Un anti-GCO raconte l'évacuation de la ZAD de Kolbsheim: “On a été pris en sandwich par les gendarmes”

Ce lundi matin, dans les bois de Kolbsheim. / © France 3 Alsace. Vincent Roy
Ce lundi matin, dans les bois de Kolbsheim. / © France 3 Alsace. Vincent Roy

Ce lundi matin restera parmi les faits les plus marquants de l'histoire de la ZAD de Kolbsheim. André Hatz, 70 ans, militant écologiste, était sur place dès 5 heures. Il fait partie des opposants au projet d'autoroute de contournement ouest de Strasbourg évacués par les forces de l'ordre.

 

Par Catherine Munsch

"Je suis arrivé par Ernolsheim à 5 heures ce lundi matin, je roulais en direction de Hangenbieten quand j’ai vu dans mes phares des agents de la force de l’ordre. Je ne voulais pas me faire arrêter tout de suite, alors j’ai pris un autre chemin. En route, j’ai vu quatre camions militaires suivis par plusieurs camionnettes bleues de gendarmerie et entendu les cloches de l’église se mettre à sonner à la volée."
 

"Elle sonnait le tocsin. J’ai laissé ma voiture à la mairie de Kolbsheim et suis allé à pied vers la ZAD. Très vite, je me suis retrouvé au milieu d’habitants du coin, avec lesquels j'ai été bloqué par les forces de l’ordre sur un chemin dans la forêt."

Ci-dessous, l'évacuation filmée par Taranis News, côté gendarmes.

"Ils ont voulu nous faire évacuer par la forêt, mais nous avons refusé, leur disant qu’il y avait des pièges à renards dans ce bois et qu’ils devaient d’abord envoyer des hommes pour nous ouvrir la route. Ils ont préféré renoncer et nous faire passer… dans une propriété privée. Sur le parcours, j’ai vu un homme en slip, au sol." 

"Il avait été transporté par les bras et les jambes par les gendarmes. Ils ne l’ont peut-être pas déshabillé intentionnellement et seulement tiré sur ses vêtements par tous les membres, mais au résultat il était en slip…"
 
"L'homme en slip", un militant anti-GCO. / © A. Hatz
"L'homme en slip", un militant anti-GCO. / © A. Hatz


"​​​​Pour nous disperser, les gendarmes ont fait des petits lots de personnes. Ils ont procédé sans violence contre nous mais avec force. Il y a avait pas mal de gens de ma génération, moi j'ai 70 ans, alors on ne peut pas faire grand-chose, ils avaient quand même leurs matraques."


"Alors on a essayé de sortir le plus lentement possible, ça faisait déjà ça de gendarmes en moins ailleurs... En tout cas ils essaient extrêmement nombreux [515 en tout selon la préfecture], certains venaient d'autres région de France."
 

 
Une militante anti-GCO. / © A. Hatz
Une militante anti-GCO. / © A. Hatz
  
"Moi je suis grand-père et je ne comprends pas qu'au gouvernent on puisse dire d'une part qu'il faut lutter contre la destruction de l'environnement et que d'autre part François de Rugy n'ait pas bloqué cette démarche criminelle pour l'environnement. C'est tout un système des transports qu'il faut changer."

"De trop nombreuses entreprises ont recourt aux camions pour livrer les marchandises à peine commandées. Les modes alternatifs existent, mais sont à développer, comme le transport par rail et voies navigables. Et puis, l'aspect juridique de ce dossier m'échappe. Il y a eu sept avis défavorables contre ce projet d'autoroute...
 

"Samedi il y avait 5.000 personnes dans la rue pour dire non à cette autoroute, Alsace nature a déposé un recours avec demande de référé à la préfecture. La justice a quinze jours pour répondre. Le préfet aurait pu prononcer un moratoire et ne pas envoyer forces de l'ordre et bulldozer. On n'était pas à quinze jours près. Car si la justice décide dans quinze jours que le projet ne doit pas se faire, les arbres auront été coupés."

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