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“Contester le caractère terroriste des attentats de Strasbourg est un acte qui doit être condamné”

La police scientifique dans la rue du Lazaret à Strasbourg où a été abattu Cherif Chekatt par la brigade spécialisée, jeudi soir 13 décembre 2018 / © PHOTOPQR/L'ALSACE - Jean-Marc Loos
La police scientifique dans la rue du Lazaret à Strasbourg où a été abattu Cherif Chekatt par la brigade spécialisée, jeudi soir 13 décembre 2018 / © PHOTOPQR/L'ALSACE - Jean-Marc Loos

Un mois après les attentats de Strasbourg, le caractère terroriste des événements est toujours mis en doute, notamment par Maxime Nicolle un des leaders des gilets jaunes. Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, lui répond.

 

Par Judith Jung

Le soir du 11 décembre 2018 à Strasbourg, dès que la nouvelle d'un tireur semant la terreur au centre-ville de Strasbourg est connue, des voix s'élèvent via les réseaux sociaux pour dénoncer un complot. Théories complotistes relayées par certains gilets jaune dont Maxime Nicolle, (surnommé "Fly Rider") figure du mouvement. Un mois après les événements, dans un interview vidéo donnée à Konbini publiée le 9 janvier, Maxime Nicolle doute encore fortement du caractère terroriste de ces attentats préférant parler de "fusillade" ou de "tuerie". Pour comprendre ces réactions et savoir à partir de quand un attentat devient un attentat terroriste, nous avons choisi de faire le point avec Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, ancien enquêteur en chef pour les familles de victimes des attentats du 11 septembre 2001 et enseignant à l'Institut d'études politiques de Strasbourg.

L'acte était prémédité et des personnes ont été atteintes

Pour qualifier un attentat "d'attentat terroriste", il faut deux éléments selon Jean-Charles Brisard : une atteinte à une personne et la préméditation de l'acte. Dans le cas de Strasbourg ces deux éléments sont réunis puisque Cheriff Chekatt a fait quinze victimes dont cinq morts et il avait réfléchi et préparé sont acte. S'ajoute à cela l'intention de "tuer des personnes quelconques dans un contexte global qui vise à propager la terreur".
 

Peu importe le nombre de blessés où de morts, peu importe si le tueur à voyager en Syrie ou non : "nous n'avons pas besoin d'allégations du ou des tueurs ni de revendications de l'Etat islamique, nous dit Jean-Charles Brisard, le mode opératoire, les armes utilisées et les cibles" suffisent pour définir la nature d'un attentat. Ceux qui entreprennent un tel acte veulent "semer la terreur" et recherche un "retentissement médiatique", c'est tout.

Les atteintes aux victimes doivent être condamnées

En réponse à tous ceux qui mettent en doute le caractère terroriste d'un attentat qualifié comme tel, Jean-Charles Brisard répond qu'il faudrait les condamner. Il a d'ailleurs choisi de répondre à Maxime Nicolle via un tweet.

Pour Maxime Nicolle "une personne qui veut faire un attentat terroriste ça ne se fait pas dans une petite ruelle", et il faut "une revendication": il n'y a pas de preuves selon lui. Des propos qui ont choqué Jean-Charles Brisard, pour qui il faudrait une condamnation pénale. Il a d'ailleurs fait une proposition dans ce sens au président de la république, Emmanuel Macron dès son élection en 2017.  "En matière de lutte contre le terrorisme, la loi française n'est pas en pointe par rapport aux autres législations européennes" confiait-il au Figaro. Il s'agit de mieux protéger les victimes et de condamner les photos, vidéos et propos trop souvent diffusés lors de ces événements douloureux.

Une tribune inspirée par les lois qui existent en la matière en Espagne depuis les attentats de 2017 où Mariano Rajoy, alors Premier ministre, a mis en place un "pacte d'Etat" prévoyant de nouvelles mesures pénalisant la diffusion de messages douteux sur internet.

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