“Un climat de terreur” témoignent des policiers aux ordres de l'ex-directeur de la police du Bas-Rhin désormais limogé

Jean-François Illy, ex directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin est visé par une enquête de l'IGPN pour malversations. Ses équipes strasbourgeoises s'en souviennent comme d'un chef très très autoritaire. / © Nicolas Vallauri/ MaxPPP
Jean-François Illy, ex directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin est visé par une enquête de l'IGPN pour malversations. Ses équipes strasbourgeoises s'en souviennent comme d'un chef très très autoritaire. / © Nicolas Vallauri/ MaxPPP

Jean-François Illy, l'ancien directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin vient d'être limogé. Soupçonné de malversations, il était aussi un chef redouté. Témoignages d'agents qui décrivent "un climat de terreur".

Par Anne-Laure Marie

Les langues se délient. Enfin presque. "Personne ne va parler. Oui, malgré le limogeage", explique un policier bas-rhinois sous couvert d'anonymat. "Je n'ai pas travaillé sous ses ordres, mais il a instauré un tel climat de terreur que les gens ont encore peur de raconter". Pourtant Jean-François Illy, ex directeur départemental de la sécurité publique du bas-Rhin (DDSP) entre 2012 et 2019 et DDSP des Alpes-Maritimes a été limogé ce mercredi.

Une annonce de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur. Le super flic, surnommé "commissaire courage", chevalier de la Légion d'honneur, est visé par une enquête administrative de l'inspection générale des polices (IGPN) pour malversations. Il est soupçonné d'avoir utilisé son chauffeur et sa carte bleue professionnelle à des fins personnelles.
 

"Si les faits sont avérés et qu'il est condamné alors oui c'est un soulagement. On peut se réjouir en tout cas qu'il soit traité de la même manière qu'un agent lambda, explique malgré l'omerta, un autre policier bas-rhinois toujours sous couvert d'anonymat. Je travaillais de nuit quand il était en fonction mais je peux quand même vous dire que concernant la gestion policière, c'était un vrai flic, il faisait le boulot. C'est dans la manière de faire que ça pêchait. Il voulait être mis au courant de tout, du moindre compte rendu ou texto."

Certains collègues ont fini en dépression, ont été détruits psychologiquement
Un policier bas-rhinois

"Il dormait peu. Il gérait ses services de manière très autoritaire, tout le monde rasait les murs. Toutes les décisions devaient passer par lui. Il pouvait entrer dans des colères noires et démonter quelqu'un devant tout le monde. Certains collègues ont fini en dépression, ont été détruits psychologiquement". L'enquête de l'IGPN elle, est toujours en cours.

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