Coronavirus : les contrôles renforcés ont débuté à la frontière entre la France et l'Allemagne

Le filtrage des frontières entre l'Allemagne et la France a commencé tôt ce mardi matin 16 mars / © Christian Laemmel / France télévisions
Le filtrage des frontières entre l'Allemagne et la France a commencé tôt ce mardi matin 16 mars / © Christian Laemmel / France télévisions

Après la décision de l'Allemagne de fermer ses frontières au coronavirus, et donc à toute personne susceptible d'en être porteuse, des bouchons se forment aux différents postes-frontières alsaciens ce lundi 16 mars. En parallèle, certains passages restaient encore faciles.

Par Catherine Munsch

Cela avait déjà été une sorte de choc pour les Alsaciens, deux jours avant le premier tour des élections. Il y a avait eu des prémices de contrôles à la frontière de Kehl, mais depuis ce lundi matin 16 mars, c'est confirmé : l'Allemagne veut officiellement se protéger au maximum du covid 19, alors elle filtre drastiquement ses frontières avec les pays limitrophes les plus touchés, comme la l'Italie et la France.
 
"Ces contrôles français et allemands ne constituent pas une fermeture de notre frontière commune. Ils ont pour objectif de limiter les échanges non-nécessaires entre nos deux pays afin de limiter la propagation du virus." explique le ministre de l'Interieur français, Christophe Castaner.


Seuls les travailleurs frontaliers et les transporteurs routiers passent

Alors sur le terrain, depuis ce lundi matin 16 mars, 8 heures, les bouchons se forment aux différents postes-frontières. Concrètement les automobilistes français sont refoulés par la police allemande s'ils ne justifient pas de motifs valables pour passer. Seuls les travailleurs frontaliers et les transporteurs routiers ont le droit de franchir les barrages. Le filtrage de la frontière a commencé tôt à Lauterbourg. Un bon kilomètre d’attente au poste frontière avec le Palatinat.
Bouchon au poste-frontière de Lauterbourg, ce lundi matin 16 mars / © Régine Willhelm / France télévisions
Bouchon au poste-frontière de Lauterbourg, ce lundi matin 16 mars / © Régine Willhelm / France télévisions

Un peu plus loin pourtant, aucun contrôle et aucun filtrage n'est constaté en début de matinée sur les petits axes transfrontaliers comme entre Scheibenhard/Scheibenhardt et Lauterbourg/Neulauterburg. Les voitures, piétons et cyclistes y circulent en toute liberté.
 
Pas de contrôle sur les petits axes transfrontaliers comme entre Scheibenhard/Scheibenhardt / © Régine Willhelm / France Télévisions
Pas de contrôle sur les petits axes transfrontaliers comme entre Scheibenhard/Scheibenhardt / © Régine Willhelm / France Télévisions
 

Le trafic routier impacté 


A Kehl, lieu stratégique de milliers de passages quotidiens entre la France et l'Allemagne, la vision est plus chaotique. Selon les témoignages remontés à Trafic Infos67, les secteurs de Roppenheim, Gambsheim, Kehl et vers Offenbourg connaissent tous d'importantes perturbations. 

Pas d'ambiance tendue pourtant selon les personnes présentes sur place. A 8h00 précises les contrôles ont commencés, les Allemands pouvaient venir en France, mais les Français qui voulaient faire des courses ou passer à la station-essence étaient sytématiquement refoulés. "Je voulais aller chercher de l'essence" ou "Je voulais faire mes courses à Aldi", rien de tout cela ne passait plus ce matin auprès de la police allemande.
 
Des contrôles à l'entrée de Kehl / © Christian Laemmel/France Télévisions
Des contrôles à l'entrée de Kehl / © Christian Laemmel/France Télévisions

Pour l'instant, ce filtrage s'effectue uniquement sur la bonne foi des personnes contrôlées. "On part du principe que les gens nous disent la vérité. Pour l’instant malheureusement, nous n’avons pas d’autres moyens de vérification. Mais ça va changer avec la mise en place prochainement, de laissez-passers", précise Dieter Hutt, porte-parole de la police fédérale allemande.

Sur ce tweet de la chaîne allemande Phoenix, Steve Alter, porte-parole du ministère de l'Intérieur, explique que 700 policiers ont été envoyés en renfort le long de la frontière : 
 
 
la passerelle des Deux Rives destinée aux pour piétons et cyclistes est elle aussi surveillée / © Christian Laemmel/France Télévisions
la passerelle des Deux Rives destinée aux pour piétons et cyclistes est elle aussi surveillée / © Christian Laemmel/France Télévisions


"Il faut être solidaire"


Alors les Français rentraient sur le territoire allemand, mais pour faire demi-tour directement. La passerelle Mimram, réservées aux piétons et aux cyclistes est fermée également. "Moi je travaille à Kehl, et j’habite à Strasbourg, j’ai comme habitude, surtout quand il fait beau, de prendre le vélo pour me rendre au travail et passer la frontière" explique un cycliste allemand. "Il n’y a pas d’indication sur le pont vélos-piétons, qu’on ne pouvait pas passer, qu’on pouvait seulement passer ici sur le pont des voitures, et ça c’est dommage . J’ai l’impression qu’on n'a pas averti les collègues français, qu'on on ne contrôle que sur un pont. Mais il faut prendre ça le mieux possible, on est dans une situation exceptionnelle, et il faut être solidaire, faut faire avec, ça va passer, on va vaincre le virus." Tous les passages se font par le Pont de l'Europe. Seuls de très rares citoyens se sont offusqués, globalement les gens semblent accepter cette situation.  
 

Le tramway entre Strasbourg et Kehl est aussi bloqué

La CTS annonce dans un communiqué que la desserte jusqu'à Kehl par le traml D est suspendue dans le contexte du plan de lutte contre le covid-19. "Suite à la décision des autorités allemandes de contrôler strictement les passages à la frontière entre la France et l’Allemagne, dans le contexte du plan de lutte contre la diffusion du Covid-19, la CTS n’est plus autorisée à desservir le territoire allemand."
  • les arrêts Kehl Bahnhof, Hochschule/Lager et Kehl Rathaus de la ligne D ne sont plus desservis
  • le terminus du tram D se fera, à compter de ce lundi 16 mars, à l’arrêt Port du Rhin

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