CARTE. La Région Grand Est rachète 15 lignes à la SNCF et promet plus de trains et moins de retards

La Région Grand Est va récupérer 15 lignes de desserte fine du territoire appartenant à la SNCF. Ce transfert, chiffré à un milliard d'euros, va permettre une rénovation importante des voies ferrées, mais aussi une hausse de leur attractivité.

C'est un petit événement qui pourrait avoir un impact significatif pour les usagers. Comme le dévoile France Bleu Alsace ce vendredi 16 février, la Région Grand Est va racheter à la SNCF 15 lignes de son réseau, ouvertes à la concurrence. "Il s'agit de voies dites secondaires, car il y a peu, voire plus de trafic au quotidien", explique Thibaud Philipps, le vice-président de la Région Grand Est en charge des transports.

L'élu prend pour exemple la ligne Nancy-Contrexéville, fermée par la SNCF, qui rouvrira à partir de 2027, avec l'identité d'un nouvel opérateur annoncé au printemps. L'objectif de la Région est d'améliorer l'attractivité de ces lignes, qui souffraient d'un manque d'entretien. "Le budget SNCF a été dirigé vers les lignes principales. Durant 30 ans, il y a eu une forte aspiration des crédits pour le TGV, nos petites lignes ont alors été mises de côté", explique Thibaud Philipps.

Le chantier va coûter dans un premier temps 300 millions d'euros à la Région, "pour la maintenance des lignes". Néanmoins, un montant d'un milliard d'euros est évoqué pour couvrir sur le long terme les frais d'un tel rachat. "L’ouverture à la concurrence permet d’étaler dans le temps les coûts", précise l'élu.  

Quelles lignes concernées ?

Les travaux de rénovation s'annoncent importants, tout comme leurs enjeux. "Sur Strasbourg-Lauterbourg, on devra tout arracher et remettre à neuf par exemple. Mais cette ligne est très importante pour nous. Il y a un vrai besoin de desserte de population."  Sur 21 lignes ouvertes à la concurrence, la Région a souhaité en choisir 15. "On a pris celles où il y avait le plus d’enjeu et une forte nécessité de développer de l’offre supplémentaire", explique le vice-président de la Région Grand Est. Les premiers trains du futur opérateur devraient circuler sur ces voies à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.

Parmi elles, on retrouve les lignes de la Bruche et du Piémont, celle reliant Obernai à Sélestat ou encore les transfrontalières comme Strasbourg-Lauterbourg et Strasbourg-Karlsruhe. La ligne Mulhouse-Müllheim sera, elle aussi, sujette à une rénovation. "Ça permet d’avoir une homogénéité", explique-t-il. Les lignes Nancy-Contrexéville, Strasbourg-Sélestat et Strasbourg-Épinal, dont le rachat a officiellement été acté, sont consultables sur cette carte.

"Offrir un meilleur service aux usagers"

Si l'ouverture à la concurrence de ces lignes motive logiquement leur rénovation, Thibaud Philipps l'affirme : "l'objectif est surtout d'offrir un meilleur service aux usagers". Le sous-entretien des voies concernées pénalise la circulation des trains, créant ainsi beaucoup de retards. "Ce sont des lignes sur lesquelles il y a beaucoup d’incidents."

On se retrouve parfois avec des tronçons sur lesquels le train doit rouler à 40 km/h. Vous imaginez, ce n’est pas du tout compétitif

Thibaud Philipps, vice-président de la Région Grand Est

Les opérations lourdes contribueront à repenser la plateforme ferroviaire qui, quand elle n’est pas en bon état, impose des réductions de vitesse. "On se retrouve parfois avec des tronçons sur lesquels le train doit rouler à 40 km/h. Vous imaginez, ce n’est pas du tout compétitif." D'après l'élu, les passages à niveaux feront l'objet d'une importante restauration. "Ils sont souvent laissés à l'abandon et ralentissent grandement la circulation."

Enfin, la modernisation des panneaux de signalisation, jugés obsolètes à certains endroits, permettra une augmentation du nombre de trains circulant sur la ligne en question. "Cela va créer une hausse de l'offre pour les voyageurs." 

La Région à la hauteur ?

Pour les associations d'usagers, le rachat des lignes soulève quelques interrogations. Bruche-Piémont-Rail souhaite par exemple des garanties sur la maintenance des voies et leur sécurité. "Il faut que la Région Grand Est ait les équipes et les compétences nécessaires pour vérifier que l'entretien et la maintenance de la ligne soient faits dans les règles de l'art", explique à France Bleu Alsace André Lott, le président de l'association.

De son côté, la Région se veut rassurante concernant la viabilité du rachat avec, entre autres, la création de la SPL "Grand Est Mobilités" en 2021. "Il y a 32 collaborateurs, dont beaucoup d’ingénieurs ferroviaires, certains étaient à SNCF Réseau. On s’est doté d’une structure vraiment outillée pour gérer l’acquisition de toutes ces lignes", rassure le vice-président de la Région. 

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