Bas-Rhin : le CFA d’Eschau rebaptisé Centre de formation Bernard Stalter, emporté par le Covid il y a un an

Il aurait eu 64 ans ce vendredi 12 mars. Figure régionale et nationale de l’artisanat, Bernard Stalter a été emporté le 13 avril 2020 par le Covid. Son nom figure désormais au fronton du CFA d’Eschau, rebaptisé Centre de formation Bernard Stalter.

Le 29 octobre 2019, Bernard Stalter inaugurait le nouveau salon de coiffure pour les apprentis du CFA de Mulhouse.
Le 29 octobre 2019, Bernard Stalter inaugurait le nouveau salon de coiffure pour les apprentis du CFA de Mulhouse. © Vincent Voegtlin / Maxppp

Ses moustaches étaient sans doute les plus connues d’Alsace, du Grand Est et même de France. Le 13 avril 2020, Bernard Stalter, après avoir combattu toute sa vie en faveur de l’artisanat, perdait sa bataille contre le Covid qui le terrasse à l’âge de 63 ans. Ce vendredi 12 mars 2021, il aurait eu 64 ans. A l'occasion de cette date anniversaire, la Chambre des Métiers d’Alsace a choisi de rebaptiser le CFA d’Eschau : ce sera désormais le Centre de formation Bernard Stalter.

Ils sont venus, ils sont tous là

Sur le parvis du CFA, artisans, élus locaux, régionaux et nationaux sont venus honorer la mémoire de ce fervent défenseur de l’artisanat français et des métiers. Son nom est désormais inscrit au fronton de l'établissement qui forme 920 apprentis.

Le CFA d'Eschau s'appelle désormais le Centre de formation Bernard Stalter : 920 apprentis y apprennent leur métier.
Le CFA d'Eschau s'appelle désormais le Centre de formation Bernard Stalter : 920 apprentis y apprennent leur métier. © Jérôme Gosset / France télévisions

Aux côtés d’Agnès, son épouse, et de Benjamin, son fils, tous ont eu à faire à Bernard Stalter, soit pour une coupe de cheveux, soit pour une discussion enflammée autour des métiers, de l’apprentissage et du statut d’artisan.

Son successeur, Jean-Luc Hoffmann, a repris le flambeau dans la tourmente de la crise il y a un an : " Nous nous sommes rencontrés la première fois en 2004. Au bout d’un quart d’heure, Bernard me faisait déjà la bise. A cette époque, ça n’était pas courant !...et aujourd’hui, non plus d’ailleurs ". Les deux hommes se sont côtoyés pendant 17 ans : " Je l’ai vu évoluer. Il aimait les gens profondément, il avait une véritable aura ".

Cette aura est encore palpable aujourd’hui : le facebook live organisé en cette journée d’hommage a enregistré pas moins de 10.000 vues.

"Un panache à la d’Artagnan"

C’est l’histoire d’un apprenti coiffeur devenu président du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat. L’histoire d’un Alsacien qui, selon Muriel Pénicaud, ministre du Travail entre 2017 et 2020, "aurait pu être méridional tellement il était emphatique et empathique quand il parlait ".

D’abord coiffeur pour l’armée sur la base aérienne d’Entzheim pendant 10 ans, Bernard Stalter ouvre son premier salon de coiffure à Brumath en 1993 avec son épouse Agnès. S’en suivent deux, puis trois salons. Il coupe, il forme (70 apprentis sur l’ensemble de sa carrière) et il parle.

Enthousiaste, passionné, il intègre la corporation des métiers de la coiffure dont il devient président. En 2004, le coiffeur de Brumath, qui n’a jamais cessé de couper les cheveux par « goût du terrain », est élu président de la Chambre des métiers d’Alsace. Il prendra la tête du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat douze ans plus tard.

Sa verve, sa capacité de persuasion et son engagement en faveur de l’artisanat le conduise presque naturellement vers la politique. En 2016, il intègre le Conseil régional du Grand Est.

A moment de former son gouvernement, Emmanuel Macron lui proposera le poste de secrétaire d’Etat en charge de l’artisanat. Sans doute flatté, il refusera afin d’avoir les mains libres pour continuer son combat en faveur des métiers.

L’an passé, il devait recevoir la médaille d’Officier de la Légion d’honneur des mains de Muriel Pénicaud. Très attaché à sa région, Bernard Stalter souhaitait que cette médaille lui soit remise, non pas sous les ors de la République, mais en Alsace devant 300 apprentis et artisans. C’était prévu ainsi dans le calendrier à la date du 13 avril. Mais ce 13 avril 2020, c’est avec la mort qu’il avait rendez-vous. Le Covid n’aime ni les embrassades, ni les serrages de main. Bernard Stalter, lui, ne pouvait pas s’en passer. 

Après Eschau, Mulhouse

Dans le prolongement de cette journée, une autre action sera organisée prochainement à Mulhouse. C’est Michèle Lutz, l’actuelle maire et ancienne membre de la Chambre des Métiers d’Alsace qui devrait être à la manœuvre. Le rond-point installé devant le Centre de Formation de Mulhouse portera le nom de Bernard Stalter.

Et puis, à une date que nul ne connaît pour le moment, Emmanuel Macron a promis à Jean-Luc Hoffmann de venir rendre hommage " à son ami Bernard ". L’actuel président de la Chambre des métiers d’Alsace est tenu par une autre promesse : celle faite à son mentor de poursuivre son engagement auprès des artisans d’Alsace.

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