"Dès qu’il y a un terrain plat, ils veulent absolument bâtir" : habitants et paysans manifestent contre un parc industriel

250 personnes se sont rassemblées dans la matinée du 25 mai à Hatten (Bas-Rhin) pour exprimer leur opposition à un projet de parc d’excellence industrielle lié à l’exploitation de lithium. Ils dénoncent la suppression de plus de 50 hectares de terres agricoles.

Il y avait foule en ce samedi au pied de l’église d'Hatten (Bas-Rhin). Juchés sur leur tracteur ou pancartes à la main, 250 personnes se sont rassemblées pour signifier leur opposition à la création d’un parc d’activités industrielles envisagé en partie sur la commune. Dans la foule, des agriculteurs qui ont répondu à un appel lancé par la confédération paysanne, mais aussi des militants écologistes et de simples habitants.

Sur leur pancarte, le mot « terre » est particulièrement présent : « pas de béton sur nos terres » peut-on lire sur l’une, « la terre ne nous appartient pas, nous l’empruntons à nos enfants » rappelle une autre. Car c’est bien l’objet de toutes les inquiétudes du jour : voir disparaître des terres actuellement cultivées pour les remplacer par des usines.

"Je cultive en bio des céréales que je transforme en pain et en farine", explique une agricultrice d’Hatten venue avec ses deux enfants, qu’elle initie déjà en vue d’une éventuelle reprise de l’exploitation quand ils seront grands. Le projet lui ferait perdre 10 hectares de surface cultivée. "10 hectares : cela représente 25% de l’activité de ma ferme. Si je les perds, ma ferme ne sera plus gérable", s’inquiète Hélène Faust.

Présent également avec son tracteur, Jacky Amann est producteur laitier. Lui aussi risque de perdre 10 hectares de son exploitation. "Je me sers de ces terres pour cultiver le fourrage pour nourrir mes animaux. Ce ne sont pas des récoltes que je vends en coopérative. Et ces terres ont l’avantage de la proximité : pour l’épandage, les ensilages, pour récolter mes fourrages, cette proximité est très importante. Si je dois retrouver des terres plus loin, cela va automatiquement engendrer pour moi des coûts supplémentaires".

Jacky comme Hélène ne veulent donc pas entendre parler des contreparties foncières qui pourraient être proposées aux agriculteurs lésés. Et peuvent compter sur le soutien d’associations mobilisées contre le projet. Membre du collectif Hatten demain, Muriel Manière s’inquiète aussi des nuisances que pourrait générer le parc d’activités industrielles. "On redoute notamment l’aggravation du trafic routier. Il y a déjà beaucoup de camions qui circulent avec la base logistique située à proximité. Donc, on a peur qu’il y en ait encore plus. Et puis il y a un risque de trafic pendulaire, quand les gens iront travailler sur le futur site."   

Car le projet porté par la communauté de communes de l’Outre-Forêt est ambitieux. Ce parc d’excellence industrielle d’une emprise de 54 hectares – "l’équivalent de 75 terrains de football" s’insurgent les opposants - a pour vocation d’accueillir des entreprises en lien avec une possible exploitation du lithium présent dans le sous-sol. Avec la promesse de la création de 1500 à 2000 emplois à terme à proximité d'une commune de 1900 habitants. De quoi donc doubler la population d'Hatten.

Argument qui ne convainc pas du tout, voire qui effraient les opposants. Ils ont lancé une pétition qui approche les 2000 signatures, et entendent poursuivre leur mobilisation jusqu’à l’abandon définitif du projet. L’étude préalable à une révision du plan local d’urbanisme a été lancée en décembre 2023. Les conclusions de cette procédure sont attendues pour le premier trimestre 2025.

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