Après les orages de grêle, les fabricants de tuiles ont encore plus de mal à répondre aux commandes

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Écrit par Claire Peyrot

Avec les tensions que connaît le marché de la rénovation depuis les confinements, les tuiles étaient déjà un produit difficile à trouver. Les orages de grêle du mois de juin viennent encore alourdir les carnets de commande des fabricants de tuile.

Cela fait dix ans que l'Alsace n'avait pas connu des orages de grêle d'une telle intensité. Dans la nuit du dimanche 26 juin au lundi 27 juin, des grêlons pouvant aller jusqu'à huit centimètres de diamètre se sont abattus sur le Bas-Rhin, sur une bande allant de Villé jusqu'à Strasbourg. Même phénomène le jeudi 30 juin pour le département du Haut-Rhin.

Ces grêlons sont si gros qu'ils causent d'importants dégâts, notamment sur les voitures individuelles stationnées dans la rue. Ainsi, dans les jours qui ont suivi ces intempéries, les carrossiers ont été pris d'assaut par les automobilistes qui voulaient faire débosseler leurs véhicules impactés.

La grêle endommage tout aussi sérieusement les toitures des maisons d'habitation. A Seltz, le groupe autrichien Wienerberger en sait quelque chose. Leader français du marché de la terre cuite, son usine bas-rhinoise fournit 80% des tuiles du Grand Est. Depuis la mi-juin, l'entreprise voit sa demande exploser, sans qu'elle puisse y faire face immédiatement.

Frédéric Didier, le directeur général de Wienerberger France, parcourt le site en expliquant : "en temps normal, le parc est complet et aujourd'hui, on a à peu près 25% de stock par rapport à d'habitude".

Demande et prix en hausse

Car le phénomène n'est pas seulement dû à la météo : la demande était déjà très forte depuis mai 2020, le confinement ayant boosté le marché de la rénovation, alors que la production de tuiles avait été interrompue avec la crise du COVID. Depuis, la fabrication a été accélérée (de plus 15%), mais elle ne permet pas d'absorber toutes les commandes.

Les délais s'allongent et l'entreprise insiste auprès de ses clients pour qu'ils essaient d'anticiper au maximum leurs besoins. A cela s'ajoute une hausse des coûts de fabrication, due à la flambée des coûts de l'énergie.

Une pénurie qui inquiète le secteur. Jean-Luc Wiedemann, vice-président de l’Union Nationale de la couverture plomberie, prévoit des conséquences à cette flambée des prix : "les promoteurs sont en train de mettre les projets dans les tiroirs. Les communes et les architectes également. Dans six mois, le secteur va commencer à manquer de travail."