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VIDEO - Bas-Rhin : des étudiants strasbourgeois envoient des roses dans l'espace

Photo prise par la caméra embarquée sur le ballon-sonde avec les roses, au-dessus de la Terre. / © Kérian Troestler. Document remis
Photo prise par la caméra embarquée sur le ballon-sonde avec les roses, au-dessus de la Terre. / © Kérian Troestler. Document remis

Ce dimanche 23 juin, des élèves ingénieurs de Strasbourg ont envoyé des roses dans l'espace depuis le fort de Schoenenbourg (Bas-Rhin). Un geste symbolique et un défi technique, car les deux nacelles sont équipées de capteurs de pollen, d'ozone et de particules fines.

Par Catherine Munsch

Après avoir envoyé un Bretzel dans l'espace en 2018, les étudiants de l'école d'ingénieur Strasbourg-Europe (l'Ecam) ont décidé d'envoyer dans la stratosphère deux ballons-sondes transportant des roses. Le premier ballon-sonde est parti à 11h30 ce dimanche 23 juin, le second à 13 heures. Des envois réalisés depuis le fort de Schoenenbourg (Bas-Rhin) dans le nord de l'Alsace. But de l'opération: enregistrer la qualité de l'air, mesurer la quantité de pollen, mais aussi vérifier la présence de grains de sable du Sahara.
 
Le décollage des roses emportées par le ballon-sonde.

La première sonde a atterri vers 16h30 entre la Petite-Pierre (Bas-Rhin) et Phalsbourg (Moselle), soit à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de leur point de départ. Comme prévu, le ballon a éclaté et la nacelle est redescendue grâce à un petit parachute. Le GPS de bord a indiqué que le ballon est monté à 35,111 kilomètres, soit plus haut que le bretzel, en 2018. La seconde sonde était attendue dans la soirée.
  
Les élèves ingénieurs lors du premier lâcher de ballon-sonde, depuis le fort de Schoenenbourg / © Kérian Troestler
Les élèves ingénieurs lors du premier lâcher de ballon-sonde, depuis le fort de Schoenenbourg / © Kérian Troestler


Capteur de pollution, de pollen et de sable

"Nous avions plusieurs défis techniques à relever, explique Kérian Troestler, élève ingénieur en 4e année et chef du projet Roses dans l'espace. D'abord il a fallu créer une bulle pour protéger les roses du froid et du vent, car ce sont de vraies roses cueillies du matin et dans l'espace, les températures baissent beaucoup. A 20 kilomètres d'altitude, les roses passent par - 50 degrés. En 2018, le bretzel est monté jusqu'à plus de 30 kilomètres. Nous espérons que les roses monteront aussi haut."
 
 

"Nous avons aussi installé des capteurs de qualité d'air à bord des deux nacelles, un capteur d'ozone et un capteur de particules fines, pour enregistrer la qualité de l'air dans les altitudes traversées. Sur l'autre nacelle, nous avons installé un capteur de pollen. Il n'y a jamais eu de mesure de pollen, à cette altitude. Nous ne savons donc pas si le pollen part si haut, et nous vérifierons aussi s'il y a du sable venu du Sahara, en altitude [la vague de chaleur annoncée pour la semaine du 24 juin viendra du sud et transportera a priori des grains de sable, ndlr] Le seul capteur de pollen en France est situé sur le toit de l'Hôpital civil à Strasbourg et il pèse dix kilos. Alors nous en avons créé un plus léger à l'école. Nous avons fait la conception et son impression en 3D. Il fait 200 grammes."


Cellules humaines

"Les données de pollution d'air enregistrées par nos ballons-sondes seront transmises à Atmo Grand Est  qui les analysera. Pour les particules fines et l'ozone, nous ferons l'analyse nous-mêmes, car les capteurs affichent des données qui se traduisent en graphiques. Par ailleurs, nous transportons aussi des cellules humaines, confiées par l'Inserm. Objectif : étudier les effets des radiations à différentes altitudes, sur les cellules humaines."
 
 
Un ballon sonde avec des roses dans une bulle pour les protéger du vent et du froid / © Kérian Troestler
Un ballon sonde avec des roses dans une bulle pour les protéger du vent et du froid / © Kérian Troestler
 
Des roses protégées dans une bulle en plastique avant leur envol pour l'espace / © Kérian Troestler
Des roses protégées dans une bulle en plastique avant leur envol pour l'espace / © Kérian Troestler

 

 

Etat des roses, après quelques heures de vols et une ascension à 35,11 km d'altitude / © Kérian Troestler
Etat des roses, après quelques heures de vols et une ascension à 35,11 km d'altitude / © Kérian Troestler


Pourquoi des roses depuis le fort de Schoenenbourg ?

Construit en 1931, ce fort est le plus important ouvrage, encore visible, de la ligne Maginot. Le long de ses trois kilomètres, plusieurs rosiers avaient été plantés pour les soldats du front. Ces rosiers, qu'ils entretenaient, avaient disparu un temps, mais la variété a été retrouvée dans un jardin en Allemagne, d'où ils ont été réintroduits, le long du fort.

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