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88 Alsaciens privés du match Nîmes-Strasbourg: “C’était disproportionné”, raconte le président des Ultra Boys 90

L'accueil des forces de l'ordre en gare de Nîmes / © Florian Kuhn
L'accueil des forces de l'ordre en gare de Nîmes / © Florian Kuhn

Samedi 16 mars, 88 supporters du Racing ont voulu braver un arrêté préfectoral leur interdisant de fréquenter le secteur de la gare de Nîmes (Gard) en amont de la rencontre Nîmes Olympique-RCSA. Arrêtés à la descente du train, ils ont été priés de rentrer chez eux. Sans voir le match.
 

Par M.C

C’est ce que l’on appelle jouer avec le feu ou tenter le diable. Samedi 16 mars, 88 supporters appartenant au groupe des Ultra Boys 90 prennent la route du sud depuis Strasbourg, répartis dans deux bus qui roulent vers Nîmes. Au bout du voyage… l’émotion. Ils s’en vont soutenir le RCSA qui affronte le club nîmois dans le cadre de la 29e journée du championnat de France de Ligue 1.

C’était un voyage bon enfant. Notre but était de passer une bonne journée, dans un esprit festif 
Florian Kuhn, le président des UB90 -

Arrivés à Avignon, "histoire de se détendre un peu", les Alsaciens font une pause et se décident à finir le trajet en train. Pourtant ils le savent, quelques jours plus tôt le préfet du Gard a pris un arrêté leur interdisant de circuler dans plusieurs secteurs autour du stade nîmois des Costières. Celui de la gare en fait partie. Une décision justifiée par des "risques sérieux pour la sécurité des personnes et des biens" en cas de présence des fans du RCSA en centre-ville et aux abords du stade à qui il convient de "limiter la liberté d’aller et venir" précise l’arrêté. 
  

C’était de la provocation, c’est vrai. Mais nous voulions montrer qu’on a le droit de circuler librement et surtout qu’on peut faire les choses calmement, sans débordements
- Florian Kuhn, président des Ultra Boys 90 -


Trente minutes de discussions, de paysages et de roulis plus tard… c’est la douche froide redoutée. "On était à peine descendus du train qu’on s’est retrouvés encadrés par plusieurs dizaines de gendarmes. Ils nous ont bloqués dans le hall, on n’avait même pas accès aux toilettes. Dans le groupe, il y avait des femmes, des enfants, on n’a pas compris. C’était disproportionné", raconte encore le président.  Au bout de plusieurs minutes d’attente, les supporters expliquent avoir été emmenés dans des bus sans réussir à obtenir plus de précisions.
 
L'accueil des forces de l'ordre en gare de Nîmes / © Florian Kuhn
L'accueil des forces de l'ordre en gare de Nîmes / © Florian Kuhn
 

"On pensait aller vers le stade, vu que nous étions restés calmes. Mais en suivant l’itinéraire sur nos téléphones portables, on s’est aperçu que ce n’était pas le cas." Finalement, la destination se serait révélée nettement moins réjouissante. L’école de police de Nîmes pour un relevé d’identité. "Là encore, nous sommes restés calmes. Même le commissaire a reconnu notre bonne tenue. Mais ça n’a pas suffi à convaincre le préfet".

Après quarante minutes d’attente, les UB90 racontent avoir été escortés par plusieurs voitures de polices et des motards, pour rallier Orange et leurs propres bus. Retour à la maison après un voyage épique et express en terre nîmoise. "Le préfet nous dit que les forces de l’ordre sont mobilisées pour faire face à la menace terroriste, qu’elles ont des missions prioritaires, et parallèlement à ça, on déploie des dizaines d’hommes juste pour nous. Alors que nous sommes pacifistes. C’est incompréhensible", tempête Florian Kuhn.
 

Quant aux faits de débordements ultérieurs entre les supporters de Nîmes et les Alsaciens rappelés dans l’arrêté, "ils sont excessifs. Il n’y a jamais eu de réelles frictions, d’incidents majeurs", conteste-t-il. "Tout cela montre qu’en France, on ne sait pas gérer un petit groupe de supporters. Ça commence à nous épuiser. Nos libertés sont bafouées. Avec cette action, on espère vraiment éveiller les consciences et pousser les autorités à nous considérer autrement" conclut-il.
 

En attendant, l’absence des fans du RCSA dans le stade  du Gard est largement commentée sur les réseaux sociaux. "Honteux, nul", "Tout simplement scandaleux de ne pouvoir aller à un match de foot !!!" ou encore "Lamentable. Et pendant ce temps, les Champs Elysées s’embrasent" peut-on lire notamment sur Twitter. Une mésaventure "consentie", qui aura fait des Ultra Boys 90 les hommes du match, dont on préfèrera ne pas retenir le score : 2-2 match nul.
 

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