Ces deux cyclistes veulent monter (et descendre) le mont Sainte-Odile 30 fois en 24 heures

Monter et descendre trente fois de suite le mont Sainte-Odile à vélo, en un jour et une nuit. Tel est le défi que s'est lancé Olivier Boisard d'Obernai pour ce samedi, 2 septembre 2023. Son ami Aurélien Bassompierre, ancien coureur cycliste professionnel, l'accompagne dans cette aventure.

"Ce n'est pas mon idée. C'est le défi de mon ami Olivier Boisard, qui aura bientôt 60 ans." D'emblée, Aurélien Bassompierre met les points sur les i. "Moi, ce genre de distance avec un peu de dénivelé, j'y suis davantage habitué. C'est plus lui qu'il faut mettre à l'honneur."

Alors que certains enfourchent la petite reine pour savourer tranquillement des paysages bucoliques, d'autres s'en servent pour pratiquer un sport de l'extrême. Comme ces deux amis qui, en guise d'occupation de début de week-end, ont décidé de monter trente fois, pas une de moins, sur le mont Sainte-Odile. Et ce, en moins de 24 heures, soit 48 minutes l'aller-retour en ne comptant aucun temps de pause.    

Cette prouesse, si elle aboutissait, constituerait un nouveau record. En 1992, le club des Randonneurs de Strasbourg s'était déjà attaqué à ce haut lieu alsacien par 25 montées et descentes en 24 heures. Et Olivier Boisard, de son côté, avait réitéré cet exploit tout seul en 2021.

C'est d'ailleurs à cette période-là que le Gertwillerois Aurélien Bassompierre, 42 ans, avait croisé sa route. Et lui a ouvert de nouveaux horizons, en lui donnant envie de placer le curseur encore plus haut.

Aurélien a initié Olivier à l'ultra-cyclisme

Ce dernier pratique l'ultra-cyclisme depuis des années, en s'astreignant à des épreuves de très longues distances, qui cumulent de gros dénivelés. "En 2015, j'avais fait ce genre de choses sur les pentes du Grand-Ballon, raconte-t-il. Je l'avais gravi 35 fois, ce qui représente 37 540 mètres de dénivelés, en 67 heures, sans assistance."    

Voici deux ans, il a aussi fait "un grand tour des Vosges de 800 kilomètres avec pas mal de dénivelés", en enchaînant 48 cols. C'est à cette occasion, qu'à peine parti de Gertwiller, il avait "croisé Olivier Boisard qui descendait du mont Sainte-Odile."

Il aime ce genre d'aventure

Aurélien Bassompierre

Depuis, les deux comparses se voient régulièrement. "Je l'ai initié à l'ultra-cyclisme, avoue Aurélien Bassompierre. Il a voulu découvrir ce milieu, et du coup, plusieurs fois par mois, il se lance de petits défis (…) Ça fait deux ans qu'on roule régulièrement ensemble. Il aime ce genre d'aventure. Et rouler de nuit procure encore d'autres sensations."

Olivier Boisard a ainsi "participé à une course dans les Vosges" sur une "petite" distance de 350 kilomètres. "En avril, on est allés ensemble chez Andy Schleck, vainqueur du Tour de France 2010. 500 kilomètres, à la vitesse moyenne de 25 kilomètres à l'heure, ce n'est pas rien. Et maintenant, il se sent d'attaque."

Tout récemment, le presque sexagénaire a donc eu l'idée de dépasser son propre record, en s'attaquant une fois de plus au mont Sainte-Odile, mais en mettant la barre bien plus haut. "À 59 ans, se lancer dans un challenge comme ça, je trouve ça chouette" estime Aurélien Bassompierre, qui raconte que tout s'est décidé en moins d'une semaine. 

24 heures non stop

"En rentrant de vacances dimanche dernier, je croise Olivier qui me dit : 'J'aimerais refaire le défi des 24 heures, mais en trente allers-retours. Je veux le faire ce week-end.' J'ai dit : 'Ok, je t'accompagne.' Je serai tout le temps avec lui, mais je vais juste lui filer un coup de main."

S'il arrive au bout de son défi, ce sera lui, le détenteur du record

Aurélien Bassompierre

Les deux cyclistes s'élanceront du croisement de la route forestière du Vorbruck, au bas du versant côté Klingenthal. De là jusqu'au parvis, où ils feront à chaque fois demi-tour, "il y a exactement 400 mètres de dénivelés, sur 6 kilomètres." Olivier Boisard sera équipé d'un GPS pour enregistrer ses données de manière officielle. "S'il arrive au bout de son défi, ce sera lui, le détenteur du record" assure son ami.

En effet, ces trente ascensions identiques pourraient rentrer dans le cadre d'un Everesting challenge. Un concept diaboliquement simple, qui consiste à grimper sur n'importe quelle montagne ou colline autant de fois que nécessaire, jusqu'à avoir gravi 8 848 mètres, soit l'équivalent de la hauteur de l'Everest. Or, "si Olivier réalise les trente montées, il aura franchi 12 000 mètres de dénivelés positifs", soit plus de 3 000 mètres de plus.     

Le départ est prévu ce samedi 2 septembre à 10h, et le défi se poursuivra en non-stop jusqu'au dimanche 3, même lieu et même heure. D'éventuels accompagnateurs pourront se garer sur le parking de la maison forestière du Vorbruck. "On accepte tout le monde, on n'est pas comme ça, rigole Aurélien Bassompierre. Même des adeptes du vélo électrique."

Durant l'événement, il prévoit de réaliser "des petits directs" sur sa page Facebook. Et si tout se passe comme prévu, les deux comparses caressent déjà l'idée, "dans les années futures, d'organiser un truc officiel, genre une petite course." Histoire de mieux se faire connaître et, si possible, séduire quelques sponsors locaux pour la suite.