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Attentat de Strasbourg: 10% des Français croient à une manipulation du gouvernement

Le secteur du quartier de la Meinau à Strasbourg, vers le pont Suchard, où a eu lieu l'opération policière ayant permis de neutraliser Cherif Chekatt, l'auteur de l'attaque terroriste du marché de Noël de Strasbourg du 11 décembre 2018. / © Jean-Marc Loos/Maxppp
Le secteur du quartier de la Meinau à Strasbourg, vers le pont Suchard, où a eu lieu l'opération policière ayant permis de neutraliser Cherif Chekatt, l'auteur de l'attaque terroriste du marché de Noël de Strasbourg du 11 décembre 2018. / © Jean-Marc Loos/Maxppp

Un Français sur dix pense que l'attentat du 11 décembre à Strasbourg était une "manipulation du gouvernement pour détourner l'attention" en plein mouvement des "gilets jaunes", selon une étude de  l'Ifop pour la Fondation Jean Jaurès et l'observatoire Conspiracy Watch, publiée ce mercredi.

Par AR

Une étude publiée ce mercredi indique que 10% des Français pensent que l'attentat du 11 décembre à Strasbourg était une "manipulation du gouvernement pour détourner l'attention" en plein mouvement des "gilets jaunes", selon une étude de  l'Ifop pour la Fondation Jean Jaurès et l'observatoire Conspiracy Watch, publiée mercredi.

D'après l'étude, réalisée fin décembre, 65% des personnes interrogées pensent que "cet attentat a été perpétré par Cherif Chekatt, un sympathisant de l'organisation jihadiste Etat islamique". 13% des sondés croient que "des zones d'ombres subsistent dans cette affaire et (qu') il n'est pas vraiment certain que cet attentat ait été perpétré par Cherif Chekatt", et 10% approuvent l'idée qu'"il s'agit d'une manipulation du gouvernement pour détourner l'attention des Français et créer de l'inquiétude dans la population en plein mouvement des gilets jaunes."
 

Ces théories complotistes ont été relayées par certains gilets jaunes dont Maxime Nicolle, (surnommé "Fly Rider") figure du mouvement. Un mois après les événements, dans un interview vidéo donnée à Konbini publiée le 9 janvier, Maxime Nicolle doute encore fortement du caractère terroriste de ces attentats préférant parler de "fusillade" ou de "tuerie".

Des propos qui choquent Jean-Charles Brisard,  président du Centre d'analyse du terrorisme et enseignant à l'Institut d'études politiques de Strasbourg, interrogé par France 3 Alsace, pour qui il faudrait opposer une condamnation pénale à ce genre de propos. Il a d'ailleurs fait une proposition en ce sens au président de la république, Emmanuel Macron dès son élection en 2017 pour mieux protéger les victimes et de condamner les photos, vidéos et propos trop souvent diffusés lors de ces événements douloureux.
 

Les autres résultats de l'enquête confirment globalement les enseignements d'une première étude publiée en janvier 2018 par la Fondation Jean Jaurès et Conspiracy Watch: elle montre que deux Français sur trois sont relativement hermétiques aux théories du complot. Mais si 35% des personnes interrogées n'adhèrent à aucune thèse complotiste, 21% en croient au moins cinq.
 

Corrélation entre les croyances dans les théories du complot et le niveau d'études

L'étude montre en outre une corrélation entre les croyances dans les théories du complot et le niveau d'études (plus il est faible et plus les sondés croient à des complots). En outre, l'attachement à la démocratie décroit avec la croyance aux théories du complot (elle est jugée très importante par 57% des Français, mais par 43% seulement des personnes qui adhèrent à 5 théories du complot ou plus).

L'étude a été réalisée du 21 au 23 décembre 2018 auprès d'un échantillon de 1.506 personnes représentatif de la population française adulte, constitué selon la méthode des quotas et complété par un second échantillon de 254 personnes de moins de 35 ans (dont les résultats ont été ramenés à leur poids réel dans la population).

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