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Pourquoi l'Estac est dans le rouge ?

Benjamin Nivet mène l'échauffement de ses coéquipiers lors de la reprise de l'entrainement le 24 juin 2015. / © AFP
Benjamin Nivet mène l'échauffement de ses coéquipiers lors de la reprise de l'entrainement le 24 juin 2015. / © AFP

Le club accusait un déficit de 5 millions d'euros en début de semaine. Paradoxalement le titre de champion de Ligue 2 a coûté cher aux finances troyennes, puisque pour récompenser ces bons résultats, le staff et les joueurs se sont partagés 2,4 millions de primes selon l'Equipe.

Par Florent Boutet

Gagner est mauvais pour la santé financière. Tel est l'adage en vogue dans les coulisses du Stade de l'Aube. Si la DNCG remet en cause l'accession de l'Estac en Ligue1 pour raison financière, c'est notamment parce que les 2,4 millions d'euros de primes versées aux joueurs et au staff ont dépassé le budget prévisionnel. Troyes s'attendait à un classement final en milieu de tableau. Le titre de champion 2014-15 de Ligue 2 a fait exploser les compteurs ! La santé économique de l'Estac s'en serait donc mieux tirée si les résultats du club avaient été plus en retrait. Cherchez l'erreur !!!

L'équation délicate des clubs des petites villes


Mais ces primes distribuées au groupe mené par l'entraîneur Jean-Marc Furlan et le capitaine Benjamin Nivet n'expliquent que la moitié de ce trou. Le non paiement par Palerme du transfert de N'Goyi en 2013 explique aussi en partie le déficit. Le club italien n'avait pas encore versé les 800.000 euros qu'il devait à l'Estac. Ce serait chose faite depuis le 26 juin : en comptant les intérêts, Troyes aurait récupéré 1 million d'euros.
Comment Troyes peut sauver sa place en Ligue1 ?
Face aux menaces de la DNCG, le président du club Daniel Masoni et l'entraineur Jean-Marc Furlan tenaient une conférence de presse ce samedi 27 juin 2015.

Reste donc un trou de 1,6 million d'euros imputable au modèle économique fragile des clubs de haut-niveau implantés dans des agglomérations de moins de 200.000 habitants. Prenez des recettes de billetterie en berne en raison d'une affluence réduite au stade (guère plus de 7000 à 8000 spectateurs sur une capacité de 20.000 places alors que Troyes caracolait pourtant en tête du championnat). Ajoutez l'obligation quasi-systematique faite aux clubs de taille moyenne de vendre tous les ans au moins un joueur pour équilibrer les comptes. Et concluez avec la sévérité accrue de la DNCG, et vous obtiendrez la situation kafkaienne qui plombe le moral des fans de ballon rond dans l'Aube.


Jean vers Monaco et Carole transféré en Turquie ?


Le salut de l'Estac passe donc par la vente d'un ou deux joueurs. Le transfert de Corentin Jean vers l'AS-Monaco pour 4 millions d'euros est le scénario avancé par les dirigeants. Le président Daniel Masoni se rendra d'ailleurs ce lundi 29 juin sur le Rocher pour négocier la vente de l'international espoir sous condition qu'il soit prêté pour un an à Troyes dans la foulée. Si cette transaction permettrait à l'Estac d'équilibrer tout juste ses comptes, elle permettrait surtout de lever tous les doutes quant à la place de l'équipe en Ligue 1.

Si jamais le club monegasque rechignait à débourser autant d'argent pour Corentin Jean, Troyes aurait toujours la possibilité de se séparer d'un autre joueur. Selon nos confrères de la presse quotidienne, le défenseur Lionel Carole intéresserait les clubs turcs de Galatasaray et Fenerbahçe pour une somme qui avoisinerait 1,5 millions d'euros. Autant d'élèments qui font dire aux dirigeants troyens qu'il ne faut pas s'affoler. Reste que sur le marché des transfert l'Estac n'a plus qu'une seule solution : prospecter uniquement vers les joueurs qui sont en fin de contrat.

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