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En conflit avec le maire, la brasserie La Mercière quitte Niederhausbergen

Franck et Imène Julich ont monté leur brasserie à Niederhausbergen en 2012. Face au refus du maire de la commune de leur accorder un agrandissement de leur commerce, ils déménageront courant 2017.
Franck et Imène Julich ont monté leur brasserie à Niederhausbergen en 2012. Face au refus du maire de la commune de leur accorder un agrandissement de leur commerce, ils déménageront courant 2017.

À Niederhausbergen, près de Strasbourg, la brasserie La Mercière souhaitait s'agrandir grâce à l'acquisition d'un terrain communal. Mais suite aux refus successifs du maire de leur accorder ce droit, les artisants préfèrent déménager leur commerce dans un autre village.

Par Valentin Pasquier

Créée en 2012 au cœur de la maison de Franck et Imène Julich, la brasserie artisanale La Mercière, à Niederhausbergen, produit de la bière bio et locale. « On a envie de travailler dans notre village, avec des produits, des matières premières qui viendraient d’ici, » souligne Imène Julich. Chaque semaine, ces artisans vendent près de 2 000 litres de bière.

L’entreprise familiale prospère et et a émis le souhait de s'agrandir. Ça tombe plutôt bien : Franck Julich, natif de Niederhaubergen, a acquis une parcelle du village mitoyenne de la brasserie, grâce à sa famille. Oui mais voilà : pour la mairie, hors de question d'agrandir le bâtiment. Pour cette raison, les deux artisans pensent déménager dans une commune voisine.

En conflit avec le maire, la brasserie la Mercière quitte Niederhausbergen
À Niederhausbergen, la brasserie de la Mercière souhaitait s'agrandir grâce à l'acquisition d'un terrain de la commune. Mais suite aux refus successifs du maire, les artisants préfèrent déménager leur commerce. - France 3 Alsace - Reportage : Marine Haag et Didier Bert. Montage : Pierre Ledig. Intervenants : Imène et Franck Julich, propriétaires de la brasserie de la Mercière ; Jean-Luc Herzog, maire de Niederhaubergen.

« On ne comprend absolument pas la logique de la mairie », explique Franck Julich, l'autre propriétaire de la brasserie. Derrière le bâtiment que son entreprise occupe, il montre le terrain vague qu'il a acquis de sa famille. « La municipalité réserve le terrain pour créer des terrains de sport, alors qu’il y en a juste-là. Des terrains de sports supplémentaires ça n’a pas d’intérêt, y en a trop. Je ne comprends pas du tout. Par contre ça bloque clairement l’évolution de la brasserie ». Le maire, Jean-Luc Herzog - aussi vice-président de l'Eurométropole - avait reservé le terrain dans le plan local d'urbanisme de la métropole, validé en septembre 2016.

Attirer de nouveaux habitants

L'élu a d'autres plans pour Niederhausbergen : il souhaite attirer de nouvelles familles et faire passer la population de 1 400 habitants à 2 000 en 2018. Pour ce faire, il a lancé un vaste plan d'urbanisme destiné à rénover le centre du village et attirer des familles. Il prévoit, en plus de terrains de sport supplémentaires, de sortir de terre une salle polyvalente et un nouveau lotissement, « Terres du sud ». Un projet dans lequel la brasserie artisanale agrandie n'est pas inclue.

Contactée, la mairie donne une autre version : selon elle, le terrain n’est pas constructible. Les baraquements auraient été bâtis sans autorisation il y a quarante ans. Une autre proposition de terrain aurait été faite à la famille, mais elle est restée sans réponse.

La brasserie quitte Niederhausbergen

« Moi, je n’ai pas de possibilité aujourd’hui, j’en cherche, se défend Jean-Luc Herzog, maire de Niederhausbergen et ancien propriétaire du RC Strasbourg. J’en aurai une, je l’espère, dans les 12 ou 18 mois à venir, pour qu’ils puissent avoir un vrai terrain dans une zone d’activité. Je travaille avec l’Eurométropole pour trouver la solution. Après, on ne peut pas aller plus vite que la musique ».

Cette piste, dans la future zone d’activité de la commune, aurait aussi été évoquée par les artisans brasseurs. Mais lassés de ces guerres administratives, Franck et Imène Julich ont, à regret, décidé de quitter le village d’ici août 2017. Ils estiment ne pas avoir les moyens pour engager un combat juridique contre le maire. Ils prévoient de déménager leur brasserie dans un autre village.

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