vous aussi présenté le broyage du bois ?

"C'est en dehors de l'agriculture, j'en fais pas mal mais j'essaye de diversifier un maximum pour que ce soit intéressant à suivre. Une entreprise me l'avait proposé : elle abattait du bois. J'en profite pour préciser que la bonne ambiance est souvent de la partie et que je suis souvent très bien accueilli par les agriculteurs : il y a toujours une belle histoire derrière. La vidéo sur le bois a très bien marché [124.000 vues; ndlr] alors que j'avais peur que le sujet n'intéresse pas trop l'audience que j'essaye de biler : au final, si. Là, on était plus dans une partie forestière. Ce n'est pas mon secteur, mais ça m'intéresse [voir la vidéo ci-dessous; ndlr]."



Quelle vidéo a le mieux marché ?

"J'ai une petite anecdote. La vidéo à 1,5 million de vues a été filmée alors que j'allais filmer ce chantier d'abattage de bois. Notre camion s'est retrouvé face à un pont interdit aux véhicules de plus de six tonnes, alors qu'on en faisait 44. On a donc dû faire demi-tour et passer par des petites rues qui n'avaient pas été planifiées pour ce très long convoi exceptionnel. On s'est retrouvé pratiquement bloqué dans un virage. Moi, je suis descendu à ce moment-là et j'ai filmé pendant trois minutes. On a réussi à passer, finalement. Quelques semaines plus tard, j'ai décidé de poster ce petit passage sans montage. C'était la vidéo la moins compliquée de toute ma chaîne, et j'ai d'ailleurs hésité à le faire car ce n'était pas très pro [visible ci-dessous; ndlr]."



Que prévoyez-vous de faire une fois vos études finies ?

"Pour l'instant, je fais des études l'agronomie. Donc je m'oriente plutôt vers le secteur de l'agriculture. Après, c'est vrai que la vidéo, c'est un domaine qui m'intéresse beaucoup. Je ne sais pas si ce serait possible de l'associer au secteur de l'agriculture. Pourquoi pas dans la communication agricole ou quelque chose comme ça ? Je n'ai pas d'idée très précise, mais ce serait un bel objectif de pouvoir associer mon métier et ma passion."



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